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Le biocarburant fait voler Virgin Atlantic
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Le biocarburant fait voler Virgin Atlantic
Depuis hier, il existe un point commun entre votre crème à raser, le baume à lèvres de votre épouse et un Boeing 747 ! Tous, d?une manière ou d?une autre, et à divers degrés, contiennent de l?huile de coco et de l?huile de babassu.
Et pour Virgin Atlantic, Boeing, GE Aviation et Imperium Renewable, c?est un pari gagné. Ils voulaient prouver qu?un avion de ligne pouvait voler avec du biocarburant. Ils avaient annoncé il y a près d?un an déjà qu?ils le feraient. Cette fois, c?est chose faite. Depuis des mois, ce biocarburant a subi une batterie de tests. Et puis? ?à 11 h 30, heure de Londres, hier, un Boeing 747 de la flotte de Virgin Atlantic a mis le cap sur Amsterdam. Des 22 000 kg de carburant que contenaient ses reservoirs, 5 500 kg étaient un mélange de biocarburant. Lequel mélange contenait 80 % de Jet A-1, carburant reconnu et utilisé internationalement dans l?aviation, et 20 % de carburant «propre».
A bord du vol VS811P pour Amsterdam, pas de passagers. Pour ce vol de démonstration, uniquement le capitaine Geoff Andreasen et une poignée de techniciens étaient du voyage. Aucune modification n?a été apportée ni à l?avion ni à ses moteurs.
Toutes les parties prenantes de cette opération ont qualifiécette journée et ce vol d?«historiques». C?est la première fois qu?un avion de ligne commerciale a volé, avec succès, avec du biocarburant. Certes, seule une infime partie du carburant était bio, mais comme l?a souligné John Plaza, président et CEO d?Imperium Renewables, entreprise américaine qui a développé ce carburant lors d?un point de presse qui a précédé le décollage de l?avion : «C?est un pas dans la bonne direction.» Ils veulent toutefois aller plus loin.
Sir Richard Branson, président de Virgin Atlantic, espère que d?ici trois ans, ils feront voler des avions avec, à leur bord, des passagers. Et que d?ici six ans, toute la flotte de Virgin Atlantic carburera, en partie au moins, au biocarburant. Les noix de babassu et les noix de coco utilisées pour la fabrication de ce biocarburant ont été récoltées dans des plantations déjà existantes et matures. Des plantations qui n?ont ainsi pas contribué à la déforestation.
Et bien que l?huile de noix de coco et de babassu ne représente aucune menace pour la durabilité des sources des denrées de base, à l?avenir, ces partenaires espèrent développer un biocarburant à base d?algues. Un biocarburant qui serait, tout comme le sont l?huile de coco et de babassu : «Socially and environmentally sustainable». Sir Richard Branson s?est même laissé aller à ingérer ledit biocarburant. «It tastes like coconut», devait-il plaisanter.
«Le changement arrive avec une vision.» Cette «vision» de Sir Richard Branson, tous l?ont saluée. Et pour que ce changement soit répercuté dans le secteur de l?aviation dans son ensemble, Virgin Atlantic et ses partenaires comptent partager les résultats de cette expérience avec ceux qui souhaitent réduire leurs émissions de gaz de carbone. Pour que la recherche dans ce domaine progresse davantage. Ce changement du carburant «sale» pour le carburant «propre» représente certes un plus pour la réduction des émissions de carbone et donc la protection de l?environnement et des ressources mais représente également un avantage financier.
Etre exempté des «green taxes»
Sir Richard Branson a dit espérer être aussi compétitif, si ce n?est plus, avec l?utilisation du biocarburant. Une économie qui serait répercutée aux passagers. Le président de Virgin est d?avis que les compagnies aériennes impliquées dans le développement du biocarburant et qui arrivent à réduire leurs émissions de gaz de carbone devraient en conséquence être exemptée d?une partie des green taxes. «Vous réduisez de moitié vos émissions, vous bénéficiez d?une remise de 50 % sur la taxe à payer. Les passagers choisiraient les compagnies qui font cet effort et les compagnies qui veulent garder leurs passagers devront s?y mettre», soutient-il.
Durant les dix prochaines années, trois milliards de livres sterling seront investies par ces partenaires pour la recherche. Martin Dailey, vice-président des ventes chez Boeing pour l?Europe, la Russie et l?Asie centrale, estime que d?ici 2050, 50 % des émissions de carbone peuvent être réduits. «The time for action is now», a-t-il soutenu.
Un autre vol de démonstration devrait avoir lieu d?ici la fin de cette année. Interrogé par l?express quant à sa venue à Maurice, Sir Richard Branson a assuré que son voyage, reporté à deux fois par le passé, aura bien lieu cette année. Et cela, même si aucune date n?a été arrêtée pour le moment.
Valérie OLLA (de Londres)
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