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Comment ils ont vécu 2007
Vino Sookloll, la récompense</B>
Le directeur de l?agence de publicité Cread, Vino Sookloll, ce bouillant créatif, qui ne jure que par le travail, a vu son labeur joliment récompensé à la dernière soirée des publicitaires. Son agence Cread a raflé trois des six récompenses suprêmes et le plus grand nombre de distinctions au total. «Ce fut une très bonne année, stable, avec de nouveaux produits», confie-t-il.
Mais pas seulement à cause de ces prix. 2007 a été une année positive pour Maurice en général, dit-il. C?est une question d?approche : «Je ne souscris pas à la sinistrose ambiante entretenue par ceux qui voient tout par le petit bout de la lorgnette du crime, de la misère, de ce qui ne va pas.»
Il faut davantage penser à s?engager socialement, il ne faut pas oublier qu?«il existe toujours plus pauvre que soi». Pour cet homme de principe, les prix récoltés cette année sont moins essentiels que la satisfaction du client. Si cela inspire d?autres à se lancer dans l?aventure publicitaire, tant mieux ! Vino Sookloll n?oublie pas son équipe. 2007 marquait les 25 ans de Cread. «Nous n?avons pas pu les fêter encore. Mais je compte faire quelque chose de spécial l?an prochain.» Nul doute que, mu par son esprit battant, ce jeune quinquagénaire y parviendra.
Lauréate de l?Unesco pour ses travaux de recherche sur les plantes médicinales, la vice-chancelière de l?université de Maurice, Ameenah Gurib-Fakim, a reçu le grand prix du conseil économique et social cette année. Une consécration et une reconnaissance, selon ses propres termes. Mais la chercheuse n?oublie pas de rendre elle-même hommage à l?université : «Cette distinction de l?Unesco vient aussi récompenser le travail accompli par l?institution.»
Sur le plan personnel, c?est aussi une satisfaction énorme pour Ameenah Gurib-Fakim : «La thématique sur laquelle j?ai travaillé était nouvelle et cela est très encourageant de voir ces travaux internationalement appréciés.» Au-delà de la satisfaction personnelle, la récompense internationale va conférer au domaine de la recherche auquel elle se consacre et à ses compétences une plus grande visibilité.
«Je suis très sollicitée, notamment par de grands groupes de consultants ou de recherche.» De quoi démarrer 2008, bon pied bon ?il.
<B>Krishna Oolun : «Un évenement marquant dans ma carrière»</B>
Une année inventive pour Krishna Oolun. Le directeur exécutif de l?Information and Communication Technologies Authority, qui est également universitaire, a mis Maurice sur la carte internationale de la technologie de l?information et de la communication. Il a conçu un filtre numérique qui, appliqué à un portable, élimine les impuretés sonores et ajoute de la présence à la voix. Un procédé qui a été adopté par Motorola. Krishna Oolun ne cache pas sa fierté : «C?est un événement marquant dans ma carrière.»
Mais cette fierté, il l?exprime d?abord en tant que Mauricien. «Cela doit pouvoir encourager la culture de la recherche dans un domaine où il est primordial d?avoir ce ferment pour une industrie qui doit faire face aux défis du futur.» L?Oolun filter a quant à lui fait le tour du monde des publications spécialisées. Depuis, Krishna Oolun s?est quelque peu éloigné des sentiers de la recherche fondamentale, pour se consacrer pleinement à ceux de la recherche appliquée. Son dernier ouvrage sur le développement de systèmes de régulation et leur prévisibilité pourrait paraître au sein des très prestigieuses Henry Publications, une référence.
<B>Nadira Uteem : «J?ai fait le deuil»</B>
Au nom du grand amour vécu pendant 18 ans, pour ses deux enfants et au nom d?une grande foi, Nadira Uteem, peut aujourd?hui être fière de son courage. Son époux, Oomar Uteem, l?a quittée aux petites heures du matin le 7 mars après un infarctus.
Huit mois après, c?est une femme forte, déterminée et qui n?a pas froid aux yeux qui évoque son Oomar qui était «intelligent, débordant d?énergie, et surtout, très galant homme». Pour ce dernier qualificatif, elle dit être au courant des nombreux «ragots» mais, dit-elle, «il a toujours su me rassurer que c?était faux. J?ai toujours cru en lui».
Cette confiance absolue, ces grands moments de complicité l?aident aujourd?hui à continuer. «J?ai fait le deuil. Rien ne pourra m?ébranler maintenant. Il a laissé un grand vide mais avec du recul, j?accepte mieux sa disparition. C?était le destin.» Deux moments forts de leur vie : les intenses premiers jours ensemble et la naissance de leur fille, Shadia. Oomar s?était alors retrouvé père à 28 ans.
C?est avec beaucoup de nostalgie que Nadira évoque le dernier voyage à Singapour et les balades à Orchard Road. Ils s?étaient même promis de revenir car la première fois leur petite n?avait que trois ans. «Il m?a donné tout ce dont une femme peut rêver et, aujourd?hui, je vais m?assurer d?accomplir les rêves qu?il chérissait pour ses enfants. Il était très fier de sa fille qui est très douée. De son fils aussi. Il les voyait tous deux suivre la même voie que lui : la cardiologie.»
Si elle peut encore conserver cette sérénité, elle s?abstient de regarder les photos, les articles de lui dans le journal, avant, et pour sa mort. Lui, en revanche, qui n?aimait pas rester seul, quand sa famille était en voyage, feuilletait toujours ses albums de photos, pour se sentir proche de sa famille.
Entre-temps, même si elle dit n?avoir pas de souci financier, Nadira a pris de l?emploi comme manager au centre de Lifescan à Curepipe. «S?il était là, ce projet aurait été différent. Il avait une grande vision mais malheureusement ce n?est pas pareil maintenant», lâche-t-elle avec un grand regret.
Clebert Bégué pleure son bébé d?un an et demi</B>
Clenaelle n?avait qu?un an et demi. Une porte de sa crèche l?a achevée laissant ses parents, Clebert et Virginie, dans une grande désolation. C?était le 21 septembre. «Depuis la vie s?est arrêtée. Elle n?a plus de sens. Je ne souhaite à personne de vivre ce que nous avons vécu pour Noël», déclare Clebert Bégué d?une voix tremblante.
Les poupées Barbies dans les magasins leur font revivre l?horreur. «Ti pou so premier Noël cot li ti pou vraiment compran. Nou ti fer grand plan», ajoute-t-il.
Virginie, qui depuis trois mois a perdu goût à la vie, commence à se reprendre. «Jamais nous allons faire l?impasse mais tout ce qu?elle arrive à faire c?est vivre à 40 % au lieu d?exister seulement», précise le père à propos de Virginie.
Il se rappelle encore les derniers moments avec Clenaelle. «Cette image me hante. La veille, c?était mon anniversaire. Je suis rentré tard du travail et elle était déjà au lit. Le lendemain, le jour de sa mort, elle m?a réveillé en me souhaitant un joyeux anniversaire. Nous avons joué pendant un moment et trois heures après, la mauvaise nouvelle est tombée.» Il ne s?imagine toujours pas ne plus voir danser la petite Clenaelle sur la chanson de Kasava : «Mo pas pou reste.»
Soolekha Jepaul-Raddhoa
«La souffrance des autres m?aide...»</B>
Il aurait eu 58 ans le 12 novembre. L?ex-surintendant de police, Prem Raddhooa, est décédé à la suite d?un infarctus en Afrique du Sud en octobre. Ebranlée au départ, sa femme, Soolekha Jepaul-Raddhoa s?est fait une raison : «Je me dis que Dieu dans sa sagesse doit certainement savoir ce qu?il fait. » Sa devise : «The Divine plan is the best plan.»
Mais, surtout, elle pense aussi à ceux qui ont perdu des êtres chers cette année. «Je me dis que je ne suis pas la première à perdre un être cher. Je pense à cette famille qui a perdu sa fille de 15 ans dans un accident. Je me dis que cela doit être encore plus dur. Je me réfère toujours à la souffrance des autres pour surmonter les épreuves.»
Elle se rappelle que son époux avait coutume de l?appeler pour l?avertir qu?il rentrait tard. «A chaque chose que je faisais, j?avais l?habitude de l?appeler. Par réflexe, je le fais encore, avant de me rendre à l?évidence.»
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