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Savoir partir

19 décembre 2007, 00:00

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Par Raj MEETARBHAN</B>

Le maire de Quatre-Bornes et les quatre conseillers inculpés par l?ICAC sont des présumés innocents certes. Mais s?ils décident de rester à leur poste, cela portera un coup à la crédibilité de leur parti et à celle des institutions en général. Il y a une obligation de démissionner. Elle ne relève pas de considérations légales. Il s?agit plutôt d?éthique, de bonne conduite, de décence politique.

Les dirigeants des partis concernés n?ont pas encore commenté l?arrestation des cinq conseillers inculpés provisoirement sous le «Prevention of Corruption Act» (POCA). Leur silence, c?est la pire des postures. On ne peut l?attribuer qu?à l?absence d?une réelle volonté de moraliser la vie publique. Les leaders concernés auraient dû devancer les procédures judiciaires et agir de manière forte dès l?arrestation des édiles. Non pas pour les punir mais pour tout simplement pour donner des gages de sérieux à l?opinion publique.

Outre les exigences morales, il y a une raison pratique qui devrait contraindre ceux qui sont impliqués dans des scandales d?abandonner, même provisoirement, leurs fonctions. S?ils conservent leurs postes, ils peuvent gêner l?enquête en cours. Par exemple, un élu municipal qui fait l?objet de poursuites judiciaires dispose de plusieurs moyens pour exercer des pressions sur des témoins éventuels afin d?étouffer l?affaire.

Des considérations politiciennes peuvent amener nos dirigeants à traiter avec légèreté les choses graves. Ainsi, ils continuent à tergiverser à chaque fois qu?un scandale éclate. Même la dégringolade de Maurice au classement de «Transparency International» n?a pas induit les changements attendus. Il y a un an, nous occupions le 42e rang au tableau de l?indice de perceptions de la corruption. Aujourd?hui, nous sommes descendus à la 53e place. Face à un tel déshonneur, nos responsables politiques ne semblent avoir eu le bon réflexe.

Dans l?affaire des étals de Quatre-Bornes, c?est le délit de «conflit d?intérêt» qui est reproché aux conseillers arrêtés cette semaine. La loi prévoit qu?un élu ne peut participer à une prise de décision quand un de ses proches est susceptible d?en bénéficier. Les contrevenants risquent jusqu?à dix ans de prison. La sévérité de la peine démontre que les législateurs ont considéré que le délit est d?une extrême gravité. Une action ferme des dirigeants politiques à l?encontre des conseillers suspectés serait donc tout à fait conforme à l?esprit de la loi.

Il aurait été nettement plus digne pour le maire de Quatre-Bornes de rendre son collier en attendant qu?il soit blanchi, comme il l?espère. Mais, il est très rare à Maurice qu?un dignitaire démissionne de son propre gré, même quand des chefs d?accusation très lourds pèsent contre lui. Ainsi, l?honorable Varma avait conservé son poste de président du comité parlementaire sur l?ICAC plusieurs semaines après avoir été mis en cause pour infraction présumée au POCA. Décidément, le sens de l?honneur n?est pas une notion très marquante chez nous.

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