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A. Jugnauth pour un partage équitable du fardeau de l?austérité

6 mars 2008, 00:00

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En ce début de mars 1983, l?express tient à interroger Anerood Jugnauth sur son attitude vis-à-vis du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque Mondiale (BM). Il admet avoir eu une séance spéciale du conseil des ministres à ce sujet. Il révèle même qu?il y en aura une autre. C?est dire que la réflexion collective du gouvernement MMM/PSM se poursuit. Globalement, ses membres sont d?accord que l?île Maurice ne peut se défaire du FMI et de la BM. Ils essaient surtout de négocier avec leurs délégués, à Maurice, en essayant de pouvoir disposer d?une plus grande marge de man?uvre.

Les ministres sont entièrement d?accord sur le bout de chemin déjà parcouru avec la BM et le FMI, depuis le 11 juin 1982. Il n?y a pas de dissension à ce sujet. C?est une réalité que tout le monde reconnaît et assume. Il n?est toujours pas question cependant de s?agenouiller devant n?importe quel diktat du FMI. Ses délégués ne viennent pas à Maurice par philanthropie. Ce sont des capitalistes, représentant un organisme international ultra-capitaliste. Il est donc normal qu?il y ait des frictions car le gouvernement MMM/PSM se veut éminemment socialiste. Cela dit, Jugnauth n?a rien de particulier contre les délégués venus à Maurice. Ce sont des employés qui doivent tenir compte des directives reçues. Il respecte l?opinion de M. Devaux qui a trouvé «injustes» ses remarques mais ne l?approuve pas pour autant.

A l?express qui soulève la question de l?indispensable motivation de la population, A. Jugnauth répond qu?il fait le maximum, dans ses interventions publiques, pour expliquer la position de son gouvernement à la population. Il ne cesse de répéter que le redressement économique sera l??uvre de l?ensemble de la population ou ne se fera pas. Mais les sacrifices et l?austérité doivent être partagés par tous et pas seulement par les plus pauvres et les plus démunis.

Les priorités sont, en mars 1983, la diversification agricole, la diminution de nos importations, le changement de nos habitudes alimentaires. Ainsi pourrons-nous réaliser la politique de self-reliance dans laquelle croit le Premier ministre. Notre maladie, ajoute-t-il, est le déficit de notre balance, non pas commerciale, mais de paiements. La productivité doit inclure tous les secteurs de l?économie. L?accroissement de nos exportations et plus particulièrement celles de notre zone franche manufacturière est important si l?on veut réduire ce déficit de notre balance des paiements. Il est d?avis que le fardeau de l?austérité n?a pas été équitablement partagé à ce jour.

Bérenger, de son côté, rappelle que le précédent gouvernement travailliste a emprunté au-delà du permis et du raisonnable et, dans bien des cas, avec la permission de la BM et du FMI. Maurice se retrouve ainsi le 4e pays le plus endetté auprès de ces deux institutions en termes relatifs de quotas.

Malgré cela, le gouvernement envisage le paiement d?une allocation de chômage à tout chef de famille sans emploi. La loi est amendée afin que toute entreprise voulant licencier donne un préavis de quatre mois aux victimes de ce licenciement. Le gouvernement MMM/PSM met sur pied une State Trading Corporation. Il met la dernière main à la création d?une Agence nationale de l?Emploi (ANE) qui favorisera la méritocratie. Maurice ne peut échapper à une crise économique qui écrase des pays comme le Mexique. L?emploi et la production reculent dans l?ensemble du monde. Il ne peut en être autrement à Maurice.

Bérenger fait savoir qu?il n?est pas totalement satisfait du comportement du secteur privé. Ce dernier ne fait pas preuve de l?imagination voulue. Le gouvernement doit procéder à son autocritique mais la relance du secteur privé se fait attendre.

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