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L?oriental et l?occidental réunis par des notes de musique
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L?oriental et l?occidental réunis par des notes de musique
Des chants de dévotion en hindoustani dans une classe, un cours de solfège pour débutant dans l?autre, alors que dans une troisième pièce, deux jeunes filles s?exercent au clavier. Le tout sous le regard attentif d?enseignants qualifiés. C?est sur cette idée généreuse et cette foi dans l?harmonie de la musique que l?école Ebanez, au 44, avenue Draper, à Belle-Rose, Quatre-Bornes, accueille des apprenants de tous âges.
Ce ne sont pas ses 73 ans qui décourageront Harry Khorugdharry d?assister aux cours de tabla de son Guruji («maître») Uttam Durbarry. En bon élève, alors que la leçon se poursuit pour le jeune Vibhav, son cadet d?une soixantaine d?années, il attend tranquillement son tour. «Dans les groupes dans lesquels j?évolue, les jeunes ne sont pas si nombreux. Pour moi qui débute la pratique du tabla, c?est une chance inespérée», nous confie le vieil homme, les yeux brillant de sa passion.
L?amour de la musique, cela était déjà une affaire de famille pour le directeur, Anand Nithoo. Père d?un garçon qui pratique le tabla depuis cinq ans, alors que sa fille s?était déjà mise au piano un an plus tôt, ce responsable informatique de 39 ans accueille en passionné ses quelque 80 élèves dans une vaste maison totalement reconvertie.
«Les bienfaits de la musique sont innombrables. C?est un médium qui transcende les frontières, plaide pour la paix, l?harmonie et la joie », nous dit-il d?emblée. C?est pourquoi l?enseignement s?adapte ici à chacun, sans la pression du résultat immédiat, mais en s?appuyant sur la motivation et l?engagement.
Pour ce faire, Anand Nithoo n?a pas non plus lésiné sur les ressources humaines : «Mon but est d?associer la qualité à des cours accessibles à toutes les bourses. La qualité est assurée par sept enseignants diplômés et expérimentés qui prennent les élèves soit individuellement ou par petits groupes».
<B>«La musique, l?affaire d?une vie»</B>
Nous rencontrons Jane, 18 ans, et sa complice Aurélie, 16 ans, assistant aux cours de clavier de Kenneth Babajee. Ou R. Sewraz, qui, pour suivre un fort penchant qu?elle nourrit pour la musique depuis son enfance, n?a pas hésité une seconde pour reprendre ici les cours de chants en hindoustani qu?elle avait dû délaisser pendant ses études. «C?est en cherchant une école de musique pour mon fils que j?ai découvert Ebanez».
Dans la salle où elle reçoit les enseignements du charismatique Guruji Chinayah Uckiah, un ancien professeur de chants en hindoustani du Mahatma Gandhi Institute, face au maître qui prodigue ses conseils derrière un harmonium, règne une atmosphère de sérénité et de profond respect : «Ma passion est du domaine de l?inexplicable. Mais la connaissance des Ragas me permet d?appréhender pour chaque type de morceau le temps adapté, et de retrouver dans toutes les musiques ce qui découle de la même racine», nous révèle R. Sewraz.
Pour le Guruji Uckiah, recommencer dans une nouvelle école après sa retraite est aussi providentiel. «C?est autre chose que des leçons particulières. On est ici comme dans une famille. Comme nous ne travaillons pas selon un programme imposé mais adaptons notre cours aux élèves, il y a aussi plus de plaisir», déclare le Guruji qui en a profité pour élaborer un cours de chant religieux.
Pour ce dernier cours, le succès est particulièrement encourageant, puisque les élèves, la plupart des interprètes confirmés, n?hésitent pas à venir de très loin pour entendre la sagesse du vieux maître.
Ainsi Roshin Nobin, enseignante de chant dans un collège, arrive-t-elle de Rose-Belle en compagnie de sa fille Dharmeshwaree, qui, elle, va aux cours de piano occidental. «La musique est l?affaire d?une vie. Et vous rencontrez l?Etre divin sur ce chemin. Cet enseignement me rapproche des clés de toute expression musicale.»
Un sentiment que ne contredira pas Artee Jankee, une autre formatrice de l?école Ebanez. «Je suis aussi enseignante dans un collège. Mais j?y enseigne la musique à une classe multiculturelle et c?est une approche plutôt généraliste, comme pour développer un passe-temps. Les cours que je peux dispenser ici sont plus spécialisés. Et il est possible d?accorder plus d?attention car vous pouvez vous concentrer sur chaque élève.»
Déjà sur des chapeaux de roue, le centre Ebanez ne s?est pourtant pas bâti sur un simple coup de tête. Le pari s?est concrétisé après mure réflexion et avec force investissements : «J?ai dû dépenser Rs 60 000 rien que pour les travaux d?insonorisation. Et je ne vous parle pas des équipements ou des instruments», explique le directeur.
Il déplore qu?une partie des cours ne puissent pas être reconnus comme formation à part entière. «Nous dispensons une formation à part entière mais il n?existe pas, au niveau de la Mauritius Qualifications Authority, de catégorie pour ce type de training.» De fait, si les cours de piano ou de guitare permettent de concourir aux examens de la Royal School of Music, il n?y a pour le moment que des certificats de présence pour la musique orientale. Une situation qu?Anand Nithoo espère voir évoluer?
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