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Matou Delaître en guerre contre Bhye Harish

9 janvier 2008, 20:00

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Revoilà Jean Roland Delaître dans les colonnes de cette presse écrite qu?il sert fidèlement et efficacement jusqu?à son entrée à la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC). Il se fend d?une lettre, se voulant message de fin d?année et des v?ux pour la nouvelle, via les journaux à défaut de pouvoir le faire à l?antenne et même invitation, commençant, comme dans le temps de la bienséance et de l?élémentaire courtoisie, par Madame, Mademoiselle, Monsieur.

Il rappelle. Le lundi 19 juillet 1982, une décision politique le relève de son emploi comme directeur général de la MBC et le prive même du privilège de faire ses adieux aux téléspectateurs et auditeurs. De même, elle lui interdit de leur présenter ses v?ux de banané comme il l?a fait régulièrement pendant les 18 années écoulées.

Il en profitait pour leur ouvrir son c?ur de No 1 de la MBC et partager avec eux ses craintes mais surtout ses espoirs d?amélioration des services rendus pour la nouvelle année. Il en profitait aussi et de temps en temps pour réfuter quelques critiques imméritées et stigmatiser les délateurs professionnels.

A l?aube de l?année 1983, tout comme au crépuscule de la précédente, l?île Maurice, celle des masures comme celle des villas luxueuses, parle abondamment des changements imposés aux téléspectateurs et auditeurs par la nouvelle direction de la MBC, soutenue et combattue à la fois par des ailes différentes de l?Hôtel du Gouvernement. (N.B. JRD ne se doute pas, à cet instant, que les jours de son successeur, à la tête de la MBC, sont déjà comptés). Il constate seulement que changement ne signifie pas forcément pour le mieux. Répétons à l?intention de certains politiciens : changement ne veut pas forcément dire pour le mieux. JRD ajoute même : il équivaut souvent même au pire. Il précise ne pas avoir mauvaise grâce d?insister.

Il rappelle à bon escient que la consolidation des relations internationales de la MBC demeure, dans le contexte d?une technologie en progrès constant, le principal atout d?une télévision et d?une radio en développement. Il se réjouit d?avoir pu ainsi équiper la MBC d?outils de travail sophistiqués mais légers, performants mais portables et maniables. Cela comprend aussi un studio moderne pour les infos. Cela a résulté dans l?apothéose de la couverture pratiquement incessante du dépouillement (malheureusement sans suspense électoral) des résultats du scrutin législatif du 11 juin 1982. Cette réussite est immédiatement suivie d?une autre : la retransmission en direct ou presque de tous les matches de la Coupe du Monde de football, privilège que seuls les Mauriciens peuvent obtenir à un coût défiant toute concurrence.

JRD se défend de vouloir s?immiscer dans le débat cyclonique des langues utilisées en prime time à la MBC/TV. Mais se taire serait de la lâcheté caractérisée. Il veut bien qu?on valorise créole et bhojpuri, même à la MBC/TV, mais pas au détriment du français, langue internationale, universellement utilisée. Il rappelle que le bilinguisme, même médiocre, du Mauricien moyen lui offre de précieux débouchés sur le plan international, auxquels il n?aurait pas droit autrement. Lui ôter l?usage du français pour des raisons politiques, sinon démagogiques, c?est lui causer un tort indu.

Il rappelle à ce propos que, depuis l?Indépendance, la France subventionne notre MBC, à hauteur de cinq millions de francs annuellement, sans compter l?aide apportée à l?achat, à prix réduits, des programmes de l?INA, les bourses et stages de formation offerts aux techniciens mauriciens. Cette coopération française perdurera-t-elle si l?on persiste à jeter à la poubelle le français à la MBC ?

Après le message, l?invitation. Jean Roland Delaître, ancien directeur général (car révoqué) de la MBC, fait savoir aux Mauriciens qu?il tiendra un meeting à la place Jules-Koenig (gare routière), Quatre-Bornes, le samedi 8 janvier 1983. Il compte y donner sa version détaillée de son limogeage immérité. Il y établira à quelle campagne de dénigrement, il doit faire face depuis ce lundi 19 juillet 1982. Il invite ceux qui veulent connaître, de lui, toute la vérité et seulement la vérité, sur ce renvoi injustifié.

Par l?appel suivant : Fonctionnaires, travailleurs cadres. Aujourd?hui c?est moi. Mais, demain, cela pourrait être votre tour d?être victime d?un limogeage politisé. Venez m?écouter, le samedi 8 janvier, place de la gare, Quatre-Bornes. Venez en foule ! Venez en masse !

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