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Mise à Prix

26 octobre 2007, 00:00

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Déjà auteur de Narc, un film policier au réalisme âpre et violent, le réalisateur John Carnahan adopte pour Mi$e à Prix, une liberté de ton telle qu?on éprouve des difficultés à décrire ce film. Film policier ? Film d?action ? Film de massacre ? Comédie noire ? Ou tout simplement Objet Filmique Non Identifié ?

John Carnahan étant aussi l?auteur du scénario, on pourra le soupçonner d?avoir délibérément compliqué les choses en partant d?une trame qui, à la base, est simplissime tout en étant des plus classiques. Un gangster notoire nommé Buddy ?Aces? Israel / Jeremy Priven décide de se rendre au FBI en échange de l?immunité s?il leur livre tous les siens, notamment un parrain encore plus notoire nommé Primo Sparazzo qui fut jadis son mentor. Le nom de l?acteur interprétant Sparrazo importe peu, puisque le personnage est mourant et qu?on ne le voit pas souvent. Il a, par contre, mis une prime d?un million de dollars sur la tête du traître et les noms, professions et descriptions de tous ceux qui sont après ce dernier importent beaucoup plus. Deux honnêtes agents du FBI / Ray Liotta et Ryan Reynolds chargés d?aller récupérer le ?repenti? dans la luxueuse suite d?hôtel où il s?est barricadé et un assemblage bigarré de desperados qu?on pourrait considérer comme pittoresques. Deux tueuses à gages discrètes et efficaces, un maître du déguisement (comme dans Mission Impossible), trois chasseurs de primes genre ?Village People? (parmi, Ben Affleck), trois néo-nazis psychopathes et hyper violents ainsi qu?un tortionnaire sadique.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Pour mettre en place ses personnages avant qu?ils ne s?affrontent dans un déluge de feu et d?acier, John Carnaham le scénariste juge utile sinon divertissant de faire de multiples détours pour nous donner un bout de leur histoire sociale ou professionnelle. Il fait ainsi de constants allers?retours entre Israel / Jeremy Priven qui sombre graduellement dans la démence en voyant échouer ses négociations avec le FBI, les tueurs et les deux policiers. Certains apprécieront les détours, jugeant certains de ces portraits d?assassins réjouissants et trouvant que d?autres tombent à plat. D?autres trouveront l?exercice parfaitement inutile. Les premiers apprécieront les changements de ton et de style dans la réalisation à chaque aller?retour et concluront que le scénariste a tenu à donner au metteur en scène toutes les occasions possibles de briller. Les autres, tout en constatant que le metteur en scène est effectivement brillant, se demanderont pourquoi le scénariste n?a pas laissé leur anonymat aux tueurs afin de se concentrer davantage sur Jeremy Priven qui, en pleine déchéance, enchaîne les trahisons. Le personnage est potentiellement assez outrancier et a en lui suffisamment de démesure pour que sa fin à elle seule, mérite un film en entier.

Les deux camps s?accorderont à trouver que la rencontre entre les tueurs, la police et les hommes de main du gangster est un grand moment de cinéma. John Carnham réussit à combiner de manière homogène un suspense digne de Hitchcock à une action musclée et explosive (sanglante aussi) qu?il filme d?une façon très efficace. Il ne laisse passer aucune occasion de surprendre quant à la fin brutale de ses personnages et son scénario utilise au mieux les ascenseurs, créant de véritables moments d?anthologie. Le fin mot de l?histoire ne manquera pas de sidérer les partisans du film, entraînant une double conclusion qui donne peut-être à la fin des allures de tricherie. Mais, celle-ci (cette tricherie) s?inscrit peut-être dans la logique de ce divertissement. Ou peut-être pas. En tout cas, elle alimentera les discussions ; c?est le plus important.

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