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Kidnappée et battue par le frère de son médecin

4 décembre 2007, 00:00

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«Mo pa ti krwar mo ti pu rent lakaz vivan», dit Zuleika Bacsoo, terrorisée. Cette femme de 50 ans dit qu?elle a été kidnappée par trois individus à la rue Desforges, à Port-Louis, samedi vers 13 heures. Ses kidnappeurs l?auraient emmené dans un campement à Flic-en-Flac où ils l?auraient obligé à signer des documents avant de la prendre en photo.

Après avoir fait torturé la quinquagénaire, le commanditaire du kidnapping aurait mis la femme dans un taxi qui l?aurait déposée chez elle. Blessée, l?habitante de Vallée-des-Prêtres a dû se rendre à l?hôpital Jeetoo pour des soins. Zuleika Bacsoo aurait identifié deux de ses agresseurs et kidnappeurs.

Ce jour-là, vers 13 heures, Bibi Zuleika Jameer Bacsoo va faire ses courses à Port-Louis. Elle part seule. Sa petite-fille, une adolescente, est fatiguée et ne l?accompagne pas, contrairement à son habitude. A la rue Desforges, un homme à l?air louche descend d?un taxi de couleur blanche. Il est plutôt grand, brun et porte une longue barbe.

Il aborde Zuleika qui, ne sachant quoi faire, s?arrête. L?homme lui parle, puis la traîne de force dans le taxi. A l?intérieur, il y a le conducteur, et une femme, assise sur la banquette arrière. Zuleika dit qu?elle ne peut l?identifier. Le barbu monte dans le véhicule à son tour, ferme la portière et le taxi démarre.

Dès que la voiture roule, les deux kidnappeurs commencent à frapper Zuleika, qui essaie tant bien que mal de se défendre. La voiture arrive à une autoroute. Zuleika, en luttant, réussit à ouvrir la portière. Mais la femme complice la saisit, referme la portière et la maintient à l?intérieur. Le conducteur d?un van voit la scène. Le barbu se rend compte qu?il risque d?être dénoncé et fait croire à ce témoin imprévu que Zuleika est sa tante, qu?elle à des problèmes mentaux?

Le taxi des kidnappeurs s?arrête à Flic-en-Flac, devant un campement. Les malfaiteurs entraînent Zuleika à l?intérieur où ils la séquestrent pendant environ trois heures. Le chauffeur du taxi, lui, reste à l?extérieur. Pendant ces trois heures, les deux kidnappeurs frappent Zuleika à coups de poing. Ils l?aspergent même d?insecticide, au visage. Puis, ils forcent Zuleika à signer des papiers. Elle soupçonne fort que ces documents ont un rapport avec de l?argent.

Dès qu?elle a signé, dit-elle, un homme qu?elle connaît fait son apparition dans la pièce où elle est «torturée». Il demande : «Zot inn fer li signe bann papie la?» «Apre nu partaze», ajoute-t-il. L?homme, dit Zuleika, est le frère de son propre médecin. Elle n?en revient pas que le frère de son médecin ait commandité son kidnapping pour lui soutirer de l?argent.

Quand les papiers sont signés, Zuleika est presque sans connaissance. Le commanditaire du kidnapping demande au chauffeur de taxi, qui attend toujours à l?extérieur, de la ramener chez elle. Mais déjà, ils lui ont pris son sac dans lequel il y avait Rs 5 000.

Entre-temps, chez Zuleika, tout le monde est inquiet. Elle devrait déjà être rentrée. Puis, vers 18 heures, elle arrive, visiblement complètement perdue. Elle porte des blessures au visage, elle est traumatisée. Elle se réfugie dans sa chambre, refuse de porter plainte à la police. Les kidnappeurs l?ont menacée d?un nouvel enlèvement si elle parlait.

Mais sa fille finit par la persuader. Dimanche, elle se rend au poste de police de Fanfaron où elle consigne une déposition. Elle révèle l?identité du commanditaire du kidnapping et décrit ses ravisseurs. La police l?emmène ensuite à l?hôpital Jeetoo pour des soins. Elle regagne ensuite son domicile.

Zuleika Bacsoo dit ne pas connaître la cause de son enlèvement. Elle assure qu?elle ne sait pas quels sont ces papiers qu?elle a été forcée de signer. Elle dit qu?elle est seulement locataire, sans beaucoup de moyens. La police a ouvert une enquête pour retrouver les suspects. Elle pense que l?auteur du kidnapping a commis ce genre de délit dans le passé.

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