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Une passerelle pour se rencontrer?
Bibi Sabena Chadun, 68 ans, habite à Rivière ?des-Créoles non loin de la nouvelle route qui relie ce village à Belle-Mare. Elle n?a pas rendu visite à son fils et à ses petits-enfants qui habitent juste vis-à-vis de sa maison faute d?une passerelle pour avoir accès de l?autre côté. Elle évite de traverser de crainte d?être renversée par un véhicule.
Pour accomplir son devoir maternel, dit-elle, elle doit marcher plus d?un kilomètre pour y arriver. «Mo ene dimoune malade. Eski ou croire mo capave paye taxi Rs 75.00 pour alle rane visite mo ti zenfan et mo ti zenfant», crie à haute voix la sexagénaire en présence de Mohamed Iqbal Buhora et Abdool Sakir Buhora qui étaient sur place pour dénoncer cette situation qu?ils considèrent comme une grave «injustice à leur égard».
Mohamad et Abdool habitent depuis très longtems dans ce coin. Leur vie est devenue pénible depuis la construction de cette route. «Nou ban deputé ti promette qui pou construire ene passerelle pou qui nou alle l?autre côté. Narien ziska zordi», font remarquer tous les deux.
Abdool, furieux, montre les dangers auxquels sont exposés les habitants de cette localité. Il montre les fissures de sa maison, causées par les vibrations par les poids lourds qui traversent sur cette nouvelle route. «Nou zenfants gagn bien peur. Banne autorités bizin place obstacles.»
Mohamad en profite pour parler de répercussions économiques sur le budget de son frère qui avait ouvert une pâtisserie dans cette rue et qui est devenue étroite depuis l?ouverture de cette nouvelle voie. «Les véhicules ne peuvent plus livrer les produits pour son business».
Les habitants demandent aux autorités de faire un constat sur place pour comprendre leur situation.
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