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Ministres et candidats du PTr remplacent les recruteurs

19 décembre 2007, 00:00

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Nous poursuivons le compte rendu du rapport du juge Rajsoomer Lallah, concluant à l?illégalité du recrutement préélectoral de 21 000 travailleurs, juste avant les élections législatives du 11 juin 1982.

Le comité ministériel Ringadoo propose au gouvernement travailliste, en avril 1982, que le recrutement des travailleurs de relève se fasse par des agents du développement rural. Leur répartition entre les vingt circonscriptions est même décidée. Le gouvernement Ramgoolam prévoit d?accorder Rs 30 par jour à ces travailleurs de relève. Le ministère de la Jeunesse et des Sports crée une unité de service communautaire. Ce ministère coordonne donc la réalisation de ce programme avec l?aide de plusieurs hauts fonctionnaires. Le gouvernement travailliste entérine les recommandations du comité Ringadoo, à la veille du dépôt des candidatures, le 30 avril 1982. Le juge Lallah remarque à ce propos que l?électorat mauricien peut difficilement s?empêcher de voir, dans le choix de cette date, un avantage électoraliste pour le gouvernement en place. Il s?empresse de préciser qu?à ce stade (recrutement de travailleurs de relève par des préposés au développement rural), le procédé utilisé ne représente pas un caractère d?illégalité particulier.

Quelque 48 de ces agents de développement rural sont donc répartis dans les 20 circonscriptions de l?île. A eux, et à l?aide d?un questionnaire, d?établir la liste des nécessiteux, par circonscription. Il leur faut faire vite, en raison de l?échéance du 11 juin 1982. Ils ont tout juste un mois pour mener à bien la mission qui leur est confiée. A partir du 6 mai 1982, les choses prennent une autre tournure. L?on commence alors à s?éloigner d?une légalité, quelque peu ébréchée par la proximité notée avec la date du dépôt de candidatures.

En l?absence du pays de Ringadoo, Boolell préside une réunion élargie. Il y est décidé que la liste des travailleurs de relève sera remise par les ministres au responsable du développement rural, M.R.B. Pulton, et qu?aucune publicité ne sera donnée aux critères de sélection. Le juge Lallah conclut qu?à partir de ce moment, il paraît évident que ce recrutement de travailleurs de relève devient une partie intégrante de la campagne électorale du Parti travailliste.

A son retour au pays, Ringadoo confirme les décisions prises en son absence. Il décide que les candidats du PAN (PTr et autres groupuscules satellites) seront tout autant recruteurs que les ministres. Le juge Lallah confirme qu?à partir de ce moment, M. Pulton devient le rubber-stamp, avalisant ce recrutement électoraliste et donc illégal. Le questionnaire, établi, à cet effet, par M. Rajah Gopal, est jeté à la poubelle. On le charge même de la distribution des lettres d?embauche des travailleurs de relève.

Seuls dix candidats du PAN sur 60 refusent de se prêter à cette mascarade de recrutement électoraliste. Ils sont Mme France Roussety et MM. Guy Edmond, Heeralall Bhugaloo, K. Coonjan, Sateeanand Pelladoah, A.K. Bheecarry, J. Newaj, Philippe Blackburn, Serge Maurice et Germain Comarmond.

On prévoit, au départ, que chaque circonscription aura droit à 400 recrutements. Cette moyenne dépassera finalement le millier. Les ministres et les candidats du PAN commencent à soumettre leurs listes à M. Pulton à la fin de mai. Ce dernier expédie les lettres d?embauche à partir du 1er juin 1982. Au 4 juin, il a déjà expédié 8 000 lettres. Le Conseil des ministres décide alors de porter le nombre de travailleurs de relève à 21 000. MM. Pulton et Rajah Gopal n?apprendront cette décision du Conseil des ministres que le 14 juin 1982. Entre-temps, M. Pulton signale à Ringadoo qu?on dépasse le quota des 8 000 embauches. Le ministère des Finances lui demande de se montrer flexible. La flexibilité exigée atteint 19 500 propositions électoralistes d?embauche au 10 juin 1982. Ministres, candidats, agents électoraux exigent de M. Pulton, l?expédition des lettres d?embauche avant les élections législatives. Il obtient de Seewoosagur Ramgoolam toutes les autorisations requises.

On assiste alors à une ruée sur la Community Service Unit. Candidats et agents électoralistes remplissent eux-mêmes les lettres d?embauche que signe à tour de bras M. Rajah Gopal. Kher Jagatsingh autorise un fonctionnaire du ministère de l?Education, M. Bhujawon, de signer les lettres d?embauche. M. Rajah Gopal l?apprend, après coup, et exige d?en être officiellement informé par écrit. C?est chose faite le... 14 juin 1982.

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