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Les rendez-vous 2008
L?année 2007 tire sa révérence. Et les regards se tournent vers la nouvelle année au cours de laquelle des développements politiques majeurs sont annoncés. La classe politique se prépare déjà face aux enjeux dont l?éventualité d?une partielle.
Pour mieux appréhender 2008, il est nécessaire de faire un petit retour sur les événements qui ont marqué 2007. La classe politique dans son ensemble a été très active, que ce soit sur le terrain comme au Parlement. En effet, si le gouvernement, confronté aux dures réalités économiques, s?est investi dans des projets de réforme, ce n?est pour autant que les différentes composantes de l?Alliance sociale ont déserté le terrain.
Pendant ce temps, les dirigeants du Mouvement militant mauricien (MMM) mettaient toute leur énergie à la consolidation du parti, délaissant presque malgré eux la base. Le MMM entendait pourtant démontrer, malgré tout, qu?il avait encore sa capacité de mobilisation.
Les mauves obtiendront la satisfaction de voir leur leader retrouver son poste de leader de l?opposition après le retrait du PMSD de l?Alliance sociale. Celui-ci, exaspéré après des mois de cohabitation stérile au sein de l?alliance, se résigne à prendre la porte de sortie. Cette décision s?explique par le fait que les dirigeants du parti ont finalement réalisé qu?ils ne joueraient jamais un rôle « important » au sein de l?alliance. S?en aller s?imposait donc.
<B>Un conflit latent</B>
De retour dans l?opposition, le PMSD semble bien décidé à rendre au Parti travailliste (PTr) la monnaie de sa pièce. Au Mouvement socialiste démocrate (MSM), l?on ne digère toujours pas l?appui des bleus au MMM. Privé du poste de leader de l?opposition, le MSM craint en effet de voir son « rayonnement » au sein de l?hémicycle s?éteindre.
Alors que les partis de l?opposition se tirent dans les pattes, le PTr, lui, concentre ses efforts sur le terrain. Il lui faut en effet rassurer ses troupes, mécontentes de la réforme, et mettre au pas certains partenaires de l?Alliance qui ont trop souvent eu tendance à se dissocier de la réforme enclenchée par le gouvernement.
Dans son allocution lors du congrès du parti, le leader rouge, Navin Ramgoolam, adopte les accents socialisants des pères fondateurs du PTr. Si ce discours a revigoré les membres de son parti, il n?en est pas de même au sein du secteur privé, qui s?est senti attaqué.
Enfin, le dernier événement politique nous est venu de Rodrigues. Le bouillant Johnson Roussety, de guerre lasse après des semaines de tug of war avec le gouvernement, brandit la menace d?indépendance. Ce qui n?a pas manqué de susciter des remous au sein de la classe politique. Menace ou velléité de détachement en tout cas, cette partie de la République entend s?affirmer ou s?affranchir. La question reste posée.
Selon des observateurs politiques, l?année 2008 pourrait marquer un tournant dans le paysage politique. Tous les partis affûtent leurs armes et devraient davantage se consolider et s?armer pour contrer leur adversaire ? peut être l?allié de demain. Les grandes man?uvres, concèdent des dirigeants de partis, vont commencer dès le mois de janvier. En effet, le calendrier politique sera très agité. La possibilité d?une élection partielle au n° 8 n?est pas à écarter. En effet, le cas d?Ashock Jugnauth, le député de cette circonscription et leader de l?Union nationale, pourrait connaître un dénouement.
Tous les partis attendent le jugement concernant Ashock Jugnauth. Dans l?éventualité d?une partielle, le gouvernement n?entend pas laisser le terrain aux forces de l?opposition. Il est fort à parier que le MMM et le MSM mettront tout en ?uvre pour remporter cette partielle. Le MMM pourrait alors regrouper autour du drapeau mauve... Raj Dayal et Dinesh Ramjuttun.
L?opposition se cherche </B>
Quant au MSM, faute d?une alliance politique avec le MMM, il sera condamné à présenter son leader, Pravind Jugnauth, comme candidat. Une victoire de ce dernier pourrait consolider sa position dans la perspective d?une alliance avec le MMM, même si cette option est pour l?instant vigoureusement écartée par les dirigeants du parti du soleil. La question d?une éventuelle alliance demeure problématique. Si, au sein du MMM, les perspectives d?une alliance avec le MSM sont souhaitées, toutefois la direction du MMM, ne compte faire aucune concession sur deux points précis. C?est le MMM qui sera la locomotive et qui dictera le choix du Premier ministre.
Ce qui fâche Pravind Jugnauth, car il sait qu?il sera minoritaire au sein de cette alliance. Et le leader du MSM ne compte pas lâcher prise, car pour lui, la condition sine qua non d?une alliance MSM-MMM, c?est que le poste de Premier ministre doit revenir au leader du MSM. Rien n?est encore joué entre le MMM et le MSM.
Alors que l?opposition se cherche, le gouvernement a du pain sur la planche. Il veut apporter un démenti au leader du MMM qui voit de grands bouleversements politiques et parle même d?élections générales en 2008.
Visiblement, Paul Bérenger veut hâter les échéances et se positionne déjà dans cette perspective. Au sein du PTr, l?urgence est de se préparer à toute éventualité, car le gouvernement au sein duquel ce parti est majoritaire reste la force motrice des partis du gouvernement.
Le pari est de réussir le budget 2008, qui devra avoir un impact sur le moral de la nation.
Autre source de préoccupation pour le gouvernement : le passage de témoin du poste de président de la République. En septembre 2008, le mandat de sir Anerood Jugnauth arrive à terme. Les spéculations vont bon train. Sera-t-il reconduit à ses fonctions ou partira-t-il ?
Le Premier ministre, à qui revient la prérogative de nommer le président, pourrait agir en fonction des impératifs politiques. La voie reste ouverte à toutes les permutations possibles, avec des aménagements au sein du gouvernement. Navin Ramgoolam n?a pas encore abattu ses cartes politiques.
Il pourrait envisager d?aller aux prochaines élections avec ses partenaires actuels. La carte MSM, il pourrait la jouer au moment opportun. Toutefois, même si le MMM évoque la possibilité d?une alliance avec le MSM, le parti mauve table sur une lutte à trois, avec comme calcul que l?électorat rouge sera grignoté par le MSM. Le PTr reste vigilant et pourrait ne pas fermer la porte aux mauves.
Inflation et pouvoir d?achat</B>
En outre, le PTr se doit de consolider ses assises et de réussir la réforme. Les perspectives économiques sont excellentes, selon le ministre des Finances, Rama Sithanen, mais le gouvernement n?a pas encore gagné sur le front de l?inflation et du pouvoir d?achat.
Le PTr mise donc sur la croissance et la réussite de ses plans de réforme et de démocratisation. Il lui reste encore deux ans et quelques mois...
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