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Le sein ?

27 janvier 2008, 00:00

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Le sein, en dehors du sens symbolique de l?accueil, du refuge, comporte un double aspect : celui de la mamelle nourricière, et celui de la féminité. Il est le buste, la « gorge » de la femme, d?où le nom de « soutien-gorge ». Allaiter son bébé au sein, son rôle nourricier. Partout, l?image du sein est liée à celle de l?enfant, comme promesse de nourriture et de sécurité.

Par ailleurs, le sein, « caractère sexuel secondaire » est déterminé par la sécrétion de folliculine, large glande qui obtient son volume maximum au cours de l?allaitement. « Il est absolument mensonger, précise le Dr Gérard Zwang dans son dictionnaire de sexologie, de promettre à une femme le redressement de ses seins par des exercices musculaires. » Tout juste peut-on développer le thorax. C?est une partie anatomique très variée d?une femme à une autre, en fonction de l?âge, de la race, de la stature? Il est indéniable que depuis toujours, (ainsi la Vénus paléolithique datant de 25 000 ans avant J.C. à Willendorf en Autriche), la poitrine féminine a exercé sur l?homme un attrait certain. Que ce soit en Egypte où les seins étaient fréquemment représentés découverts, ou en Crète, avec la « Déesse aux serpents » et aux seins généreux du Palais de Cnossos ; que ce soit à Rome, Athènes ou Lutèce (Paris) où on les voile adroitement, les seins, très vite devenus objets érotiques, inspirèrent les artistes, avec une variété certaine selon les époques.

Des seins menus de la Dame des romans courtois du Moyen Age, aux larges poitrines d?un Breughel, d?un Rubens, d?un Renoir, la variation des modes est attestée par la peinture et la sculpture. Du canon grec, axé sur les harmonieuses proportions du corps, au martyr de Sainte-Agathe dont le supplice a consisté en l?ablation des seins ? (plusieurs peintres italiens l?ont représentée offrant ses seins sacrifiés à Dieu) ? en passant par les nombreuses représentations de la Vierge Marie allaitant l?Enfant Jésus, le sein a joué, et joue toujours, un rôle éminent dans la spécificité féminine?

Cet attrait pour les seins serait lié, selon la psychanalyse, au complexe de sevrage, en partie cause d?un manque de maturité chez le garçon? On peut y voir aussi un goût pour la rondeur et l?élasticité d?une chair qui a de quoi étonner et séduire l?homme. Pourquoi vouloir expliquer le « balcon » (terme argotique) par la cave !? Au xviie siècle, Bossuet, à l?occasion de ses prédications condamnaient ces décolletés généreux qu?avec la complicité de la mode les femmes offraient à la « concupiscence » des messieurs? Ce qui n?empêchait pas ces élégantes de persévérer dans l?étalage ? voilé pour assister à l?office ? de leurs « appas »?

L?usage du corset, très serré, servait à affiner la taille en même temps qu?il rehaussait la poitrine, à une époque où le sein « se portait haut ». Aujourd?hui, pour le même usage, on se contente du soutien-gorge (ou de rien du tout) pièce de lingerie à bretelles réglables. Et, pour celles qui manquent de volume, un discret rembourrage de caoutchouc-mousse est, sous le chemisier ou la robe, d?un effet convaincant? Si cet artifice ne comble pas les intéressées, reste la chirurgie qui, selon les v?ux de la cliente, rejoint les modèles d?« hypermastie » que le cinéma a popularisés. Cela commença vers les années 60, avec les belles italiennes : Gina Lolobrigida, Sophia Loren ; les belles américaines : June Wilkinson, Jayne Mansfield et Marilyn Monroë, etc. chez qui, comme souvent aux Etats-Unis, il s?agissait d?un record à battre, non dans l?esthétique, mais dans l?hypertrophie? Cette manie culmina vers le « phénoménal » avec une « Supervixens », et une Lolo Ferrari (qui elle n?était pas américaine). Des mensurations idéales furent publiées, redessinant le corps de la femme aux normes de la publicité?

En France, se révéla, en ces temps-là, notre Brigitte Bardot, dont la popularité extraordinaire ne se limitait pas à son tour de poitrine, mais à l?élégance, à la finesse de son maintien, la perfection d?une ligne qui devait beaucoup à sa formation de danseuse classique.

La littérature, la peinture, bien avant le cinéma, ont célébré la beauté de la poitrine. Largement présents en Egypte et épanouis dans l?art Indien des temples, les poètes ont beaucoup chanté les « tétins » de l?aimée, comme dans Clément Marot au xvie siècle, chez Ronsard, etc. C?est l?Ecole de Fontainebleau qui lance le style des poitrines fortes, venues de l?influence allemande, avec la sculpture des « Trois Grâces ».

Après la Révolution de 89, le Directoire ouvre la mode des « merveilleuses », avec les poitrines rondes et dénudées, dont Mme Tallien donne le ton? Depuis, avec des variations selon les époques, le sein est « libre » : de se cacher, de se montrer, de bronzer nu?

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