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Les rouges sont inquiets

14 janvier 2008, 00:00

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Les lieutenants rouges sont inquiets. D?un côté, les statistiques positives annonceés par le Premier ministre et son ministre des Finances (investissement direct étranger, booms sectoriels, croissance économique, roupie forte?) et, de l?autre, la perte continue du pouvoir d?achat des Mauriciens.

L?euphorie des chiffres a cédé la place à la réalité chez les travaillistes : il faut redescendre sur le terrain pour une campagne d?explication. C?est ce qu?annonce le secrétaire général (SG) du Parti travailliste (PTr), Deva Virahsawmy, pour 2008, lors d?une conférence de presse samedi. Une façon aussi de prouver au Mouvement militant mauricien (MMM) que «c?est faux de dire que nous avons peur de descendre sur le terrain».

Mais y a-t-il unanimité sur la politique à adopter avant de l?expliquer à la population, a voulu savoir l?express ? Réponse de James Burty David : «Il y a unanimité sur le soutien qu?il faut donner aux défavorisés.» La question a tout son sens quand James Burty David parle de l?Etat providence en tant que «devoir moral» du gouvernement. Deva Virahsawmy affirme qu?il y a bel et bien consensus sur ce dossier, mais «qu?il nous faut montrer à la population les efforts que fait le gouvernement pour contrer une hausse de prix dont il n?est pas responsable. Nous pallions cette perte de pouvoir d?achat par des politiques sociales qui visent à faciliter la vie des démunis en faisant construire des logements sociaux, en mettant à leur disposition des terrains à des prix bas, en leur donnant des actions dans des centrales, etc.»

Les travaillistes pensent que cette campagne est doublement nécessaire au vu des «palabres de l?opposition» sur les augmentations des prix. Pour Deva Virahsawmy, il y a ainsi «une certaine confusion» dans la tête des gens à propos de la hausse des prix, problème mondial, et du résultat sur un petit pays insulaire. Les ministres, députés et autres membres du parti se rendront dans les 20 circonscriptions pour dire que «pa gouvernma ki responsab.» Les explications incluront aussi une dénonciation de «l?héritage difficile» qu?a laissé l?ancien régime et les mesures prises personnellement par le Premier ministre «seul dans son combat contre l?oligarchie sucrière.»

Que vont dire les membres du PTr au public qui ne comprend toujours pas pourquoi le «trickle down effect» des résultats économiques ne se fait pas sentir ? «Nous allons utiliser un langage de vérité», se contente de dire le SG. Ce «langage de vérité» sera soutenu par des rapports qui «montrent le problème mondial du blé», des sessions de questions - réponses seront encouragées et «nous expliquerons que le gouvernement accorde des subsides pour soulager la population et nous parlerons de nos grands projets, comme la production de nos produits alimentaires.»

A l?état-major du PTr, on jubile. Des désaccords seraient intervenus chez les mauves. «Nous entendons dire que cinq membres en vue du parti sont excédés et sont prêts à partir», annonce Deva Virahsawmy. Il affirme aussi savoir que le parti mauve serait presque en train de se scinder en deux. A cause de Dinesh Ramjuttun. Ce qui ravit James Burty David qui traite Paul Bérenger de «longaniste politique» puisqu?il prédit des élections anticipées qui ne se matérialisent jamais. Les rouges disent aussi leur désaccord à Bérenger «ki dir ki li bizin okip» l?ICAC «parce que Gunness est mis en cause». David demande, lui, la démission de Gunness en tant que Whip de l?opposition.

Les rouges démentent par ailleurs toute rumeur sur de quelconques alliances. En ce qui concerne le remplacement du président de la République à l?expiration de son contrat en septembre, Deva Virahsawmy, répondant à l?express, affirme : «C?est la prérogative du Premier ministre.»

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