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Le dilemme
<B>Par Nazim ESOOF</B>
Il existe désormais une certaine suffisance politique dans le camp ramgoolamiste qui commence à détonner. C?est difficile d?expliquer la nouvelle énergie du Premier ministre (PM) dont chaque sortie est actuellement l?occasion d?un discours plébiscitaire. Pourtant, il n?arrête pas d?affirmer que son gouvernement n?est pas à mi-mandat. C?est moins d?une quelconque alternance qui se crédibiliserait que vient la menace. Ce sont ses propres troupes qui sèment la cacophonie à la gestion gouvernementale. Tant et si bien que le PM se voit contraint de revenir sur certaines décisions. A qui faire profiter son écoute ? Quel ton adopter pour affirmer son autorité ? Comment retrouver l?authenticité philosophique dans le nouveau salmigondis idéologique dans lequel on le pousse ? Autant de questions qui assaillent un PM qui n?est plus autant sûr et certain de ses valeurs.
C?est donc à nouveau un Navin Ramgoolam enkysté dans ses postures gauchisantes qu?on retrouve. Celui-là même qui avait vaincu en 2005. S?il reprend les mêmes antiennes, alors que le calendrier politique ne lui impose rien, c?est qu?il y a pression. Et c?est regrettable. Le pays est engagé dans un processus de réformes. La population souffre en attendant des heures plus heureuses. Un état d?esprit s?était installé pour faire front face au parti du statu quo. A présent, un grain de sable risque de tout compromettre. En effet, les intellectuels de gauche du travaillisme traditionnel semblent ne plus vouloir reculer devant rien pour enfin phagocyter ces bras séculiers qui ?uvrent dans le sens du libéralisme. Dès lors que cela relève des convictions, c?est une guerre saine. On ne fait pas aveuglément des choix d?orientation économique qui nous livrent à la pensée libérale stricto sensu. Cependant, on ne développe pas une contre-pensée unique en se basant sur une vision manichéenne des choses. C?est ce hiatus qu?on retrouve dans le discours du PM ces derniers temps. On avance d?un pas. On fait deux autres pas en arrière. Le tout se faisant sur fond d?une guerre picrocholine des personnalités. Car en fin de compte, le conflit des personnes est bien réel. Au sein du pouvoir s?affrontent non seulement des idées mais aussi des individus. Certains obsédés par l?idée de mobiliser l?oreille du Premier ministre. D?autres plus modestement tentant d?influencer son jugement sur un certain nombre de questions. Les premiers veulent changer le monde. Les seconds, en toute humilité, savent qu?on ne peut seulement qu?essayer de l?améliorer. C?est la différence entre une approche à la fois populiste et idéaliste et une lecture technicienne des choses.
Le PM a haussé le ton. Mais il n?a pas encore tranché. Il tergiverse. Et ce sont les vieux démons qui refont surface. Un appareillage aussi hétéroclite qu?est l?Alliance sociale était condamné à de tels tiraillements. Toutefois, Ramgoolam avait assuré qu?il saurait assurer l?homogénéité de sa majorité. Or derrière la liberté de paroles, ce sont des paroles qui font litière de la raison qui semble aujourd?hui triompher.
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