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La banque islamic bientôt une réalité à Maurice

27 novembre 2007, 20:00

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Maurice s?apprête à ouvrir ses portes à un nouveau concept bancaire islamique, à l?instar de 75 pays musulmans et non-musulmans confondus. A cet effet, le Board of investment (BOI), en partenariat avec Team SYNthesis, organisera un sommet sur la finance islamique (IFS) du 12 au 14 décembre 2007. Raju Jaddoo, directeur du BOI, explique l?objectif de cette conférence : «Maurice, étant déjà un excellent et réputé centre financier international, doit très vite profiter d?opportunités ayant trait à la gestion des fortunes privées et entrer en compétition avec Jersey, Bahreïn et Labuan.»

Maurice cherche ainsi à participer à la gestion d?une partie du filon en jeu, estimé à plus de 1 000 milliards de dollars américains. Jusque là, la plupart des activités financières de l?Islamic Finance (IF) gravitait autour des centres tels Londres, Kuala Lumpur, Singapore et Hong Kong.

«La finance islamique est un système qui opère en stricte conformité avec la loi islamique, ou principes de la charia. Elle interdit les prêts à intérêt. Et pour cette raison, nul ne doit ni recevoir des intérêts sur un prêt consenti, ni en payer sur un emprunt contracté.»

La finance islamique est un système qui opère en stricte conformité avec la loi islamique, ou principes de la charia. Elle interdit les prêts à intérêt. Et pour cette raison, nul ne doit ni recevoir des intérêts sur un prêt consenti, ni en payer sur un emprunt contracté. Selon Feroz Dahoo, directeur général de Thomas Cook à Maurice : «Pour mieux comprendre le système bancaire islamique, nous devons comprendre ce que dit le Coran Chareef à propos de la finance. Il fait la distinction entre le taux d?intérêt (riba) et le commerce. L?islam recommande de ne percevoir que le principal (le capital) des prêts consentis. Et encore, ce principal ne sera réclamé au débiteur que lorsque ce dernier est en mesure de payer. Ainsi, le système financier, et par extension le système bancaire, doit prendre en considération deux principes fondamentaux : la prohibition de l?intérêt et la capacité de remboursement.»

Source de cohésion économique et sociale</B>

Toutes les variétés de produits offerts dans ce système émergent de ces deux principes. Et sont comparables à des investissements sans taux d?intérêt, caractérisés par la notion de partage du profit et également du risque (mudharabah). Selon l?éthique islamique, ils ne peuvent participer aux projets ayant trait au tabac, l?alcool, la pornographie, le porc, le jeu ou d?autres secteurs jugés indésirables. Swadicq Nuthay, économiste, gestionnaire de fonds explique : «Le défi du système est d?éviter de faire des prêts en numéraire. Mais plutôt d?appliquer une espèce toute particulière de crédit-bail où la notion d?intérêt n?intervient pas. Le client de la banque reçoit de cette dernière des biens en nature, une machine par exemple. Les deux parties s?accordent au préalable sur le montant à être remboursé, représentant le capital et une marge bénéficiaire que l?on ne devrait pas confondre avec un quelconque intérêt. Les deux parties peuvent également convenir d?un loyer sur la machine, à verser sur une période prédéterminée.» La banque peut aussi, selon Swadicq Nuthay, «financer l?achat d?une marchandise pour le compte de son client. Ce dernier s?engage à payer, à une date préalablement déterminée, un montant prédéterminé représentant le capital, surmonté d?un mark-up qui n?est qu?une partie du profit à réaliser.»

Feroz Dahoo explique les domaines d?intervention de l?IF. «Le système bancaire islamique couvre bon nombre d?instruments bancaires occidentaux conventionnels tant que les concepts d?absence d?intérêt et d?investissements selon l?éthique de l?islam sont respectés. Il embrasse, entre autres, des contrats de sécurité, d?échanges, de partenariat, d?agence, et des contrats d?usufruit. De façon courante, il s?occupe d?activités commerciales, de celles qui ont trait à la protection de l?environnement, d?activités caritatives, communautaires, et qui ont rapport avec la préservation de la dignité humaine.»

L?investisseur qui de participer au capital de la banque islamique, bénéficie d?une part raisonnable du profit, au prorata du risque encouru.

«Contrairement au système bancaire conventionnel, poursuit Feroz Dahoo, le système bancaire islamique est source de cohésion économique et sociale, qui agit dans le sens de la stimulation du développement économique. Cela à travers des programmes tels la micro-finance, les prêts accordés aux petites et moyennes entreprises, et la création d?un marché de capitaux pour des entreprises de taille moyenne.»

<B>Nico PANOU</B>

Question à

<B>Feroz DAHOO</B> Directeur général de Thomas Cook

● <B>Pour quand estimez-vous la concrétisation de la banque islamique ?</B>

Plusieurs choses restent encore à faire. Pour qu?il y ait l?Islamic Banking, il faut certainement qu?il y ait une Islamic Banking Commission qui soit gérée par une équipe capable et compétente. En plus, il faut aussi apporter des amendements drastiques aux lois existantes. Il faut avoir des infrastructures, des institutions adéquates, des régulateurs, une tarification, des market makers, entre autres. Nous ne devrions pas, non plus, perdre de vue l?aspect recherche et formation qui permettra au banquier conventionnel d?assimiler les techniques de l?Islamic Banking, qui répondent à des règles et des principes totalement étrangers au système bancaire traditionnel. Je veux parler d?une comptabilité toute particulière car elle n?intègrera par la notion du taux d?intérêt. Je veux aussi parler d?un système d?audit différent, en conformité avec la charia. Tout cela constitue des défis à relever.

N?est-il pas possible de prendre exemple sur des pays qui pratiquent depuis un moment ce nouveau concept ?</B>

Pas vraiment. L?Islamic Banking pur avait été, à l?origine, pratiqué en Iran. Par la suite, de grosses banques comme ABN Amro, Standard Bank et autres ont incorporé, à des degrés divers (entre cinq et 15 % de leurs activités), ce concept à leurs pratiques afin de satisfaire des clients spécifiques. Personnellement, je pense que de la même façon, ici à Maurice, on ne peut pas espérer avoir une banque uniquement concentrée sur ce service, compte tenu de l?effectif de la population mauricienne. L?Islamic Banking sera, à mon avis, un produit commercialisé par n?importe quelle banque de la place. Il faudra que les banques opérant ici maîtrisent ce nouveau concept et puissent l?incorporer dans leur système. Il est évident que la recherche-formation sera primordiale pour faire de ce concept, une réalité à Maurice.

● <B>En Angleterre, où l?«Islamic Banking» existe déjà, n?y a-t-il aucune structure bancaire purement islamique ?</B>

Il y en a très peu qui offre un service du type uniquement islamique.

● <B>Du 12 au 14 décembre 2007, le «Board of Investment» en collaboration avec «Team Synthesis», organise un «Islamic Finance Summit». Ne pensez-vous pas que cela contribuera à accélérer les négociations en vue de la concrétisation de ce concept ? </B>

Evidemment, ce sera toujours un pas vers la concrétisation. L?un des objectifs de ce sommet est de sensibiliser les acteurs, à savoir les banquiers, à ce concept. Ce sommet permettra aussi à la population d?être informée et ainsi, sensibilisée sur cette question.

Propos recueillis par <B>Nico PANOU</B>

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