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Soins cardiaques cherchent spécialistes

24 février 2008, 00:00

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Il ne faut pas se leurrer. L?annonce de l?ouverture prochaine d?une unité de soins cardiaques à l?hôpital de Flacq ne se fera pas sans anicroche. Surtout par ces temps où les hôpitaux manquent cruellement de spécialistes.

Certes, l?idée est louable. Il faut savoir que l?hôpital régional de Flacq couvre une population de 160 000 personnes dans le district. Les malades souffrant de problèmes cardiaques pourront bientôt y suivre leur traitement sans avoir à se déplacer jusqu?au Cardiac Centre de Pamplemousses. Concrètement, il s?agit d?une salle convertie près du nouveau centre des soins intensifs (ICU), inaugurée mardi, et qui devrait recevoir dans quelque temps des stress tests et des appareils pour l?échocardiographie.

Désormais, le malade de la région de l?Est souffrant de problèmes cardiaques sera dirigé vers cette unité de soins pour les premiers examens. En fonction de la gravité de son cas, le patient sera alors référé au Cardiac Centre de Pamplemousses. Après l?intervention chirurgicale, le malade pourra poursuivre son traitement à l?hôpital de Flacq.

Mais le hic, c?est que l?établissement n?a pas de spécialistes en cardiologie pour effectuer cette tâche. « Nous n?avons pas de spécialistes pour l?instant. Six cardiologues sont en formation pour se spécialiser à l?université de Bordeaux en France, avec laquelle le ministère de la Santé a signé un accord. Ils vont bientôt terminer leurs cours et d?ici quelques mois, ils seront de retour à Maurice », explique le Regional Health Director, le Dr Chand Domah.

La liste d?attente s?allonge</B>

En attendant le retour de ces médecins, le Dr Domah explique qu?il faudra probablement faire appel aux services d?un cardiologue affecté à l?hôpital du Nord pour assurer ce nouveau service. Ce qui ne manque pas de faire tiquer les premiers concernés et leurs collègues. L?un d?eux explique que l?hôpital compte seulement deux cardiologues en ce moment, le troisième étant parti à la retraite récemment. Un des spécialistes du Cardiac Centre fulmine : « C?est du bluff. Comment fera-t-on avec un seul cardiologue à l?hôpital du Nord ? Et les médecins qui sont en formation à Bordeaux n?arriveront à Maurice qu?en novembre prochain. »

Cela n?empêche pas le nouveau centre de cardiologie d?afficher de grandes ambitions. Notamment celle de devenir, dans le futur, le deuxième Cardiac Centre de l?île. « Nous allons ?uvrer dans cette direction, poursuit le Dr Domah, mais pour le moment, nous en sommes toujours à la première phase. » Encore faut-il, disent certains praticiens, que le manque de médecins spécialistes soit pallié. Un manque qui s?est accumulé ces dernières années. Le résultat, c?est qu?au Cardiac Centre de Pamplemousses, la liste d?attente s?allonge pour les interventions chirurgicales. Seuls trois chirurgiens cardiaques y travaillent depuis des années.

Mais dans le milieu, on indique que la pénurie de spécialistes en cardiologie est une tendance mondiale. Cette carence trouverait son explication, se-lon certains médecins, dans un certain retard enregistré au niveau de la formation par rapport à des spécialités mé-dicales très pointues. Ces dernières nécessitent des échanges réguliers et des mises à niveau périodiques auprès des plus éminents professeurs.

Faire appel à des étrangers</B>

Un chirurgien très au fait de la situation explique : « Ce n?est pas évident de se spécialiser à l?étranger, car ces pays ont des contraintes par rapport aux places disponibles. Logiquement, ils formeront d?abord leurs médecins, et ce n?est que lorsqu?il y aura de la place qu?ils prendront des médecins étrangers pour les encadrer. »

De ce fait, et à l?instar des travailleurs chinois du textile, Maurice pourrait faire appel à des médecins étrangers. Mais ce n?est pas donné. « Par exemple, pour les spécialistes indiens, les conditions de travail ne sont pas du tout attrayantes ni motivantes professionnellement et matériellement. Ils préfèrent offrir leurs services à Dubayy où leur salaire avoisine Rs 400 000. C?est dommage mais c?est comme ça », se désole un médecin.

<B>Une ICU à l?hôpital de Flacq</B>

L?unité de soins intensifs (ICU), inaugurée mardi à l?hôpital de Flacq pourra accueillir six malades à la fois. Les cas compliqués et urgents pourront y être traités. À ce jour, les personnes souffrant de graves problèmes de santé devaient être référéés à l?hôpital Sir Seewoosagur Ramgoolam à Pamplemousses ou à Candos pour y être traitées. Outre l?unité de soins cardiaques, l?hôpital ouvrira prochainement une clinique ayurvédique, comme il en existe déjà une à l?Escalier. L?hôpital de Flacq a une capacité d?accueil de 280 malades. Au quotidien, il traite 800 individus dans ces consultations externes et les urgences. Et ils sont 400 à venir à l?hôpital pour leur rendez-vous chaque jour.

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