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Une victoire annoncée à double tranchant
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Une victoire annoncée à double tranchant
Le parti du président Vladimir Poutine est donné grand vainqueur des législatives de demain en Russie, mais cette victoire sera sans doute ternie par les accusations de verrouillage du scrutin par le Kremlin.
Poutine, 55 ans, a promis à plusieurs reprises qu?il démissionnerait après l?expiration en mai de son second mandat présidentiel, mais il souhaite conserver pouvoir et influence et juge qu?une victoire sans appel de Russie unie aux législatives lui donnera le droit de le faire.
Le scrutin revient donc à un référendum sur la présidence de Poutine, qui est de loin l?homme politique le plus populaire du pays. Et le Kremlin a bien l?intention de le remporter.
Des affiches géantes faisant la publicité de Poutine et de Russie unie ont été installées à Moscou et dans d?autres villes russes. Les journaux télévisés ouvrent sur les faits et gestes du président et de son gouvernement tandis que les opposants sont à peine évoqués.
Les médias russes font état, par ailleurs, de fonctionnaires encouragés à voter sur leur lieu de travail, de pressions sur des entreprises pour qu?elles financent Russie unie et d?écoles appelant les parents d?élèves à accomplir leur devoir de patriotes en soutenant le président.
Poutine nie toute manipulation. «Nous connaissons la valeur de la vraie démocratie et nous voulons organiser des élections honnêtes, aussi transparentes que possible et ouvertes», a-t-il déclaré récemment à des ambassadeurs à Moscou. «Nous sommes certains qu?il en sera ainsi.»
Les partis d?opposition se plaignent de harcèlement, d?arrestations et de confiscations de tracts. Des observateurs étrangers ont eu vu mal à obtenir des visas. De nombreuses modifications des lois électorales rendent plus difficile l?élection d?opposants au Kremlin en fixant notamment à 7 % des suffrages le seuil d?accès à la Douma d?Etat.
Indifférence des electeurs</B>
L?Office des institutions démocratiques et des droits de l?homme de l?OSCE, considéré par les pays occidentaux comme un outil fiable d?évaluation de la qualité démocratique d?une élection, n?aura pas d?observateurs lors des élections de demain. Il a décidé de ne pas suivre le scrutin, affirmant que Moscou faisait obstruction à son travail, ce que le Kremlin a démenti.
Ce verrouillage apparent du scrutin est à double tranchant. Les sondages créditent Russie unie de 60 à 70 % des sièges de la Douma d?Etat, chambre basse du parlement, mais ils révèlent aussi le cynisme et l?indifférence croissants des électeurs.
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