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Question de Karma
Historique, linguistique, politique. Autant d?avancées et de retombées accompagnent l?entrée en opération officielle du World Hindi Secretariat, lundi. «Maurice est le pays, en dehors de l?Inde, où la promotion du hindi est la plus active», affirme la secrétaire générale du World Hindi Secretariat, le Dr Vinod Bala Arun. Avant de prendre pour exemple l?enseignement de la langue jusqu?au niveau universitaire et le nombre d?écrits en hindi qui sont publiés à Maurice. «A chaque conférence mondiale, l?un de nos auteurs est récompensé.»
Alors que la secrétaire générale, le Dr Vinod Bala Arun, occupe le poste depuis janvier 2007, c?est seulement le 28 janvier 2008 que le governing council du secretariat (qui compte aussi un executive council) a pu se réunir en Inde, pour entériner le fonctionnement officiel de cet organisme. Ce governing council est constitué de six ministres ? trois locaux et trois indiens. Nomément ceux de l?Education, des Affaires étrangères et des Arts et de la Culture. «Hormis le ministre des Arts et de la Culture, les autres membres de la partie mauricienne ont pu participer à la réunion du governing council en Inde.» Selon le Dr Vinod Bala Arun, c?est la difficulté de faire coïncider les agendas des six ministres qui est responsable du temps écoulé depuis que l?accord bilatéral Maurice-Inde, portant sur le secrétariat, a été signé en 2003.
Pour le moment, le secrétariat a pris ses quartiers à Forest Side. Un terrain a déjà été identifié, dans les parages du Indira Gandhi Centre à Phoenix, pour la construction du siège du secrétariat, avec un budget de Rs 60 millions. «Une première pierre a déjà été posée en 2001 sur le site», précise la secrétaire générale.
«Outre fédérer les locuteurs, le secrétariat participe au lobby pour la reconnaissance de l?hindi comme septième langue officielle aux Nations unies.»
C?est aussi l?aboutissement d?une proposition faite en 1975 lors de la première édition de la World Hindi Conference, à Nagpur. Qui est ensuite revenue à l?agenda à chacune des huit éditions de la conférence. Reconnue lors de la 8e édition de la conférence, qui s?et tenue en juillet dernier à New York. Avant que le Conseil des ministres n?entérine l?entrée en opération de cet organisme lundi.
A Maurice, le World Hindi Secretariat Act a été voté en 2002. Ses principaux objectifs : l?organisation de conférences internationales en langue hindi, la tenue d?événements culturels ou «kavi sammelan». Et la célébration du World Hindi Day, le 10 janvier.
Si ce n?est que lundi que le secrétariat a officielle démarré, en juin dernier déjà, soit un mois avant la 8e conférence, il avait marqué le centenaire de la naissance de deux poètes. Après-midi de poésie, présence du Dr Ashok Chakradhar, poète et chargé de cours au département de hindi du Jamia Millia Islamia de New Delhi, ont été organisées pour le centenaire de la naissance de Harivansh Rai Bachchan, le père d?Amitabh Bachchan, poète dont le nom est resté pour la postérité comme celui qui a traduit Macbeth et l?Othello de Shakespeare, ainsi que des poèmes d?Omar Khayyam en hindi. Le secrétariat a rendu en même temps hommage à Kaka Hatharasi, connu comme l?un des plus grands satiristes en langue hindi.
Outre de fédérer les locuteurs et, par extension, les People of indian origin, la conférence internationale et le secrétariat ont un but bien spécifique. Le lobby pour que les Nations unies reconnaissent l?hindi comme sa septième langue officielle.
A l?heure actuelle, les Nations unies ont six langues officielles : l?anglais, l?arabe, le chinois, l?espagnol, le français et le russe. Alors que les deux langues de travail du conseil de sécurité des Nations unies sont l?anglais et le français. A la création des Nations unies, cinq langues avaient été choisies. Une sixième, l?arabe, a été ajoutée à la liste en 1973. les points de vue divergent quant à la réduction du nombre de langues officielles à l?anglais uniquement, ou si le nombre doit au contraire être augmenté. D?où le lobby en faveur de l?hindi.
Parmi les autres missions du World Hindi Secretariat : distinguer les universitaires et chercheurs ayant contribué à la promotion de la langue dans le monde ; la création de chaires de hindi dans les universités à travers le monde, ainsi que la mise sur pied d?une bibliothèque internationale de langue hindi entre autres.
LES GRANDS RENDEZ-VOUS
Deux pays sont sur les rangs pour accueillir la neuvième édition de la «World Hindi Conference» : Maurice et l?Inde.
■ 2007 : New York. C?est en juillet que s?est tenue la 8e édition de la «World Hindi conference», avec pour thème : «Hindi at the world stage». La cérémonie d?ouverture s?est symboliquement déroulée au quartier général des Nations unies à New York. Ban Ki-Moon, qui a pris la parole à cette occasion ? prononçant même des mots en hindi ? a ajouté au caractère historique de l?événement. Parmi les propositions retenues : l?inclusion des écrits en hindi d?auteurs vivant hors de la Grande Péninsule dans le programme d?étude de la langue. Et l?élaboration d?un programme standard pour l?enseignement de la langue hors de la Grande Péninsule.
■ 2003 : C?est Paramaribo, au Surinam qui a abrité la 7e conférence. Une manière de se pencher sur les spécificités région caribéenne.
■ 1999 : Londres
■ 1996 : Port of Spain, à Trinidad-et-Tobago
■ 1993 : Les délégués se retrouvent à Maurice
■ 1983 : La conférence se déroule à New Delhi
■ 1976 : Maurice accueille la deuxième édition
■ 1975 : La première édition s?est tenue à Nagpur. C?est là qu?il fut proposé d?établir le «World Hindi Secretariat» à Maurice.
Elle dit avec fierté. «J?ai trois maîtrises», en psychologie, en hindi et en sanskrit. Quant à sa thèse de doctorat, soutenue à l?université de Maurice, elle avait pour sujet : «A comparative study of ethical values of Valmiki?s Ramayana and Ramcharitamanas and their impact on the hindu society of Mauritius.»
Vinod Arun Bala, qui vit à Maurice depuis 1974 occupe le poste de secrétaire générale du «World Hindi Secretariat» depuis janvier 2007. Après une carrière dans l?enseignement de l?hindi au niveau secondaire, elle a gravi les échelons pour devenir «Senior lecturer en sanskrit & indian philosophy», au «Mauritius Institute of Education». Elle est également vice-présidente du «Ramayana Centre».
Tous les signes de bonne santé sont là. Sauf que le hindi à Maurice est en situation paradoxale. Voilà l?un des constats établis lors de la récente conférence nationale «pour une réflexion pluridisciplinaire sur le hindi», en août dernier. Si l?hindi n?est pas considérée comme une langue maternelle chez nous, elle est enseignée au primaire depuis 1954 et au secondaire depuis 1974. Ainsi qu?à l?université jusqu?au doctorat. C?est aussi une langue présente sur les chaînes de la radio-télévision nationale, que ce soit dans les bulletins d?informations, ou la diffusion de films et de séries. Un cinéma également très présent dans nos salles obscures.
«En dehors de l?Inde, Maurice est le pays qui produit le plus d??uvres en hindi.» C?est ce qu?affirme Ajamil Matabadal, président de la «Hindi Speaking Union.» Et de citer Abhimanyu Unnuth, certainement l?un des plus primés ainsi que Ramdeo Dhoorundhur et Pahlad Ramsurrun dont les écrits sont étudiés au niveau universitaire.
«Et pourtant, le hindi souffre d?un manque de pratique. La langue peine à sortir des salles de classe. Même deux personnes qui maîtrisent le hindi ne vont pas le parler, préférant le bhojpuri ou une autre langue.»
Pour lui, les sociétés, telles l?Arya Sabha, qui existe depuis un siècle et le Hindi Pracharini Sabha, sont la base de la tradition de diffusion de la langue à Maurice. Sauf que le hindi «ne progresse pas». Il peine à entrer dans les conversations à la maison, étape première de sa promotion. Surtout en comparaison avec le bhojpuri qui lui, est mieux implanté dans les actes de paroles au quotidien.
«Justement, nous pensons que si quelqu?un pratique le bhojpuri, c?est déjà un point de départ pour l?amener vers l?hindi», explique Ajamil Matabadal. Un président qui entend poursuivre la réflexion afin de trouver les moyens d?ouvrir davantage de portes à l?utilisation du hindi. «L?idéal étant qu?il soit utilisé par la maman.»
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