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Arche de Zoé : les proches, sous le choc, dénoncent une mascarade
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Arche de Zoé : les proches, sous le choc, dénoncent une mascarade
Les familles et proches des membres de L?Arche de Zoé condamnés à huit ans de travaux forcés étaient sous le choc hier, dénonçant pour certains une «mascarade» et réclamant l?extradition des leurs en France.
«J?attends qu?ils rentrent, c?est tout ce que je demande, qu?ils rentrent en France, qu?il y ait un transfert le plus rapidement possible parce qu?ils ne tiennent plus sur leurs jambes», a déclaré la mère d?Emilie Lelouch sur LCI, après l?annonce du verdict de la cour criminelle de N?Djamena.
«C?est grave parce qu?ils n?ont rien fait de mal, ce ne sont pas des criminels, je ne comprends pas», a poursuivi Jeanine Lelouch, qualifiant cette condamnation de «mascarade».
Emilie Lelouch est la compagne d?Eric Breteau, fondateur de L?Arche de Zoé, lui aussi condamné à huit ans de travaux forcés.
Christine Peligat, l?épouse d?Alain Peligat, le logisticien de l?équipe, a dit elle aussi espérer une extradition rapide. «J?espère une extradition très rapide, ça veut dire qu?une commission se chargera en France de voir comment on peut trouver une éventuelle équivalence» à la peine de travaux forcés, a-t-elle déclaré aux journalistes.
Le ministère français des Affaires étrangères a fait savoir avant-hier soir que Paris était prêt à demander le transfèrement des membres de l?ONG sous réserve de leur accord.
Tonia Van Winkelberg, l?épouse de Philippe Van Winkelberg, est apparue effondrée. «C?est ça la justice tchadienne, elle est belle!», a-t-elle lancé aux journalistes présents.
Nathalie Blanc, membre du comité de soutien du médecin de Castellane, village des Alpes-de-Haute-Provence, a pour sa part lancé un appel à Nicolas Sarkozy pour qu?il obtienne le rapatriement des six condamnés.
Verdict «ridicule»
Le 6 novembre dernier, le chef de l?Etat avait déclaré qu?il irait «chercher ceux qui restent, quoi qu?ils aient fait. Le rôle du président est de prendre en charge tous les Français», avait-il dit. «Maintenant, il faut qu?ils rentrent en France. Est-ce qu?on peut croire à tout ce qu?on nous a dit ? M. Sarkozy nous l?a répété plusieurs fois, c?est maintenant qu?il faut qu?il prouve, ce qu?il nous a dit il faut qu?il le fasse», a dit Nathalie Blanc à des journalistes.
Me Gilbert Collard, l?un des avocats des membres de L?Arche de Zoé, a dénoncé une «scandaleuse erreur judiciaire. C?est un verdict politique, c?est pas de la justice : la preuve, c?est que la cour n?a fait aucune différence entre aucun des accusés», a-t-il dit sur France 24.
«A peu de frais, le pouvoir politique donne l?impression que la justice existe. (...) On sert ici d?alibi à une production cinématographique considérable que le régime (tchadien) met en place», a-t-il ajouté.
Me Mario Stasi, qui défendait également L?Arche de Zoé, a déploré un verdict «ridicule».
«On nous avait donné une apparence de procès, on ne nous a même pas donné une apparence de justice dans ce verdict, en vrac, servi pour tout le monde au même niveau», a-t-il ajouté. «Je le regrette pour mes amis tchadiens qui méritent une autre justice que celle-là», a souligné l?avocat.
CHRONOLOGIE DE L?AFFAIRE
■ 25 octobre 2007 ? La police tchadienne arrête neuf ressortissants français à Abéché, dans l?est du pays, à proximité de la frontière du Darfour, alors qu?ils préparaient l?évacuation par avion de 103 enfants africains vers la France. Les sept membres d?équipage espagnols de l?avion affrété pour l?opération, sont également interpellés.
Parmi les neuf Français se trouvent trois journalistes et six membres de l?ONG l?Arche de Zoé, qui avait annoncé son intention d?évacuer des «orphelins du Darfour».
■ 30 octobre ? La justice tchadienne inculpe les neuf Français et les sept Espagnols d?enlèvement et escroquerie. Un pilote belge est par ailleurs arrêté.
■ 31 octobre ? Aux cris de «non à la traite des esclaves, non au trafic d «enfants», des Tchadiens manifestent contre l?ONG française.
■ 4 novembre ? Les trois journalistes français (Marc Garmirian, Jean-Daniel Guillou et Marie-Agnès Pèleran) et quatre hôtesses de l?air espagnoles sont libérés. Nicolas Sarkozy se rend à N?Djamena où il rencontre son homologue tchadien, Idriss Déby. Il ramène avec lui les Européens libérés.
L?UNICEF estime que le projet de l?Arche de Zoé était contraire au droit international.
■ 9 novembre ? Libération des trois derniers membres de l?équipage espagnol ainsi que le pilote belge.
■ 7 décembre ? Les six Français de l?Arche de Zoé entament une grève de la faim. Ils se disent abandonnés. *
■ 8 décembre ? Sarkozy et Déby s?entretiennent de l?affaire en marge du sommet UE/Afrique de Lisbonne. «J'ai senti de la part du président Déby une volonté très positive de dénouer la crise», rapportait quelques jours plus tard le porte-parole de l'Elysée, David Martinon.
■ 21 décembre ? Eric Breteau, Emilie Lelouch, Nadia Merimi, Dominique Aubry, Alain Péligat et Philippe Van Winkelberg comparaissent devant la Cour criminelle de N?Djamena.
■ 26 décembre ? Les six membres de l?Arche de Zoé écopent d?une peine de huit ans de travaux forcés. Le ministère public avait requis des condamnations allant de sept à onze ans.
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