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Réussir son doctorat à 61 ans
Pour Vishnu Seepersand, l?école n?est jamais finie. A 61 ans, il vient de compléter sa thèse de doctorat en lettres modernes de l?Université de Paris.
Le sexagénaire détient un Diplôme d?Etudes Approfondies (DEA) depuis 28 ans. «Il y a quelques années, mes profs de l?université, qui viennent souvent à Maurice, m?ont encouragé à faire ma thèse de doctorat du 3e cycle. J?ai alors décidé de faire de cet objectif une réalité. J?ai voulu aussi faire ce doctorat pour honorer ma famille qui ne s?est épargnée aucun effort pour me soutenir dans les moments les plus difficiles».
De quelque 300 pages, cette thèse traite de l?ethnolinguistique (selon Le Petit Larousse : étude du langage des peuples sans écriture, et des relations, chez ces peuples, entre le langage, la culture et la société), un sujet très complexe. Il ne compte pas s?arrêter en si bon chemin. En effet, il est très emballé à l?idée de poursuivre des recherches sur l?ethnologie. «Je ne dis pas adieu aux études ».
<B>Polyglotte</B>
Vishnu Seepersand a enseigné le français pendant 25 ans dans des collèges privés. En 1984, il était parmi les profs qui ont participé à l?introduction des classes de Higher School Certificate au Rodrigues College. «J?étais responsable pendant une année du département de français. Je compte parmi mes élèves l?actuel chairperson de l?Assemblée régionale, Joseph Cheng Lam Vo Hee. Depuis, je suis retourné plusieurs fois dans l?île avec ma famille».
Polyglotte, il donne encore des leçons particulières, chez lui à Poste-de-Flacq, en anglais, français, italien et allemand. Il parle couramment le bhojpuri et l?hindi. «Aujourd?hui, je compte surtout beaucoup d?employés d?hôtels parmi mes élèves».
Vishnu Seepersand a toujours eu beaucoup de succès sur le plan académique : une licence en français de l?Université de Paris en 1975, une maîtrise en 1978 et un DEA en 1980 et un BA en anglais. Cependant, il a vécu des moments très difficiles dans sa vie.
<B>De domestique à rédacteur-gestionnaire</B>
En 1970, le jeune Vishnu débarque à Paris avec son certificat de HSC en poche. Ce qui l?attend ferait fuir les plus téméraires. Pour pouvoir payer ses études et subvenir à ses besoins, il doit faire des petits métiers dans l?hôtellerie allant de domestique et serveur au veilleur de nuit. Ses études l?ont conduit non seulement en France, mais aussi en Italie et en Angleterre.
Devenu rédacteur-gestionnaire dans une banque d?affaires, La Henin-Cogefimo, à Paris, il décide pourtant de rentrer au pays en 1980. Il embrasse le professorat à l?âge limite de 35 ans.
Malgré son emploi du temps chargé, il est un travailleur social inlassable. Il vient surtout en aide aux jeunes de son village. Pas plus tard que mercredi, il a présidé un concours d?élocution en français organisé au centre de jeunesse de Flacq.
Vishnu Ssepersand a siégé au sein de différents boards, dont le Consumer Advisory Board au ministère du Commerce et de l?Industrie et à celui de la Mauritius Meat Authority. Il est fondateur et membre exécutif de la branche de l?Alliance française de Flacq.
Aujourd?hui, Vishnu Seepersand donne libre cours à sa passion de toujours : les plantes. Il s?occupe seul d?un verger de 25 perches : des fougères, des fleurs et des plantes potagères. On trouve dans sa plantation, des fruits rares comme l?amla, l?atte, le corossol, le c?ur de b?uf et le c?ur de demoiselle et des fleurs comme l?ilang-ilang ou encore des légumes peu connus comme la grenadine-cari et la pomme de l?air.
En fait, Vishnu Seepersand cultive tous les espaces disponibles, qu?il s?agisse du toit de sa maison ou de la véranda vitrée. «Je passe au moins quatre heures par jour avec mes plantes : de 5 à 7 heures et de 17 à 19 heures».
Marié, Vishnu Seepersand est père d?un garçon de 35 ans et d?une fille de 26 ans. Ces derniers ont opté pour des filières différentes : les finances et la comptabilité?
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