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Le crash

14 janvier 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les publicités vantent Maurice comme un lieu accueillant et paisible, mais c?est tout le contraire à l?aéroport de Plaisance. Dans le terminal, le service aux usagers est médiocre. Un nombre grandissant de passagers frôlent la crise de nerfs. Mal organisé du fait qu?il est sans direction depuis de longs mois, l?aéroport est dans un état critique.

Notre journaliste Valérie Olla a visité les lieux samedi et son compte-rendu, publié en page 5, devrait suffire pour déclencher les signaux d?alerte. Elle décrit des scènes indignes d?un pays à vocation touristique. Son reportage nous fait découvrir un univers cacophonique où il règne une ambiance insupportable. Les témoignages fusent : les services se dégradent.

Aéroport saturé, files interminables, panneaux d?affichage en panne, contrôles superflus, personnel peu serviable, bref rien ne semble marcher à Plaisance. Pourtant, les autorités attendent toujours avant de nommer un président et un directeur général à «Airports of Mauritius Limited» (AML).

Cela fait maintenant sept mois que Dan Maraye a démissionné de son poste de directeur à AML. Le président de la compagnie, Roshan Seetohul, avec qui il ne s?entendait pas, devait également abandonner son poste au même moment. Celui-ci affirmait alors qu?il démissionne «pour éviter des remous politiques». Son départ a été le fruit d?un compromis entre le Premier ministre et son ministre du Tourisme. En somme, il s?agit, là comme ailleurs, de petits arrangements politiciens qui ont de grandes répercussions sur le fonctionnement des services publics.

La descente a commencé depuis qu?AML a décidé de débarquer l?Australien Phillip Cash, l?ancien «Chief Operating Officer». Dégoûté, ce professionnel qui a une longue expérience dans la gestion des aéroports, est rentré dans son pays. La Banque européenne d?investissement, qui avait insisté sur la présence de Phillip Cash pour mener à bien le projet d?agrandissement de l?aéroport au coût de Rs 4 milliards, avait alors déploré la tournure des événements. Aujourd?hui, le gouvernement doit regretter son départ.

Ce qui se passe à AML est typique du mauvais fonctionnement d?un grand nombre de services parapublics. Une guerre d?influences éclate entre le tandem nommé pour gérer l?institution. Elle finit par paralyser celle-ci mais des considérations clientélistes empêchent le gouvernement de prendre des décisions rapides pour la remettre sur les rails.

Une telle situation de crise prévaut en ce moment même au sein d?»Enterprise Mauritius». Il y a une incompatibilité entre le président Amédée Darga et le directeur général Prakash Beeharry. Toute tentative de faire cohabiter les styles opposés de ces deux hommes est vouée à l?échec. Leur mésentente affecte le fonctionnement de la compagnie depuis plusieurs mois mais le gouvernement assiste, impuissant, au drame. Il est incapable de trancher.

Ces conflits persistants dans les institutions parapubliques sont naturels étant donné le mode de désignation de leurs responsables. En revanche, il n?est pas dans l?ordre normal des choses que les dirigeants laissent pourrir des situations menaçantes.

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