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J.R. Delaître, victime d?un renvoi injustifié

13 janvier 2008, 20:00

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Chose promise, chose due. Jean Roland Delaître, directeur limogé de la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC), tient meeting, le samedi 8 janvier, à la place Jules-Koenig, Quatre-Bornes. L?express en rend compte, à la une, le lendemain, sous le titre : « Le vote de l?amendement de la constitution est l?acte le plus grave commis par le gouvernement MMM-PSM ». The Nation, journal boolelliste, de longue date, et patriotique, de fraîche date, annonce, toujours en une, que Jean Delaître révèle les dessous de son renvoi. Il le cite : « J?ai été trouvé coupable sans jugement ». Le Militant parle de Land-Bank autofinancée et viable (encore à naître, un quart de siècle après), de prêts de Rs 5 000 pour améliorer les maisons CHA, d?élections anticipées si MMM et PSM continuent à se regarder en chiens de faïence mais pas un mot sur le meeting de Jean Roland Delaître. Même silence chez Le Socialiste (« Le courage c?est de chercher la Vérité et de la dire ») mais des commentaires hargneux concernant le Muppet Show de Matou Delaître, à la place de la Gare, Quatre-Bornes. Ailleurs, il est tristement relégué en pages intérieures, bien que son meeting ait attiré 3 000 personnes, selon les estimations ultra-conservatrices de la police. Parmi ces milliers, Gaëtan Duval, Satcam Boolell, Yousouf Mohamed, O. Saccaram. Il y a de ces vérités qui font mal à certaines oreilles partisanes.

Jean Delaître s?étend sur l?iniquité du traitement qu?on lui inflige. Il parle avec le sérieux voulu sauf quand il fait allusion à son ancien ministre de tutelle, Harish Boodhoo. Il donne alors libre cours à sa verve métaphorique et sarcastique.

D?emblée, il met en garde le public en général et les hauts fonctionnaires en particulier sur le sort que peut leur réserver l?amendement de la section 13 (4) de la Constitution de Maurice, concernant la révocation des grands commis de l?Etat, avec un préavis de seulement trois mois. Il considère cet amendement comme l?acte le plus grave commis à ce jour par le gouvernement MMM-PSM.

Citant son cas personnel, il fait savoir à l?assistance qu?il n?a toujours pas reçu ses salaires de juillet 1982. De plus, il accuse le ministère de l?Information de bloquer indûment sa pension. Il affirme avoir contribué pendant 18 ans au fonds de retraite des employés de la MBC. Il accuse les syndicats de fonctionnaires de n?avoir émis aucune protestation lors du débat parlementaire de cet amendement constitutionnel à l?Assemblée législative.

Mais même d?après les stipulations de l?amendement 1982 de la Constitution, son renvoi est injustifié et illégal. L?amendement prend effet le 20 décembre 1976. Or, il est nommé rédacteur en chef (head of news) de la MBC le 31 décembre 1964. Il est promu directeur de la programmation en 1967. Il en revient le directeur général le 11 mai 1970. Brandissant son dossier personnel d?employé de la MBC, il veut savoir sur quel dossier le gouvernement MMM-PSM se prononce pour ordonner son limogeage. Il le soupçonne de s?être servi du dossier, constitué par John Rewcastle, sur lui.

Il dément être un vendu. Il en veut pour preuve que le 2 mai 1982, le gouvernement travailliste enlève certains pouvoirs au directeur de la MBC, qu?il est alors, pour les confier au ministre de l?Information. C?est ce subterfuge qui permet la diffusion des fameux spots publicitaires, en faveur du Parti Travailliste, contrevenant ainsi à l?équilibre du temps d?antenne entre les différentes listes de candidats.

En ce qui concerne le fonctionnement (?) de la MBC, Delaître prédit que, bientôt, les Mauriciens seront privés de télévision locale. Magnétoscopes et synthétiseurs d?images sont en panne. Une speakerine doit animer 36 émissions pour avoir droit à sa rémunération d?antan, soit ce qu?un producteur free-lance reçoit pour seulement trois émissions. En mai 1970, la MBC avait Rs 12 millions de dettes, toutes remboursées au 31 décembre 1981. Depuis, elle est de nouveau à découvert sur le plan bancaire. Le programme de séga du 1er janvier coûte Rs 22 000 et ne rapporte que Rs 4 000 en recettes publicitaires. Il se vante d?avoir pu, grâce à la coopération de Cable and Wireless, obtenir la retransmission de tous les matches de la Coupe du Monde, pour seulement Rs 700 000.

Il est limogé le 19 juillet 1982. Le lendemain, on lui sert une réclamation de Rs 150 000 sur papier timbré. Le 26 août, l?Income Tax lui réclame à son tour Rs 150 000. Le 28 août, des démarches légales sont entreprises en vue de la saisie de sa maison et de son bungalow à Riambel. Les victimes du Sale by Levy apprécieront.

Depuis 1978, les décisions sont prises collégialement par le directeur de la MBC et ses 12 chefs de service. Mais quand il faut limoger, seul Matou est crucifié. JRD fait voter, par l?assistance, une motion réclamant la réouverture de son dossier par les ministères concernés. Et dire qu?il y a des Mauves pour croire encore que l?opération Lève paquet allé est une invention travailliste. Jadis, cela s?appelait... la chasse aux sorcières.

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