Publicité

Après le ciment, les matériaux de construction

10 janvier 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La hausse de 21 % du prix du ciment va avoir un effet boule de neige entraînant dans son sillage une augmentation du prix des matériaux de construction tels que blocs et agrégats. Le chief executive officer d?United Basalt Products Ltd, Jean-Michel Giraud, l?a confirmé à l?express, hier de l?Inde.

«Ces hausses du prix des blocs et des agrégats sont inévitables. Nous aurons définitivement à absorber non seulement la hausse du prix du ciment mais celle du diesel», soutient Jean-Michel Giraud. Ces augmentations devraient intervenir, selon lui, dans «les jours à venir».

Par ailleurs, les opérateurs, en particulier Holcim (Mauritius) Kolos Ltd, jugent insuffisant et contestent le quantum de la hausse annoncée hier par la State Trading Corporation (STC). Le prix de la pochette de 50 kg qui varie selon les régions de Rs 171 à Rs 188 - passe de Rs 208 à Rs 223, soit Rs 37, qui équivaut à 21 %.

Le directeur général de la STC, Ranjitsing Soomaroah, dans sa rencontre avec la presse hier, soutient que le prix Coût Assurance Fret (CAF) du ciment à l?achat, considéré comme le meilleur par la STC, dans le dernier exercice d?appel d?offres était de $ 90,67 la tonne.

Justifications</B>

Cependant, devant le refus des opérateurs d?accepter ce prix d?achat, (ceux-ci alignent leurs prix sur la STC), le prix a été réajusté à $ 102,16 par tonne. Plusieurs réunions, insiste-t-il, ont eu lieu avec les opérateurs pour trouver un consensus. Mais sans résultat.

Le directeur général de Holcim, Pascal Naud déclare pour sa part «avec la structure de prix proposée par la STC, notre compagnie va faire des pertes importantes en 2008. Nous aviserons de notre stratégie par la suite. Contrairement à notre concurrent, qui vend davantage de ciment en vrac, comme le prix est libéralisé, notre compagnie sera bien plus fragilisée car nous privilégions davantage la vente en pochettes aux quincailleries».

Pascal Naud rappelle que le fret maritime a triplé ces dernières semaines et cela a été un fardeau additionnel important. «Ce sont des facteurs extérieurs que nous ne maîtrisons pas. C?est donc ce contexte qu?il fallait tenir en ligne de compte.»

Notre rédaction a essayé en vain d?avoir une réaction ou un commentaire de Lafarge (Mauritius) Cement Ltd sur cette hausse.

La STC explique et justifie son nouveau prix. «Le prix à l?achat était de $ 112, le nôtre de $ 90,67. Nous avons fait une moyenne qui nous a ramené au chiffre de $ 102,16», soutient Ranjitsing Soomaroah. Il précise que pour la première fois les opérateurs n?ont pas accepté le prix proposé par la STC. De plus, il ajoute que «la STC n?a pas cédé mais qu?elle a considéré les demandes des opérateurs dans le consensus. Ces derniers arguent que le marché est difficile. Nous avons essayé de satisfaire tout le monde».

Le directeur de la STC rappelle que, normalement pour l?importation du ciment tant pour les 300 000 tonnes assurées par la STC que les 300 000 tonnes importées par les opérateurs, le prix d?achat à l?importation est uniforme. La consommation annuelle de ciment est de 600 000 à 650 000 tonnes. Si la STC s?approvisionne cette année chez Emirates Trading Agency, les opérateurs reçoivent leur ciment de leur maison mère respective.

CRAINTE DE PÉNURIE

<B>La STC rassure les clients </B>

■ Bien que sa cargaison de 20 000 tonnes ait pris du retard, la STC donne la garantie que le ciment ne manquera pas sur le marché. De plus, dit-elle, la reprise des activités est prévue aujourd?hui. «Mais nous ne prévoyons aucun problème compte tenu des cargaisons qui doivent arriver. Le retard, dû à des raisons indépendantes de notre volonté, ne perturbera pas le marché», soutient Ranjitsing Soomoroah. Ainsi, un bateau de Holcim est arrivé aujourd?hui avec à son bord 15 000 tonnes. Cette cargaison viendra s?ajouter au stock actuel de 6 000 tonnes. D?autres cargaisons sont attendues la semaine prochaine - 20 000 tonnes pour la STC le 14 janvier, 2 000 tonnes pour Lafarge le 13 janvier, et une autre cargaison de 19 683 tonnes le 15 janvier. La reprise de la distribution, une surconsommation en fin d?année, fait que les quincailleries sont en rupture de stock. Lafarge prévoyait une situation tendue jusqu?en février alors que Holcim estime qu?à la reprise des activités, le marché ne souffrira d?aucune pénurie.

Publicité