Publicité

Bogota attend les trois otages que la guérilla a promis de libérer

27 décembre 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L?espoir d?accueillir pour le réveillon de Noël les trois otages dont les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) avaient annoncé la libération, une semaine plus tôt, s?est évanoui.

Proche du président vénézuélien Hugo Chavez et très active sur le dossier des otages, la sénatrice colombienne Piedad Cordoba est rentrée de Caracas. «Pour le moment, il n?y a rien, mais la libération des otages va avoir lieu prochainement», a-t-elle assuré.

«Il n?y a pas de date pour le bonheur», confie, prudente, Clara Gonzalez, mère de Clara Rojas, l?otage qui a eu un enfant en captivité. La libération de la mère et de l?enfant a été annoncée. Collaboratrice de l?otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, Clara Rojas a été enlevée en même temps qu?elle, le 23 février 2002. Samedi, Mme Gonzalez a quitté Bogota, épuisée par les appels incessants d?une presse avide de scoops. Mais elle ne se plaint pas. «Les journalistes m?aident à passer le temps», dit-elle. Il y a un mois, «mue par un étrange pressentiment», elle a acheté des vêtements pour accueillir ce petit-fils, Emmanuel, qu?elle ne connaît pas. «Son père fait partie de notre famille, peu importe qu?il soit guérillero», dit-elle.

Troisième otage dont la libération est attendue, Consuelo Gonzalez de Perdomo était députée quand elle a été enlevée, le 10 septembre 2001. En captivité, elle est devenue veuve et grand-mère. «Nous avons tellement attendu que nous pouvons attendre encore quelques jours», affirme sa fille Patricia, qui se tient prête à partir pour Caracas «dans la demi-heure qui suit», si le coup de téléphone tant attendu arrive enfin.

Vendredi, le président Chavez, chargé par la guérilla de recevoir les otages, avait déclaré qu?il étudiait «une formule» pour les recevoir, en précisant qu?il s?agissait d?une «opération délicate». Depuis, l?hermétisme règne à Caracas, et les rumeurs vont bon train. Certains pensent que les trois otages seront libérés dans la forêt amazonienne, à la limite du Brésil et du Venezuela. Tous sont probablement détenus dans cette jungle épaisse où les guérilleros se déplacent avec une relative facilité. Mais les distances sont grandes.

Avoir envie de vivre

«Une guérilla en armes doit remettre à un président étranger trois otages, sans mettre leur vie en danger et alors même que l?armée colombienne poursuit ses opérations», a expliqué Mme Cordoba. Bogota a démenti. «Le communiqué des FARC annonçant la libération des otages est daté du 9 décembre», a rappelé le haut-commissaire colombien pour la paix, Luis Carlos Restrepo. A son avis, rien ne justifie le retard, si ce n?est la mauvaise volonté des FARC.

Encore un Noël à attendre, encore un anniversaire en captivité : mardi 25 décembre, Ingrid Betancourt, qui est apparue affaiblie sur une récente vidéo, a fêté ses 46 ans. La veille, son mari, Juan Carlos Lecompte, a largué du ciel, au-dessus de la forêt amazonienne, 20 000 photos de Mélanie et de Lorenzo, les enfants d?Ingrid. «Nous guettions la moindre clairière, la moindre pirogue sur le fleuve pour lâcher les photos», raconte M. Lecompte, après sept heures de vol dans le sud de la Colombie. Un avion militaire s?est dangereusement approché de son petit avion. Il a pu néanmoins atterrir sur la piste boueuse d?un village pour distribuer des photos aux Indiens. Il veut croire que son cadeau d?anniversaire parviendra à Ingrid Betancourt, «pour l?aider à tenir le coup, à avoir envie de vivre».

Publicité