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Justice et vérité : La commission n?est pas prête

11 février 2008, 00:00

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Le professeur Robert Shell, pressenti pour être le président de la Commission justice et vérité, est venu et est reparti, mais il n?y a toujours pas de commission.

Le 11 septembre dernier, le Premier ministre l?avait reçu. Les deux hommes avaient annoncé, lors d?un point de presse au bureau de Navin Ramgoolam, que la commission allait commencer à siéger le 1er février, date symbolique commémorant l?abolition de l?esclavage.

Mais cette commission serait loin d?être constituée. Robert Shell n?a pas été sollicité pour le poste de président, mais en tant que conseiller du Premier ministre pour la mise sur pied de la commission. A ce stade, elle serait bien loin d?être constituée et, encore moins, de siéger. Le Premier ministre s?y est pourtant référé dans son discours au Morne le 1er février, en parlant de l?importance de la réconciliation.

Interrogé à ce sujet lors de sa visite au pays la semaine dernière, le Professeur Shell n?a pas souhaité commenter. Mais il a laissé échapper qu?une task force a siégé la semaine dernière. Il n?est cependant pas établi si Robert Shell a assisté à la réunion.

L?historien est cependant clair sur sa position : il est contre une compensation financière aux descendants d?esclaves. «Mais si les membres de la commission trouvent qu?une compensation doit être payée, alors je n?aurai d?autre choix que de m?incliner», nous a-t-il déclarés.

Ce que Robert Shell souhaite surtout de cette commission, c?est qu?elle compile un «legacy of public opinion» qui sera assez puissant pour pousser vers «une égalité des chances absolue dans les écoles». Le test quant à cette égalité des chances se fera à la fin des études secondaires, quand l?élève pourra, en fonction de ses qualités (on merit) avoir accès soit à l?université, soit trouver un travail, dépendant de son propre choix. «Cette chance doit être absolue et égale à la chance qu?ont tous les autres enfants.»

Quand cette situation prévaudra, on aura réussi «la réconciliation», dit Robert Shell. Bien entendu, cela passe par des investissements dans les infrastructures, dans des écoles. Il est nécessaire de tenir une campagne publique sur les raisons pour lesquelles les enfants créoles ne complètent pas toujours le cycle secondaire et pourquoi ils ne vont pas à l?université, ajoute le professeur.

Une autre idée de Robert Shell et qui devrait aider à faire disparaître les préjugés sur les créoles et ce qu?il appelle le «racisme». «Je voudrais demander à 100 volontaires mauriciens, de tous les groupes ethniques, dépendant de leur proportion dans le dernier recensement de se proposer pour participer dans le projet génome pour faire tester leur ADN. Les résultats seront étonnants, j?imagine. Quand une personne se rend compte que 75 % de son ADN est de l?Inde, mais que les 25 % restants sont, par exemple, de la Suède ou des pays méditerranéens, elle ne sera plus la même personne dans sa tête, dès qu?elle connaîtra ces résultats? »

Robert Shell pense que cela servira à démontrer que les préjugés sont, somme toute, futiles.

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