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CEB - CT Power : Rien ne va plus
Rien ne va plus entre le Central Electricity Board (CEB) et la compagnie malaisienne CT Power. Leur partenariat dans la construction d?une centrale thermique de 110 Mégawatts à Pointe-aux-Caves avait déjà fait grand bruit dans les rangs de l?opposition et parmi les forces vives de la région. Aujourd?hui, les deux parties se trouvent «dans une impasse».
«Les négociations n?aboutissent à rien. Nous ne sommes pas d?accord sur plusieurs points et il est hors de question que nous cédions», soutient Patrick Assirvaden : «Aux Malaisiens de céder». Car le président du CEB refuse de «signer les mêmes contrats que par le passé». «J?ai dénoncé les contrats signés avec les sucriers. Je ne peux pas aujourd?hui reproduire ces contrats. Dorénavant, les contrats seront différents.»
Le président du CEB ajoute que si les points de désaccord ne sont pas «réglés à la satisfaction du CEB et à l?avantage du CEB et de la population», il n?y aura pas de partenariat avec CT Power. «Ce n?est pas parce qu?il y a une demande d?énergie que nous devons accepter n?importe quoi», soutient Patrick Assirvaden. Le CEB ira de toute façon de l?avant avec le projet de centrale. La question est désormais de savoir si elle se fera avec ou sans CT Power ? «Jusqu?à présent, j?ai obtenu toutes les conditions que j?avais demandées», avance Patrick Assirvaden. Et si cette fois, ce n?est pas le cas, le CEB envisage de chercher un autre partenaire ou même de concrétiser le projet seul.
Le contentieux entre les deux parties porte sur quatre points principaux. En premier lieu, le CEB «exige» qu?après 20 ans (la durée du contrat), la centrale lui soit cédée. «Etant donné que c?est le CEB et par extension la population qui paye tout, il est tout à fait normal que la centrale nous revienne», soutient Patrick Assirvaden. Quid de l?investissement de CT Power dans ce projet qui devrait être de l?ordre de Rs 5,5 milliards ? «En faisant Rs 200 à Rs 300 millions de profits chaque année pendant 20 ans, à la fin, ils s?en sortent avec trois ou quatre milliards de roupies.»
Contrôle sur le taux d?intérêt
Le deuxième point de discorde est l?actionnariat. CT Power propose au CEB une participation de 20 % et celui-ci en veut «plus de 25 %». Du côté du CEB, on dit «refuser d?accepter moins. Il ne peut y avoir de compromis dessus». Car en étant actionnaire dans la centrale, ils auront «accès à certains documents». «Aujourd?hui, quand les sucriers nous disent que le taux d?intérêt de leurs emprunts a augmenté, nous n?avons aucun moyen de le vérifier. En étant partenaires, nous le pourrons», explique Patrick Assirvaden.
Troisième exigence du CEB : un contrôle sur le taux d?intérêt.
«CT Power va prendre un emprunt sur 20 ans. Nous voulons imposer une certaine limite sur le taux d?intérêt. De sorte que si les banquiers augmentent le taux d?intérêt, c?est le problème de CT Power et pas le nôtre. Ce n?est pas le cas actuellement avec les contrats qui nous lient aux Independent Power Producers (IPP). Nous ne voulons pas nous retrouver dans la même situation à nouveau?» explique Patrick Assirvaden. De plus, si le CEB en prospectant, trouve sur le marché, un taux d?intérêt inférieur à celui auquel CT Power a pris son emprunt, l?entreprise malaisienne «devra s?ajuster au taux d?intérêt que nous aurons trouvé».
Pas de compromis non plus sur le retour sur investissement, le quatrième point de discorde. Les profits de la compagnie malaisienne doivent être «revus à la baisse». Et le prix auquel le CEB devrait acheter l?électricité produite par la centrale ? «Il devra impérativement être moins cher que celui que nous payons aux sucriers». Donc moins de Rs 4 le kWh. Du côté du CEB, on avance que le prix proposé par CT Power répond déjà à ce critère.
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