Publicité

L?opposition, une force de propositions ?

25 février 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L?histoire récente nous incite à croire que, pour exercer pleinement son rôle, l?opposition doit créer des tensions permanentes et susciter de faux espoirs. Probablement, il va falloir réviser cette idée reçue. A sa dernière rencontre avec la presse, le leader de l?opposition ne s?est pas borné pas à critiquer le gouvernement ou à marquer des points sur des petits sujets. Il a démontré que, quand la nature du sujet l?exige, son parti peut devenir une force de propositions.

Il a choisi d?axer son intervention, samedi dernier, sur la crise qui affecte l?alimentation, estimant que c?est un sujet de «préoccupation mondiale». Voilà un discours qui permettra de situer le problème des hausses de prix dans sa juste perspective. La population doit comprendre que les augmentations des produits alimentaires ne sont pas du ressort des dirigeants du pays. Les causes sont plus profondes et vont des changements climatiques à l?utilisation des biocarburants dans les moteurs. L?opposition propose donc des stratégies capables de contrer les menaces sur le front de l?alimentation.

Il est de tradition pour un leader de l?opposition de rendre le gouvernement responsable de tout ce qu?il y a de fâcheux dans le pays. Mais, Paul Bérenger n?a pas cherché, samedi, à imputer la responsabilité des hausses des produits alimentaires à la majorité politique. «Sekirité alimenter li menase partou. Pa zis dan Maurice ki ena sa criz la», a-t-il expliqué en guise d?avant-propos. Puis, il a fait état de la proposition du MMM pour adapter la politique de production agricole à la nouvelle donne. «Nou ti bizin travay pou ki nou vinn osi self-sufficient ki posib?»

L?opposition n?a pas cédé à la tentation d?une posture populiste qui consisterait à dire que les prix vont baisser en cas d?alternance tout en accusant le gouvernement actuel d?être de mèche avec le gros capital. Sa démarche s?inscrit plutôt dans le registre de la pédagogie. Elle aide la population à prendre conscience que la sécurité alimentaire est menacée dans le monde entier.

La question est à l?ordre du jour dans tous les pays, y compris ceux considérés comme développés. Pas plus tard qu?hier, dans un article ayant pour titre «Les prix des produits alimentaires ont flambé entre novembre et janvier», le journal français «Le Monde» rapportait que : «La hausse devrait se poursuivre encore quelques mois selon Nielsen et l'Institut national de la statistique, qui vient d'annoncer que les prix à la consommation en France avaient augmenté en janvier de 2,8 % sur un an, un record d'inflation depuis mai 1992.»

Ici, nous ne disposons d?aucune marge de man?uvre pour juguler les hausses massives des prix des denrées alimentaires importées. En revanche, le gouvernement peut cesser de subventionner des producteurs étrangers de farine et de riz et réorienter ces subventions vers des producteurs agricoles locaux. Notre sécurité alimentaire s?en trouvera améliorée.

Publicité