Publicité

Petit meurtre entre amants

2 décembre 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Il ne voulait pas que sa liaison avec Swasti Bhunjun s?ébruite. Cette dernière voulait au contraire l?officialiser. Elle était allée jusqu?à emporter ses effets personnels chez son amant. Pour pouvoir vivre son amour aux yeux de tous, cette mère de famille était allée jusqu?à affirmer que son fils de neuf ans était de lui. C?en était trop pour Harish Kumarsingh, pandit, qui s?estimait harcelé par cette femme dont il partageait la vie depuis plusieurs années. C?est donc pour mettre fin à cette liaison qu?il a, comme il l?a expliqué au tribunal jeudi, commandité le meurtre de son amante.

La liaison de la mère de famille et du pandit faisait l?objet de nombreux ragots. Ce qui n?était pas pour plaire à Harish Kumarsingh, qui s?évertuait à calmer les ardeurs de sa compagne. Le pandit, qui jouissait dans la localité d?une bonne réputation, ne souhaitait pas voir ternir son image à cause d?une liaison extraconjugale.

Mais Swasti, éperdument amoureuse, balayait les craintes de son amant d?un revers de la main. Elle ne supportait plus ces rendez-vous en cachette et souhaitait plus que tout s?afficher, à la vue de tous, au bras de son amant, mais en vain.

Retrouvée calcinée dans un champ de cannes</B>

Leurs divergences de vue n?étaient pas sans causer certaines frictions au sein du couple. Le pandit avait, à plusieurs reprises, tenté de mettre fin à leur relation, mais sans succès. Jusqu?au 3 novembre, jour où Swasti Bhunjun est retrouvée calcinée dans un champ de cannes à Poudre-d?Or.

Les soupçons des enquêteurs de la Major Crime Investigation Team (MCIT) se dirigent aussitôt vers Harish Kumarsingh. La liaison de ce dernier avec la victime n?étant un secret pour personne, les proches de Swasti ont vite fait d?en parler aux policiers. Ces derniers procéderont à l?arrestation de cinq personnes, parmi lesquelles figurent le pandit et l?un de ses amis, Krishna Ghurbhurrun. Tous sont transportés dans les locaux de la police pour un interrogatoire.

C?est Krishna Ghurbhurrun qui reconnaîtra le premier les faits qui lui sont reprochés. Il explique que le pandit aurait tendu un piège à son amante en lui donnant rendez-vous dans un champ de cannes. Son rôle se serait limité à immobiliser la quadragénaire pendant que le pandit la rouait de coups.

« Harcelé » par la victime</B>

Confronté à la version de son complice présumé, l?amant de la victime a nié les faits qui lui étaient reprochés, avant de les reconnaître au tribunal de Mapou le lendemain. Ayant reconnu avoir commandité le crime, il a une fois de plus expliqué avoir été « harcelé » par la victime qui, dit-il, lui faisait des avances. Cependant, affirme-t-il, il les a toujours refusées.

Le jour du crime, Harish Kumarsingh, au volant d?une voiture, serait parti récupérer Krishna Ghurbhurrun, avant de se rendre à un endroit convenu à l?avance pour y prendre Swasti. Ce n?est que par la suite que tous trois se seraient rendus à Poudre-d?Or, où a été tuée la mère de famille. Les meurtriers présumés auraient mis le feu au corps de la victime en espérant faire disparaître les traces de leurs actes.

L?autopsie de la victime a attribué la cause du décès à l?asphyxie due à une pression exercée sur la bouche. Les médecins légistes ont également noté que le sexe de la victime avait été brûlé. Les enquêteurs pensent que Swasti pourrait avoir été victime d?agressions sexuelles. Ce qu?ont toujours réfuté les deux suspects mis en cause dans cette affaire.

Reconduits en cellule policière à l?issue de leur comparution, les deux hommes seront à nouveau conduits au tribunal le 6 décembre prochain.

Publicité