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Le paradis de Brian et Jimmy Veerapin
Jeunes, talentueux et déterminés. Des mots simples pour décrire les frères Veerapin. Pas de temps à perdre. Entre la gestion de leur agence de pub, les clients, la confection des pochettes des artistes locaux et régionaux, les commandes, et la confection de leur ligne de vêtements, ils ont à peine le temps de respirer. Mais ici, point d?énervement, on travaille dans le calme, mais on s?active.
Jimmy, 31 ans, et Brian, 25 ans, sont graphic designers de profession. Ce sont les deux hommes derrière Paradize Burning, qui change d?ailleurs bientôt d?enseigne, pour s?appeler Otentikk Paradize Burning.
C?est devant leur ordinateur que Jimmy et Brian s?expriment. Originaires de Plaisance à Rose-Hill, un quartier dit chaud, ils ont été plus sensibles à ce qui se passait chez eux. Pour eux, il s?agit de revendiquer la liberté d?expression, non en s?asseyant autour d?une table, mais en le faisant porter sans que le message soit une agression pour ceux qui le lisent et encore moins une provocation pour celui ou celle qui le porte. Tel est leur défi. Ils ont commencé par créer des affiches à l?effigie d?un grand reggaeman jamaïcain en les vendant à même la rue.
Puis, Paradize Burning prend forme dans la création d?un t-shirt en 1997. Pourquoi Paradize Burning ? « Quand on vend Maurice comme une destination paradisiaque, c?est bien, car c?est ce qu?elle est lorsqu?on est entre les murs des hôtels, dans un décor luxueux, quelque part niché vraiment dans un paradis. Mais nous Mauriciens, nous vivons dans ce paradis. Nous sommes entourés de très belles choses dont nous avons à peine conscience. Embourbés dans notre combat pour survivre face à la hausse des prix et à la violence, eh bien la réflexion est celle-ci : Paradize is burning », explique Brian.
Et véhiculer ce message sur une caisse de savon, très peu pour les frères Veerapin. Pour eux, il ne suffit plus de dire aux gens de prendre conscience de ce qui se passe autour d?eux, car ils sont déjà au courant.
« Comment faire réagir, voilà la véritable question. Cela nous a inspirés. Nous avons créé une ligne de vêtements et réalisé du même coup un rêve de gosse. Nous sommes persuadés que chaque enfant a le droit de rêver, de croire en un monde meilleur. Ce qui nous a donnés la force de nous cramponner. Et aujourd?hui, nous voulons que d?autres croient en leurs rêves », renchérit Brian.
Jimmy, quant à lui, explique qu?ils ne veulent pas être traités en exemple. « Nous voulons plutôt être une source d?inspiration pour les jeunes de notre quartier. Nous voulons leur montrer que s?ils le veulent vraiment, ils peuvent y arriver. »
Leur ligne de vêtement est en accord avec les campagnes de sensibilisation pour des causes auxquelles ils croient. La lutte contre le sida, la pollution, la brutalité policière en sont quelques-unes. Il y a eu Siloy pa Siloy, une réalisation inspirée de l?argot de Kool B (Bruno Raya), leader du groupe OSB, et 21 fev 99 est une opposition à la brutalité policière. « Notre engagement dans le social n?est pas seulement pour se donner bonne conscience. Ce n?est parce que nous avons réussi qu?il nous faut oublier d?où l?on vient. On comprend mieux ce qui se passe, on l?a vécu. On a vu nos amis entrer dans l?enfer de la drogue, on en a vu ceux qui ont pu en sortir », explique Brian.
Des vêtements 100 % locaux</B>
Leurs t-shirts sont de toutes les couleurs. Les jeunes comme les vieux peuvent les porter. Peace and Love, voilà le message. Pas de « négativité ». Paradize Burning, ce sont des vêtements 100 % locaux. « Alors que les marques internationales peuvent être victimes de contrefaçon, nous sommes un peu plus près de notre marché pour veiller à ce que cela ne se produise pas. Les matières sont de très bonne qualité. Ce n?est pas parce que c?est un produit mauricien que cela doit être de qualité inférieure », rassure Brian.
Le grand chantier du moment pour Jimmy et Brian : le changement d?enseigne pour Paradize Burning. « Nous serons prochainement connus sous une seule enseigne, Otentikk Paradize Burning. Nous avons des magasins un peu partout dans l?île, ce sont des distributeurs et chacun a un nom différent. Et dans un souci de reconnaissance pour le produit, on sera tous logés à la même enseigne, ce qui n?enlève pas la gestion spécifique de chaque magasin. La particularité sera que vous retrouverez dans les magasins Otentikk Paradize Burning seulement la ligne de vêtement d?Otentikk Wear, de Bruno Raya, et de Paradize Burning », explique Brian.
Une chose est sûre, les frères Veerapin ont réussi leur combat : casser le mythe qui veut que si les jeunes viennent des ghettos, ils sont fichus.
N. B.</B>
<B>La ligne « Paradize Burning »</B>
Rappelons que Paradize Burning, c?est des jeans, des savates, des shorts, des casquettes, et bien sûr, des t-shirts. « Depuis, les sept derniers mois on bosse sur la ligne de vêtements pour nos sistas (photo ci-contre). Elles pourront s?afficher elles aussi dans des t-shirts, des tops, des jeans, des savates, etc. », explique Brian.
Les vêtements sont surtout du streetwear et conviennent aux sorties en ville, à la plage, ou pour aller en cours.
Par ailleurs, pour la Saint-Valentin, les clients auront droit à 10 et 20 % d?escomptes sur les vêtements pour dames dans les différents points de vente à travers l?île : Goodlands, Pointe-aux-Sables, Rose-Hill, Flacq, Port-Louis, Chemin-Grenier, Mahébourg et Port-Mathurin, à Rodrigues.
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