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Revendication d?autonomie

30 janvier 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

«L?autonomie finn tire menotte dans nou la main, zordi bizin l?indépendance pou tire la chaîne autour nou licou».

Il n?y a jamais eu de 11e commandement, qui conféra à la Grande-Bretagne le droit sacré de nous obliger à léguer pour toujours nos vies, nos terres et notre pays à Maurice. Notre peuple n?appartenait pas à Maurice et n?était pas la propriété privée de quiconque. Nous n?étions pas le bétail à faire passer des mains d?un maître à l?autre. La simple vérité, difficile à digérer , sans doute, c?est quand le règne colonial prit fin en 1968, l?île Rodrigues avait une population qui était les tenants de cette île et elle n?a jamais été mise aux enchères.

Le 12 mars 1968, il y aurait dû avoir deux îles avoisinantes, fières de célébrer leur liberté en parfaite harmonie. Mais hélas, il y avait eu fierté d?un côté de l?océan Indien et l?humiliation de l?autre.

Que la Grande-Bretagne ait offert Rodrigues en cadeau à Maurice en 1968 tout comme elle offrit l?Erythrée en cadeau à l?Ethiopie opu que Maurice ait annexé Rodrigues à elle tel n?est pas le point. Quels que soient les arrangements, quelle que soit la collusion entre la Grande-Bretagne et son ministre colonial mauricien, sans notre consentement, cette démarche était illégale et immorale. Cela ressemblait à un pirate en fuite qui récompensait son esclave fidèle, Rodrigues, n?était plus un territoire de Maurice au même titre qu?Hercules n?était plus un fils de Zeus. Aujourd?hui Rodrigues et un pays annexé et sous une occupation.

Ce n?est pas notre sort d?être perpétuellement gouvernés par les autres. Nous n?avions jamais accepté le régime imposé par la France, ni celui de la Grande-Bretagne. Nous n?accepterons jamais ce régime de Maurice. Les Rodriguais ne sont pas un groupe autochtone ou une minorité ethnique d?une nation, recherchant une autonomie en petite dose. Nous sommes un peuple séparé, avec une aspiration fervente.

Après 300 ans de domination étrangère, le sort des Rodriguais se résume à ceci : L?Indépendance ou subordination éternelle.

Alain LEVEQUE

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