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Sucriers et gouvernement croisent encore le fer aujourd?hui

4 décembre 2007, 00:00

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Sucriers et gouvernement croisent encore le fer aujourd?hui

Nous voilà partis pour un autre round de négociations. La réunion de deux heures, hier après-midi, entre les représentants de l?Etat et des sucriers n?ayant pas abouti à un accord, une autre rencontre est prévue aujourd?hui, annoncent certaines sources. Car le premier ministre Navin Ramgoolam doit s?envoler demain pour participer au sommet de l?Union européenne (UE)-Afrique, au Portugal.

Au centre des échanges hier après-midi au bureau du Premier ministre, le sujet de l?actionnariat, un des trois thèmes majeurs qui sont une source de litige entre les deux parties concernées. «Les discussions vont se poursuivre. On a abordé les sujets qui étaient dans les propositions que nous avions soumises et les discussions vont se poursuivre dans les jours à venir», devait souligner hier Patrick d?Arifat, président de la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) à la sortie du bâtiment du Trésor. Il était accompagné d?Arnaud Dalais, du groupe CIEL et de Jacques d?Unienville de la Société usinière du Sud (SUDS).

Du côté de l?Etat, si les représentants du gouvernement ne veulent pas commenter le sujet, ils affichent par contre une certaine «sérénité».

Entre 140 et 1 872 actionnaires

L?actionnariat a été au c?ur de plusieurs débats depuis que les discussions ont été entamées suite au délai du 30 mai de cette année. A cette date fixée par l?Etat, les sucriers devaient remplir certaines conditions imposées par le gouvernement pour obtenir la fermeture de trois usines. Depuis, trois sujets principaux ont opposé l?Hôtel du gouvernement et la Plantation House : les terres, l?énergie et l?actionnariat.

L?ouverture de l?actionnariat a en effet été au centre des préoccupations lors des négociations entamées jusqu?ici. Si cette ouverture qui est abordée englobe toutes les activités des compagnies sucrières, elle tourne cependant principalement autour de l?actionnariat des centrales thermiques.

Dans les dernières propositions soumises à l?Etat par les sucriers le 19 novembre, le fait qu?une partie importante des compagnies sucrières soient déjà publiques a été mis en exergue. Dix compagnies sucrières ont actuellement entre 140 et 1 872 actionnaires.

De son côté, dans sa politique de démocratisation de l?économie, le gouvernement souhaite que l?actionnariat aux compagnies sucrières soit plus ouvert qu?il ne l?est déjà.

Les sucriers, ont, dans leurs propositions du 19 novembre accepté d?accorder à des «partenaires» entre 22,5 % et 30 % du capital des centrales. Cette partie du capital pourra ainsi aller au Sugar Investment Trust, aux employés et à d?autres entités. Actuellement les taux d?actionnariat de tels partenaires varie entre 10 et 20 %.

Evaluation individuelle

La MSPA a demandé que l?évaluation des actions soit effectuée sur une base individuelle, c?est-à-dire, pour chaque centrale thermique. La valeur des actions devrait différer selon les centrales.

Alors que le taux maximal d?actionnariat que la MSPA estime pouvoir accorder est de 30 %, la demande du gouvernement est de 40 %. L?Etat a réclamé que cette cession de titres se fasse gratuitement. Une demande basée sur l?argumentation que le public paye des tarifs d?électricité élevés et assume les risques financiers en raison des garanties acquises par les centrales thermiques.

Les négociations entre les représentants du gouvernement et de la MSPA sont complexes. A l?actionnariat s?ajoutent aussi la question de terres et celle de l?énergie. La MSPA a proposé que l?ensemble des sucriers soumettent 1 500 arpents à l?Empowerment Programme dans le cadre de projets sociaux et que 500 arpents soient transférés au gouvernement. Sur la question de l?énergie, les sucriers ont proposé de mettre de côté la création de toute nouvelle centrale thermique pour l?instant.

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