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Des voeux raisonnables
Les indicateurs ont tourné au vert en 2007, disent les gouvernants. Sauf pour les secteurs de la distribution et de la consommation. Les statistiques rassurent. Les citoyens retrouvent une certaine envie de croire. Ce n?est pas pour autant que la foi est revenue. Cette année lorsque le pays fêtera ses quarante d?indépendance, il jettera un regard dans le rétroviseur de l?Histoire. Il trouvera les raisons d?une certaine satisfaction. Pour les plus optimistes, les succès seront plus importants que les échecs ou les demi-succès. Ils n?auront pas tort. Pour les plus sceptiques, les causes de réjouissances ne suffisent pas à faire oublier toutes les occasions ratées.
Comme en 2007, ces occasions sont celles qui s?articulent autour de notre capacité à construire une nation en transcendant les déterminismes ethniques. En notre faculté à anticiper les défis qui nous fait prendre du retard au plan du développement économique. On a pu le constater l?année dernière. Sur la base d?un marchandage, nos dirigeants politiques et économiques auraient pu hypothéquer les chances d?un financement de l?Union européenne destiné à la restructuration de l?industrie sucrière. Ce sont de telles surenchères qui créent de futiles confusions. Il demeure que nous risquons, à l?approche de prochaines législatives, d?être confrontés plus souvent à de telles situations. Le pouvoir politique pourrait être tenté de durcir le bras de fer avec le secteur concurrentiel.
2008 et les années suivantes pourraient, à cet effet, être un prolongement de 2007. Avec un pays qui ?uvre à la fois dans le sens de la rationalisation économique et de l?irrationel politique. Un processus de rationalisation économique qui, lui-même, souffre d?un déficit de modernisation de l?Etat. L?un des enjeux majeurs auquel le pays sera confronté cette année. Il ne suffit pas de plaider en faveur de la démocratisation et de l?élargissement du champ des possibles. Il faut aussi que l?Etat donne l?exemple de sa rénovation. Le rapport est, à ce jour, celui d?une inadéquation entre l?Etat et le privé. Entre le citoyen et le politique. Entre l?employeur et le salarié. L?harmonisation de ces rapports est un impératif.
2007 a été l?année d?un flou. Aussi bien idéologique qu?économique. Parce qu?on a retrouvé des conservateurs défaisant le travail des réformistes au nom d?une vision ouvriériste du développement. Ceux qui croient vraiment au développement de l?humain et du salarié tiennent un autre discours. Ils sont dans un rapport de confrontation avec une pratique libérale de l?économie. Pour les autres, il ne s?agit que de manigances et de manipulations à des fins électoralistes. Les adeptes de la duplicité ne manquent pas dans ce pays.
Retrouver l?engagement authentique des femmes et des hommes désintéressés, tel est l?un des principaux enjeux dans les années à venir. Ne parlons pas des acteurs traditionnels, qu?ils soient politiques, syndicalistes ou encore ceux des establishments. Ces dernières années, une nouvelle race de citoyens donne de la voix. Ce sont des gens qui militent pour quelque chose. Ce sont de véritables relais là où les pouvoirs politique et économique se montrent impuissants ou impassibles. Ce sont les enfants d?une génération qui n?ont pas connu le clivage idéologique mais qui vivent dans le monde du sida, de la vaine guerre contre le terrorisme, d?une pauvreté qui naît de l?enrichissement de quelques-uns, d?une indifférence grandissante à l?égard de tous les exclus de la société?
Un nouveau monde se construit dans ce chaos. Il est fait d?espoirs d?un autre type. Et de malheurs anciens. Ceux auxquels l?humanité a toujours été confrontée. C?est à nous de trouver des réponses nouvelles à ces questions.
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