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Aliens vs Predator : Requiem

28 février 2008, 20:00

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«Tu vois bien qu?il n?y a pas de monstre !» dit le sympathique père de famille à sa petite enfant chérie, tout en commettant l?imprudence de rester debout devant la fenêtre. L?instant d?après, il se fait éventrer et arracher la tête par un Alien qui était juste sous la fenêtre. C?était on ne peut plus prévisible, évidemment. Et en même temps, une sorte d?effet de répétition (à force d?avoir vu ce genre de scène dans tant de films d?horreur) donne à cette séquence les allures d?un gag. On la voyait venir de loin ; au moment même où l?adorable petite fille est apparue, pour tout vous dire ? avec seulement une once de mauvaise foi.

Nous sommes loin, très loin, d?un grand moment de cinéma, mais cette séquence aurait peut-être mérité un article tout entier à elle seule, étant possiblement le seul moment digne d?un quelconque intérêt dans Alien v/s Predator : Requiem. Ceux et celles qui choisissent par masochisme, de se livrer à des recherches plus poussées, finiront bien par découvrir une ou deux autres séquences porteuses d?un humour similaire, c?est-à-dire au second degré. Mais cet humour est tout ce qu?il y a de plus involontaire, dû beaucoup moins à une recherche d?un effet comique qu?à l?incompétence du scénariste et des réalisateurs du film réunis : Shane Sajermo et les frères Colin & Greg Strause, pour nommer ceux qui ont osé commettre une telle ineptie.

Un vaisseau spatial avec un équipage de Predator (voir Predator 1 & 2) et une cargaison d?Alien (voir Alien 1, 2, 3 et 4) qui s?écrase dans une forêt, tout près d?une petite bourgade américaine sans que personne ne remarque quoi que ce soit, excepté un père et son fils qui chassent dans cette forêt. Pourquoi pas ? On a déjà vu plus ridicule et le cinéma est l?art du possible. Ce n?est pas tant le sujet qui compte, mais ce qu?on en fait ; surtout pour ce genre de film. Le premier Alien v/s Predator ne prétendait pas à grand chose et avait même pleinement assumé son côté «nanar» qui finissait par être réjouissant. Il y avait surtout quelque chose qui ressemblait à un récit, avec un enjeu, un suspense et un dénouement. Ici, rien de tout cela : les Predator envoient un des leurs pour faire le ménage (on se demande bien pourquoi, vu le peu de cas qu?ils font de l?espèce humaine) avec les armes qu?il faut et une petite fiole miraculeuse ?et, c?est à peu près tout.

Alien v/s Predator : Requiem est pratiquement une succession de scènes de massacres qui ne provoquent ni surprise, ni répulsion, ni même un frisson d?horreur. Pourtant, jeunes adultes, enfants, représentants de la loi, bébés, femmes enceintes y passent. Un tel choix de victimes aurait normalement suscité soit notre indignation, soit une certaine jubilation. Mais, les réalisateurs ne se donnent même pas la peine de nous intéresser à ces victimes (peut-être parce qu?elles sont interprétées par des acteurs ridicules) et rien ne vient connecter toutes ces scènes. Donc, aucune tension qui s?installe dans la durée et aucun suspense. Il faut dire que les frères Strause sont, eux-mêmes, particulièrement maladroits, filmant les combats entre Aliens et Predator dans le noir et de très près, de sorte qu?il est quasiment impossible d?y comprendre quoi que ce soit. Bref, Alien v/s Predator : Requiem est un candidat sérieux pour les prochains Golden Raspberry Awards. Le «Requiem» du titre laissait espérer que la saga allait cette fois mourir pour de bon et être enterrée. Hélas, la fin laisse redouter un prochain épisode.

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