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Demande de pardon
Le Parlement australien vient de prier le peuple aborigène d?accepter les excuses de l?Australie pour l?injustice et la ségrégation pendant des décennies. Même si les préjugés et la ségrégation ont la vie dure dans le monde, c?est le premier pas vers une chance d?unité et une main tendue pour redonner la dignité à un peuple.
Jacques Chirac a officiellement reconnu que l?esclavage est un «crime contre l?humanité». Bill Clinton a publiquement reconnu l?horreur de la ségrégation contre les Noirs.
A Maurice, on sait qu?il y a un problème de fond ou «malaise créole» qu?on dilue au quotidien et qu?au mieux on néglige. Pire : on rejette la faute sur les autres dont les Noirs.
Ce qui fait toujours avorter une demande de pardon officielle, c?est qu?elle est supposée venir d?une minorité, forte économiquement mais vulnérable politiquement. Or, c?est bien le gouvernement qui doit l?initier afin de permettre à cette population victime d?accéder à une ère nouvelle qui sera bénéfique au pays et à son unité.
Le problème, c?est que cette question devient politique et surtout polémique car elle ressemble à un aveu de faiblesse d?un groupe sur un autre.
Aujourd?hui, il est grand temps d?agir pour une unité et un patriotisme vrais.
La demande de pardon doit être initiée par le gouvernement, puis officialisée avec des représentants des plus grands groupes sucriers, descendants des premiers colons, mais aussi les héritiers.
De très nombreux Mauriciens de tout groupe, toute ethnie, toutes couleurs, toutes religions sont prêts. Le pays est mûr.
Alors qu?attendons-nous ? Que ce soit trop tard ?
B.M.
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