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Lin Anderson, anti-cliché roman policier
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Lin Anderson, anti-cliché roman policier
C?est toujours pareil. «Dans les romans policiers écossais, le personnage principal est toujours un homme en colère d?un certain âge, qui a un penchant pour la bouteille». Lin Anderson a eu l?idée de changer tout cela.
Auteur écossais à succès avec sa série tournant autour de Rhona McLeod, médecin légiste, Lin Anderson était de passage à Maurice pour des vacances studieuses de deux semaines, à la mi-janvier.
C?est au soleil de Péreybère qu?elle nous a reçue. Pour partager son enthousiasme à propos de son personnage digne d?une série télé. «Rhona est une jeune femme d?une trentaine d?années, elle est sexy et a une vie amoureuse mouvementée.» C?est une des élèves de cette ancienne enseignante, devenue par la suite médecin légiste à Londres qui l?a inspirée. «C?est son enthousiasme quand elle parlait de son métier qui a suscité mon intérêt».
Ses aventures ? une sixième est en préparation ? séduisent public et critiques par leurs incursions dans la vie privée de l?héroïne, tout en les emmenant sur les lieux de crimes sordides. Exemple : dans Driftnet, le premier roman de la série, best-seller britannique en 2003, c?est au milieu de la nuit que Rhona McLeaod doit quitter son lit et son amant, pour aller prendre des échantillons là où un adolescent de 17 ans a été mutilé puis étranglé dans un appartement à Glasgow.
Très vite, le médecin légiste remarque la ressemblance entre l?adolescent et elle-même. Elle est horrifiée à l?idée qu?il puisse être le fils qu?elle a donné pour adoption, il y a 17 ans de cela. Le lecteur suivra donc Rhona McLeod dans sa quête du meurtrier de l?ado et la recherche de son propre fils.
<I>«Dans les romans policiers écossais, le personnage principal est toujours un homme en colère d?un certain âge, avec un penchant pour la bouteille.»</I>
Véracité et vraisemblance sont des maîtres mots de l?écriture de Lin Anderson. Ce professeur de mathématiques qui a notamment vécu cinq au Nigéria, où elle a suivi son mari, ingénieur des systèmes d?irrigation décidera un beau jour de s?inscrire au Diploma in forensic medical science à la Glasgow University. Un cours qui s?adresse surtout aux officiers de police, aux avocats, aux pathologistes. «Nous n?étions que deux auteurs de romans policiers en classe. Je l?ai fait parce que les recherches, la documentation avant l?écriture sont vitales. Pour suivre ce cours, vous devez avoir l?estomac solide. Je ne sais pas si le mien l?est, car pour moi, les cadavres sont des histoires, c?est moins effrayant que si je devais avoir affaire à eux tous les jours.»
De ses jours au Nigéria, elle raconte. «L?Afrique de l?ouest a changé ma vie, c?est là-bas que j?ai commencé à écrire.» Sa première nouvelle, Saving Mr Ugwu, est lue à la BBC. «Ce qui m?a le plus frappé c?est que la BBC cherche à ce point la la vraisemblance, au point de trouver un narrateur de la tribu Ebo, la même tribu que le personnage principal de la nouvelle.»
De retour en Ecosse, Lin attendra que ses enfants grandissent pour reprendre la plume. Elle est un auteur à temps plein depuis trois ans maintenant. «Seulement 6% des auteurs en Grande-Bretagne gagnent leur vie avec ce métier. Il ont notamment des cachets en faisant des lectures». Dans le but de promouvoir la lecture, ces séances de lecture dans les librairies sont payées, pour la moitié par le conseil municipal. L?autre moitié est prise en charge par le Scottish Arts Council. Lin Anderson a signé un premier essai, Braveheart, from Hollywood to Holyrood en 2005, une étude de l?impact de ce film sur la société écossaise. Car il est sorti au moment où les Ecossais s?apprêtaient à voter pour retrouver leur parlement.
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