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«Il faut supprimer les organismes publics qui ne servent à rien»
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«Il faut supprimer les organismes publics qui ne servent à rien»
● Le ministre des Finances indique que 2007 a été une année positive sur le plan économique. Partagez-vous cet avis ?
En 2007 nous avons, en effet, constaté avec satisfaction les bénéfices macroéconomiques des deux derniers budgets. Cela est très encourageant en termes d?investissement et de creation d?emplois. Nous sommes cependant très préoccupés par la paupérisation d?une partie grandissante de la population, car c?est l?émergence de graves risques d?explosion sociale.
Il faut que l?Etat se désengage rapidement des nombreux secteurs économiques où le secteur privé peut faire beaucoup mieux, afin de concentrer ses ressources pour assurer un avenir décent aux plus pauvres.
● Quelles sont les principales attentes du JEC pour l?an prochain ?
Nous souhaitons que le gouvernement progresse plus vite sur des aspects importants des réformes économiques qui sont beaucoup trop lentes. Dans le domaine de l?infrastructure, par exemple, presque rien n?a été fait depuis deux ans.
Nous pensons aussi à l?aéroport, au port, au by-pass de Port-Louis.
Nous voulons également que la modernisation des lois du travail se réalise au plus vite, sans se laisser retarder par des batailles d?arrière-garde qui mettent en péril l?avenir même du pays. La reforme des entreprises publiques est une priorité. Il faut rapidement remettre de l?ordre dans certaines entreprises comme la Central Water Authority qui est, de par sa mauvaise gestion, en partie responsable de la pénurie actuelle d?eau.
Il faut supprimer les organismes publics qui ne servent à rien. Nous espérons que le pouvoir politique placera l?intérêt national bien au-dessus des considérations politiciennes à court terme et aura le courage de déplaire, s?il le faut, à certains supporters pour sauver l?avenir.
Le Business Facilitation Act a donné de bons résultats dans certains secteurs, mais a besoin d?être rapidement étendu à tous les services publics.
Nous nous attendons aussi à ce que le gouvernement s?attaque au financement de la vie politique et, notamment, celui des partis politiques, si l?on veut que la démocratie mauricienne soit financée d?une manière transparente et digne d?un pays développé.
● Le gouvernement et l?establishment du secteur privé ont entretenu des rapports très difficiles en 2007. Comment voyez-vous les choses évoluer l?année prochaine ?
Les relations entre le pouvoir politique et le secteur privé n?ont jamais été interrompues. Mais contrairement à certaines conceptions archaïques, on ne peut pas avoir des relations de travail sérieuses sans mettre clairement sur la table nos divergences. C?est le seul moyen de progresser. Le JEC a eu raison de prendre une position publique ferme en mai 2007, car cela a permis des réactions positives et de faire avancer des dossiers difficiles.
Le fait que le Premier ministre ait reçu personnellement le président du JEC en l?encourageant à continuer à pratiquer le franc-parler est la confirmation que nous avons eu raison. Cela étant, le dialogue n?a jamais été interrompu entre gens de bonne volonté. Cela est un atout extraordinaire pour le succès de notre économie.
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