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Dur, dur de battre les termites

30 décembre 2007, 00:00

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Dans les pays chauds ? singulièrement sur le continent africain ? les termites constituent un véritable fléau, dévastant les champs de canne à sucre ou les cultures vivrières de mil et de sorgho.

Dans 90 % des cas, ces dégâts sont l??uvre de Macrotermitinae, une sous-famille de termites dont la particularité est de ne pas pouvoir digérer la cellulose et la lignine des végétaux dont ils se nourrissent. Un handicap qu?ils surmontent en édifiant des meules, sur lesquelles ils cultivent un champignon, le Termitomyces, qui se charge du « prémâchage ».

Ce phénomène de coévolution entre un animal et un végétal reposait, pensait-on jusqu?alors, sur un lien exclusif : une espèce de termite est attachée à une espèce de champignon. Il n?en est rien. Une équipe internationale, comprenant des scientifiques français de l?Institut de recherche pour le développement a publié les résultats d?une étude menée en Afrique du Sud et au Sénégal.

En séquençant le génome des uns et des autres, ces chercheurs sont parvenus à mesurer le degré d?interdépendance entre champignon et insecte. Il apparaît que le niveau de symbiose est variable. Du coup, c?est toute la stratégie de lutte contre les termites qui doit être repensée.

Les méthodes actuelles d?éradication prennent en effet pour cibles les champignons plutôt que les insectes. Mais puisque les ravageurs savent va-rier leurs menus en ne se contentant pas du bol alimentaire prédigéré par un seul type de champignon, les traitements fongicides vont devoir, eux aussi, diversifier leur spectre.

@ 2 007 Le Monde ? Pierre LE HIR ? (Distribué par The New York Times Syndicate)

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