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L?ultimatum des artistes

2 février 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Trop longtemps soumis à la volonté de l?état. Trop longtemps docile devant des décisions gouvernementales allant à l?encontre des droits de l?artiste, de sa liberté d?expression et de la protection de ses droits intellectuels. Les artistes se réveillent. Une contestation commune pour dire non à l?abus.

La goutte d?eau qui a fait déborder le vase est les Rs 250 000 de contribution accordée par la MASA au ministère des Arts et de la Culture pour l?organisation des festivités dans le cadre des 40 ans de l?indépendance.

Une décision prise par le conseil d?administration de la MASA, lors de sa dernière réunion. Alors que le président Zul Ramiah assumait encore ses fonctions. Depuis, il ne donne plus de nouvelles. Il est à Londres pour s?occuper d?une autre tâche gouvernementale.

«L?argent des artistes locaux ne peut être utilisé pour financer la venue d?artistes étrangers pour la fête nationale,» souligne Jean-Jacques Arjoon, au nom du collectif d?artistes réuni pour contrer cette décision du conseil d?administration de la MASA. Pour cela, le collectif demande qu?une assemblée générale spéciale soit tenue au plus vite pour discuter de ce point. Chose que les artistes rejettent à l?unanimité.

«On ira en justice pour annuler cette décision du board. La MASA n?est pas apte à faire de telles offres sous forme de sponsoring à quiconque,» souligne le collectif. Si la voie légale et l?assemblée générale spéciale ne parviennent pas à annuler la décision de la MASA concernant les Rs 250 000, le collectif d?artistes a affirmé qu?il va quitter la société des droits d?auteurs. « A l?unanimité, on confirme qu?on quittera la MASA si les résultats ne sont pas positifs au final.»

<B>Autonome financièrement</B>

Autre point de cette rencontre : l?autonomie de la MASA. L?autonomie devient un facteur primordial et essentiel pour la MASA. Il faut que les artistes puissent intervenir dans les décisions de la société qui les protège. «Financièrement, la société des droits d?auteurs peut travailler en toute autonomie,» ajoute un membre du board de la MASA. «L?autonomie est urgente,» ajoute Jean-Jacques Arjoon.

Les promesses faites par les politiciens, et même par le chef d?état lors de l?ouverture de la MASA House sur l?autonomie voire «l?indépendance de la MASA», selon le Premier ministre Navin Ramgoolam, avait laissé entrevoir des signes d?espoir vers cette démarche.

Fort est de constater que les paroles s?envolent. Et rien ne se fait au fil du temps. L?autonomie, il y a des années que des artistes comme Serge Lebrasse ou encore Marclaine Antoine, premier président d?une société des droits d?auteurs à Maurice, le réclament.

Pour ce qui est du président de la MASA, le collectif demande à ce que la prochaine nomination d?un nouveau président pour le conseil d?administration de la société des droits d?auteurs soit «gelée» et que «les procédures vers l?autonomie de la MASA soient enclenchées.»

Jean-Jacques Arjoon s?est aussi attardé sur la taxe et les droits des artistes, il demande à ce que «la MRA considère l?artiste comme un travailleur culturel et non comme une personne qui perçoit Rs 25 000 mensuellement.»

<B>MASA, ATM du ministère ?</B>

Zul Ramiah, ancien président du conseil d?administration de la MASA, aurait proposé aux membres du conseil d?accorder une somme de Rs 250 000 au ministère des Arts et de la Culture pour financer les festivités du 40e anniversaire de l?Indépendance. Une demande qui a été votée et approuvée par le conseil d?administration.

Comment une telle requête a pu être approuvée par le conseil ? Zul Ramiah aurait avancé que la MASA génère des revenus et que c?est le ministère qui a demandé de l?aide pour? faire venir des artistes étrangers.

L?explication de Zul Ramiah a suffi pour que le conseil d?administration accepte d?accorder Rs 250 000 au ministère des Arts et de la Culture. Ce dernier n?a pas eu beaucoup de mal à convaincre le conseil d?administration dont la majorité des membres sont des «nominés politiques».

Ces mêmes «nominés politiques» qui ont l?habitude «d?imposer leur veto à plusieurs projets de la MASA», déclarait récemment Bruno Raya.

C?est en 1997 suite à une mobilisation des artistes toujours au sujet de l?autonomie de la MASA que le gouvernement avait décidé d?amender le Copyright Act. Ainsi, la MASA qui tombait sous l?égide du ministère de la Justice a été placée sous la tutelle du ministère des Arts et de la Culture. Dans les couloirs de la MASA on espère que cette nouvelle mobilisation des artistes ait le même impact qu?en 1997. Et que cette fois-ci la MASA devienne autonome pour le bien-être des artistes.

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