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Des videurs agressent des employés d?un hôtel
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Des videurs agressent des employés d?un hôtel
Ils étaient 200 employés de l?hôtel Indian Resort venus fêter? l?année au club privé, Enigma, à Quatre-Bornes, hier. La journée a viré au cauchemar avec pour résultat dix blessés dont sept sont admis aux soins intensifs à l?hôpital Victoria de Candos. Les agresseurs ne sont autres que les videurs d?Enigma, armés de gourdins, samouraïs et autres sabres. Ils ont ensuite pris la poudre d?escampette par la porte de secours du club.
Dans la journée d?hier, les employés de l?Indian Resort s?en donnent à c?ur joie pour leur fête de? fin d?année, un peu tardive, il est vrai. Pour cela, ils ont loué le club Enigma et précisément jusqu?à 16 h 30. Selon un employé de l?hôtel, à 15 h 45, il n?y a plus de boissons disponibles mais bon nombre d?employés, en état d?ébriété, ne cessent d?en réclamer aux serveurs.
Peu avant 16 heures, les videurs interviennent pour faire comprendre aux employés qu?ils doivent quitter le club à 16 h 30. Ces derniers, dont plusieurs sous l?effet de l?alcool, n?apprécient pas les propos des videurs. C?est l?altercation inévitable et la situation a vite fait d?empirer.
Les videurs usent de la force et cela dégénère en agression corporelle. A cet instant, personne d?entre eux n?a des armes en sa possession. Puis l?un d?eux se saisit d?un tabouret qu?il met en pièce en le lançant violemment à plusieurs reprises sur le sol. Ensuite, il en utilise les pieds comme gourdins pour frapper tout ce qui bouge près de lui. Hommes, femmes et enfants, tous y passent.
D?autres videurs s?amènent avec des armes blanches et la violence devient de mal en pis. Un employé d?Indian Resort, qui se trouve à l?extérieur du pub au rez-de-chaussée, reçoit plusieurs coups de sabre. En voulant s?enfuir, il perd une chaussure. Des employés affirment que les videurs «utilisaient leurs armes tranchantes comme des bûcherons abattant des arbres».
<B>La SSU et la CID en renfort</B>
Dans l?escalier, d?autres videurs expulsent les invités à coups de pieds et de gourdins sous les cris des femmes présentes. Après avoir? vidé le club à leur façon, les videurs s?enferment ensuite au premier étage du club.
Alertés, des policiers débarquent dans deux voitures mais la porte du club étant verrouillée, la Special Supporting Unit (SSU) et le Central Investigation Division (CID) sont appelés en renfort pour pénétrer les lieux. Il est alors 18 h 30. En voyant tout ce déploiement, des personnes chargées du nettoyage du club prennent la fuite.
Les membres de la CID de Quatre-Bornes enfoncent la porte du club mais il n?y a personne. Elle passe le club au peigne fin en vue de retrouver les armes blanches mais en vain.
A l?hôpital Victoria, les employés de l?hôtel d?Indian Resort, sont en force pour soutenir leurs collègues blessés. Ils se disent «traumatisés» et ils manifestent leur colère. «Bann vider ki fer la lwa dan Moris ? Zame noun trouv sa kalite violans la. Bizin aret zot.» L?un d?entre les blessés, la trentaine, porte des traces d?armes blanches dans le dos. Un autre marche clopin-clopant, un autre encore a le genou enflé et le pied couvert de sang. Des dix blessés, trois ont la permission de rentrer tandis que les sept sont admis aux soins intensifs.
La police a pu retrouver un samouraï et des sabres dans la soirée hier grâce aux chiens renifleurs. Six videurs, interpellés au poste de police de Quatre-Bornes, ont été relâchés. La Special Mobile Force et les limiers de la SSU ont patrouillé Quatre-Bornes hier jusqu?à fort tard.
En l?espace de deux mois, cinq cas d?agression impliquant des videurs ont été recensés. Des victimes se demandent pourquoi ces videurs sévissent toujours. La plupart d?entre eux sont équipés d?armes sans permis.
L?année dernière un quartier de Beau-Bassin s?est réveillé sous une fusillade des videurs d?une boîte de nuit. Le braquage sanglant de Quatre-Bornes implique aussi des videurs en possession illégale d?arme.
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