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Ces gardiens de l?eau?

12 décembre 2007, 00:00

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«Larg dilo !» Soupir d?exaspération quotidien. On approche des 16 heures. Dans les bureaux, on ne parle plus que de «ki pou kui tanto ?» Et on se demande à quelle heure la fourniture d?eau sera rétablie. On se plaint de la faible pression. ..

On se dit même que décidément, «sa bann dimoun ki ferm dilo la» sont sans c?ur. Eux ? quelques-uns des «dimoun» en question, entament leur tournée pour rétablir la fourniture d?eau. Nous suivons Selvachandeeren Summoogum, inspecteur de la Central Water Authority (CWA), dans sa tournée.

Premier arrêt : le réservoir de la rue Labourdonnais à Port-Louis. Sur un signe de l?inspecteur, le surveillant, un employé d?une société de gardiennage, se lève et fait marcher la valve qui alimentera 3 000 familles en eau. «Là où il y a des installations, la CWA a recours à une société de gardiennage pour assurer la surveillance. Ces gardes sont là pour empêcher quiconque de toucher aux valves et d?ouvrir l?eau alors que notre production a chuté», explique notre guide. Ce sont ces mêmes gardiens qui sont chargés d?ouvrir et de fermer les valves.

Surprise. L?opération «larg dilo» prendra une demi-heure voire trois-quarts d?heure. «Bizin ouver dousman dousman», Pourquoi ? «La ligne est vide, les tuyaux sont remplis d?air. Si on ouvre les valves d?un coup, les tuyaux risquent d?éclater sous la pression.» C?est pour cela que la trentaine de tours de manivelle sera échelonnée dans le temps. Avec pour résultat que les personnes habitant plus bas auront de l?eau avant ceux habitant en hauteur.

Deuxième arrêt à quelques mètres, à la rue Raoul Rivet. Deux laboureurs de la CWA arrivent avec deux cônes orange. Ils les installent au bout de la rue pour signaler une obstruction de la chaussée. Avant de se mettre en place près de la borne de la CWA, scellée dans le trottoir. Gravées dessus, les lettres SV 250 pour «sluice valve», c?est-à-dire écluse de 250 millimètres.

«Ou senti pression ?»</B>

Nous remarquons le petit trou dans la chaussée. Que des milliers d?automobilistes n?ont peut-être jamais vu. Ils y introduisent la manivelle et tournent. Il faut la force de quatre bras. «Ou senti pression ?» demande l?inspecteur. Pas encore. Deux autres tours de manivelle. Cela commence à venir?

Cette borne est répertoriée comme celle de Mère Barthélemy. Elle est alimentée par la station de traitement de Pailles, qui, située plus haut que cette rue au c?ur de la capitale, fournit la pression. L?exercice se répète tous les jours à 4 heures, quand la valve est ouverte, à 8 heures quand la valve est fermée, à 15 h 30 quand elle est à nouveau ouverte puis à 21 heures quand elle sera fermée.

Dernière visite : la station de pompage de Lower Monneron. Même scénario. Le garde de sécurité se met à l??uvre. «Cette station de pompage alimente le New Vallée Pitot Reservoir construit récemment», explique l?inspecteur. Nombre d?abonnés : 7 000 familles.

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