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Dev Hurnam radié du barreau

31 janvier 2008, 00:00

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Le couperet est tombé à 14 h 10 hier en Cour suprême. Le nom de Dev Hurnam (photo) a été rayé du registre des avocats pratiquant à Maurice. Après 33 ans à exercer comme avocat, aujourd?hui, il n?est plus habilité à le faire. Cette décision a été prise par le Full Bench de la Cour suprême, composé du Senior Puisne Judge, Keshoe Parsad Matadeen, et des juges Eddy Balancy, Paul Lam Shang Leen, Premila Balgobin et Saheeda Peeroo.

Le Full Bench considère que l?intégrité de la profession d?avocat doit être préservée et la confiance du public dans l?administration de la justice maintenue. Le genre de conduite dont a été accusé Dev Hurnam doit être sévèrement réprimée par une sanction, notent les juges.

Dev Hurnam était poursuivi devant la cour intermédiaire pour complot. Et il a été trouvé coupable, le 11 août 2003, d?avoir accepté de fabriquer, le 5 mai 2000, un faux alibi pour son client, Soobashing Bholah, afin d?entraver l?enquête policière. Il a, à la suite du jugement, été condamné à six mois de prison.

Mais la Cour suprême a renversé cette décision après appel de Dev Hurnam. Le Directeur des poursuites publiques (DPP) devait, à son tour, faire appel de cette décision devant le conseil privé. Et dans un jugement rendu le 25 avril 2007, les Law Lords ont restauré la condamnation de six mois de prison infligée à Dev Hurnam. A la suite du jugement du conseil privé, l?Attorney General a demandé à la Cour suprême d?instituer un comité disciplinaire contre l?avocat.

Dev Hurnam a fait une demande en Cour suprême pour la réouverture de son procès. Cela, a-t-il argué, parce qu?un nouvel élément aurait été apporté par Soobashing Bholah. Mais sa demande a été rejetée par la Cour suprême le 18 mai 2007.

<B>Vengeance</B>

Lors de sa comparution devant le comité disciplinaire, Dev Hurnam a avancé six raisons pour lesquelles aucune sanction ne devrait, selon lui, être prise contre lui. Le Full Bench les a rejetées. Il avait soutenu que la vengeance ne doit pas prévaloir dans les cours de justice. Une déclaration que les juges ont trouvée absurde. Prendre une action disciplinaire contre un avocat qui est impliqué dans un complot ne peut, soulignent-ils, être comparé à de la vengeance.

Tout en insistant sur le fait que la vengeance n?a jamais été le hallmark de notre système d?administration de la justice, les juges ont indiqué que Dev Hurnam n?a pu avancer de raison pour laquelle une action disciplinaire ne devrait pas être prise contre lui. Ils qualifient le délit commis par lui de «most serious professional misconduct».

Le ministère public était représenté par Mes Bobby Madhub, Assistant Solicitor General et Rashid Ahmine, Principal State Counsel. La Mauritius Bar Association était représentée par sir Hamid Moollan QC.

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