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Pour qu?enfin cessent les conflits

1 janvier 2008, 00:00

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La paix. Une évidence pour ceux qui la vivent au quotidien. Un rêve pour ceux qui vivent sous les affres de la guerre. Aujourd?hui encore, de nombreux pays subissent les ravages des conflits armés ? Soudan, République démocratique du Congo, Irak, Afghanistan, Palestine. La guerre ce n?est pas seulement prendre les armes. C?est aussi toute la société qui s?effondre. Les indicateurs de développement humain sont en chute libre ? pendant la guerre le taux de mortalité infantile au Libéria était de 132 pour 1 000, les services de base ne sont plus assurés. Entrent en scène des acteurs exogènes au conflit pour aider au mieux les populations prises entre deux feux : les médias pour renseigner, dire, informer ; les ONG (Organisations non-gouvernementales) pour soutenir et répondre aux besoins des populations, souvent déplacées ? la Guinée a accueilli des centaines de milliers de réfugiés venant du Libéria ou de Sierra Leone ; l?ONU (Organisation des Nations unies) et d?autres pays ? souvent voisins ? pour trouver une solution politique, amener les belligérants sur le chemin de la réconciliation.

La paix. Processus long parfois. D?abord un cessez-le-feu. Des négociations. La paix reste armée. Fragile. C?est pourquoi la culture de la paix est essentielle. Depuis 2000, la culture de la paix est une démarche préventive des conflits. L?UNESCO porte ce projet mondial afin qu?une véritable culture de la paix s?affirme mondialement. L?entreprise n?est pas aisée. Elle a le mérite de contribuer au mieux à la diffusion de cette notion essentielle. Une notion qui doit être réalité.

Entente cordiale, respect, acceptation

La paix. Elle procède d?une entente cordiale, d?un respect de la différence, de l?acceptation des autres. Mais elle est piétinée, dès lors qu?un acteur souhaite dominer ou exterminer l?autre, parce qu?il représente un danger, un obstacle. Religion, politique, ethnie, inégalités trop fortes ou accaparement des richesses : les causes des conflits sont multiples et surtout complexes. Le Darfour, le Moyen-Orient, la Somalie, la République démocratique du Congo, l?Afghanistan : théâtres de guerres que l?on ne peut oublier. Bourbiers sans issus ? Espérons que non.

La paix. Certains pays meurtris pendant de longues années ont réussi à la trouver. Le Libéria, le Mozambique, la Croatie, la Serbie, le Timor, et en 2007, la Côte d?Ivoire ont trouvé une issue heureuse à leurs drames respectifs. Dans ces pays, la paix rime avec reconstruction.

Sortir de la guerre pour panser ses plaies. Sortir de la guerre en renouant le dialogue. Sortir de la guerre pour pardonner. Sortir de la guerre pour se relever. La paix est difficile. Elle peut avoir un goût amer. Mais jamais la paix n?est vaine. Jamais la paix ne doit être une illusion. Le seul écueil quand on parle de paix, c?est une réalité que Georges Clemenceau a exprimée avec simplicité en 1919 : «Il est plus facile de faire la guerre que la paix.» Espérons que l?Homme choisira de plus en plus la difficulté.

L?ONU, UN ACTEUR CENTRAL

■ L?une des missions principales de l?ONU est de maintenir la paix. Pas tout à fait gendarme du monde, l?ONU n?en demeure pas moins un arbitre, une autorité qui dépasse la souveraineté nationale dès lors qu?il s?agit de préserver la paix.

Le préambule de la Charte des Nations unies met la paix au centre de la raison d?être de l?institution :

«Nous, peuples des Nations unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l?espace d?une vie humaine a infligé à l?humanité d?indicibles souffrances [?] et à ces fins, à pratiquer la tolérance, à vivre en paix l?un avec l?autre, à unir nos forces pour maintenir la paix et la sécurité internationales.»

C?est au Conseil de sécurité de l?ONU qu?incombe la responsabilité du maintien de la paix. Pour cela, l?ONU entame des actions médiatrices dans un premier temps pour régler les différends. Ce n?est que si la médiation échoue et que le conflit perdure que des mesures coercitives peuvent être adoptées (embargo, sanctions économiques et envoi d?une mission de maintien de la paix donc de casques bleus).

Les années 90 ont constitué un tournant dans les opérations de maintien de la paix. L?après-guerre froide a, en effet, été marquée par une prolifération des conflits intra-étatiques nécessitant une intervention des casques bleus. Parallèlement, des acteurs régionaux se sont affirmés.

L?ONU n?est plus la seule institution à tenter de régler les conflits. Les organismes régionaux (Union Afrique, SADC, ou Communauté des Etats d?Afrique de l?Ouest par exemple) participent aux opérations de maintien de la paix. Parfois même, elles les dirigent avec l?aide des Nations unies. C?est ainsi qu?au Libéria ou au Darfour, des soldats africains détachés auprès de l?Union africaine ont participé aux opérations de maintien de la paix. Il s?agit de forces armées d?interposition.

MAURICE, UNE ILE EN PAIX

■ Bien entendu, notre pays n?est pas en guerre. La paix est une constante du quotidien. Cependant, il ne faut pas s?endormir sur nos lauriers. Les émeutes de 1999 ont illustré la fragilité de la paix sociale mauricienne. La coloration communale est un raccourci, bien que la dérive ait été réelle. C?est bien un malaise social nourri par des frustrations économiques qui sont à la base de ces émeutes. La paix mauricienne n?est pas qu?une façade. Elle est une réalité de tous les jours. Le dialogue inter-religieux existe. Le dialogue intercommunautaire, une réalité. Seulement, cette culture de tolérance ne doit pas être relégué au second plan. La prendre pour acquis serait une erreur. Toute paix est fragile et doit être cultivée pour durer.

LA CULTURE DE LA PAIX

■ Les jeunes sont les premiers visés par les programmes de culture de la paix. Ces programmes nécessitent des moyens. C?est, sans doute, le manque de financements qui reste l?obstacle majeur d?une diffusion poussée de la culture de la paix. Cette culture, qui doit supplanter celle de la guerre, repose sur des principes moraux fédérateurs. Elle promeut la tolérance, le dialogue interculturel, inter-religieux, le respect des droits de l?homme. La culture de la paix n?est pas à confondre à une démarche politique. Bien plus, il s?agit d?une démarche citoyenne, portée par tous les acteurs de la société civile. En 2005, un premier rapport sur la culture de la paix a été remis à l?ONU. En 2006, un nouveau rapport témoigne de l?importance de cette thématique : Jeunes pour la culture de la paix.

En Afrique la culture de la paix butte sur la violence comme expression des inégalités socioéconomiques. Par exemple, la distribution inégale des dividendes du pétrole dans le delta du Niger au Nigeria entraîne la violence. La culture de la paix doit donc aller de paire avec des politiques publiques visant à la réduction des inégalités et de la pauvreté.

LA COTE D?IVOIRE : ENFIN LA PAIX

■ Depuis 2002, la Côte d?Ivoire s?était enfoncée dans une crise politique aiguë. Une tentative de coup d?Etat dégénère en soulèvement armé. Les rebelles prennent les villes de Bouaké et de Man. Le pays est coupé en deux. Des renforts français arrivent rapidement sur place conformément aux accords de coopération militaire franco-ivoirien. L?instabilité ivoirienne inquiète. Les Etats d?Afrique de l?Ouest décident, cette même année, l?envoi d?une force de paix. Dès 2003, la France organise à Linas-Marcoussis, une table ronde ivoirienne pour sortir de la crise. Les accords prévoient la constitution d?un gouvernement de réconciliation nationale avec les rebelles. La population est hostile à cet accord et dénonce avec colère le rôle de la France, ancienne puissance coloniale. Un cessez-le-feu est conclu le 3 mai 2003. Dans la foulée, l?ONU lance une opération de maintien de la paix, la Mission des Nations unies (Minuci).

En 2004, le blocage des accords de Marcoussis donne lieu à une manifestation qui dégénère en conflit armé. La crise reprend. En 2005, le président Thabo Mbeki devient médiateur dans la crise ivoirienne. La médiation débouche sur le désarmement des milices. L?ONU statue sur la période de transition durant laquelle Laurent Gbagbo reste chef de l?Etat. Ce n?est que le 4 mars 2007 que la crise ivoirienne trouve une issue favorable : l?accord de Ouagadougou est un véritable accord de paix. La réconciliation nationale maintes fois repoussée semble être en marche de manière effective. Suite à cet accord, le Président Gbagbo nomme Guillaume Soro, chef des ex-rebelles, au poste de Premier ministre.

La paix retrouvée reste fragile car elle n?est pas du goût de tout le monde. Le 29 juin 2007, Guillaume Soro a été la cible d?un attentat. Le président a demandé à l?ONU la mise sur pied d?une Commission d?enquête internationale sur cet attentat. Le 30 juillet 2007, le président Gbagbo et le Premier ministre Guillaume Soro ont symboliquement brûlé des armes lord d?une cérémonie intitulée «Flamme de la Paix» à Bouaké.

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