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Coûts de construction : de nouvelles fissures en vue dans les budgets
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Coûts de construction : de nouvelles fissures en vue dans les budgets
La société importatrice de ciment, Holcim (Mauritius) demande une hausse de prix de vente de ce produit. La compagnie estime qu?elle n?est plus en mesure d?absorber les augmentations du coût de production et du fret. Une éventuelle hausse du prix du ciment aura des répercussions sérieuses sur les coûts de construction déjà en forte inflation. En une année, le coût de construction d?une maison type (de 1 381 pieds carrés) a augmenté de 10 %.
Le ciment représente 10 % du budget de construction. Sans compter que le ciment sert d?intrant à d?autres matériaux, dont les briques qui, eux, comptent pour 5 % dans le coût total. Mais il y a aussi des effets d?entraînement qui relèvent plutôt de la tricherie de la part de certains commerçants.
«A chaque fois qu?il y a une hausse du prix du ciment, les quincailleries ont tendance à majorer sans justification aucune les prix des autres items», déplore Bushan Ramloll, directeur de la société de construction Ramloll Bushan.
Celui-ci estime qu?il est temps de considérer l?option d?une plus large variété de ciment pour faire face à la cherté de ce produit. «Un tiers du ciment utilisé dans une contruction va aux travaux de crépissage et de carrelage. Ce sont des postes qui peuvent s?accommoder d?un produit de grade inférieur et moins coûteux que le ciment qui entre dans la composition du béton pour la dalle notamment. Il faut que les importateurs songent à faire venir des produits alternatifs au lieu de réclamer à chaque fois des augmentations de prix», dit-il.
Main-d??uvre rare
Les matériaux ont une pondération de 57,2 points (sur une échelle de 100 points) dans le budget de la construction. Cette catégorie est suivie de la main-d??uvre (34,5 points), du transport (5,3 points) et de la location des équipements (3 points).
Les matériaux ont connu des moments très instables. Ils ont accusé une augmentation générale de 6,6 % durant le deuxième trimestre de l?année, selon le dernier bulletin du Construction Price Index du Bureau central des statistiques (BCS). La flambée des prix des barres de fer en est la cause principale avec une majoration de 37% entre début avril et fin juin. L?arrêt des opérations au mois de mars de Desbro International, jusque-là le principal fournisseur de ce matériau, a déstabilisé le secteur du bâtiment durant cette période.
«En deux ans seulement, le coût de construction est passé de Rs 500 à Rs 800 le pied carré. Les matériaux ont certes beaucoup augmenté, mais il ne faut pas oublier la main-d??uvre. Aujourd?hui, un aide-maçon réclame quelque Rs 450 par journée, alors que le tarif était de Rs 200 il y a deux ans», explique Shalil Ramchurn, directeur de United Builders, une entreprise de construction et de génie civil.
La main-d??uvre devient une denrée rare en raison du boom dans le bâtiment (selon les dernières prévisions du BCS, le secteur va générer une croissance de 12 % en 2007). «Les nouveaux projets hôteliers et d?Integrated Resorts Scheme, entre autres, sont en train de mobiliser de grandes quantités de bras. Cela met une pression considérable sur le coût de la main-d??uvre», souligne Shalil Ramchurn.
La construction industrielle, c?est-à-dire les grands travaux, représente 60 % du marché du bâtiment. Le reste est occupé par la petite construction qui comprend principalement les unités résidentielles.
Shalil Ramchurn se plaint également de la qualité de la main-d??uvre dans cette situation de déficit de ressources. «Les maçons formés et d?expérience sont déjà pris par les grands chantiers. Beaucoup parmi ceux qui sont disponibles n?ont pas suffisamment de métier. Il nous faut néanmoins nous rabattre sur eux faute de mieux», commente-t-il.
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