Publicité
Agroglyphes ?
Nous parlions des OVNI?s récemment. Un autre phénomène d?un genre comparable, parce qu?assez dérangeant, et toujours pas expliqué, est celui des Agroglyphes (ou « crop circles »).
Issu de deux racines, l?une latine : ager, agri champ ; l?autre grecque : gluphein, graver, (qui est à l?origine du mot « hiéroglyphe », écriture sacrée des Égyptiens) agroglyphe signifie donc figures tracées, dessinées dans les champs, les prairies. De diamètre allant de 20m à 80m de diamètre ? car ce sont des figures circulaires - ces dessins géométriques, parfaitement symétriques, et vus en hauteur d?un tracé impeccable, prennent en effet, observés d?hélicoptère, un aspect saisissant de perfection, allant de la simple spirale à la construction imbriquée de plusieurs dessins, formant en creux dans l?épaisseur des champs de céréales des formations plus claires.
Qu?est-ce que cela signifie ? À quoi peuvent bien se référer ces jolis croquis, dont on ne discerne ni la raison, ni l?utilité ? Ainsi taillés en pleine campagne, les agroglyphes ont très vite intrigué : Qui ? et Pourquoi ?
Comme toujours en pareils cas, les tentatives d?explication ne manquent pas. Une fois le phénomène « expliqué », il se banalise. Malheureusement, la plupart des éclaircissements proposés ne résistent pas à l?examen. On a dit : « Ça, ce sont de mauvais plaisants qui ont à se venger de la famille Machin, et qui ont saccagé son champ. » Comment ? « En abattant les tiges de blé ou d?avoine avec de grands battoirs, ou quelque chose? » Bon. Mais comment, vue au ras du sol par des marcheurs, une telle étendue peut-elle être si soigneusement ratissée, au point de fournir, vue d?avion, un dessin compliqué d?une telle perfection ? ? Ah, ça ? Mystère. Et pourquoi de prétendus farceurs, munis d?un outillage qu?on imagine mal, iraient-ils passer des heures nocturnes à fabriquer ces figures d?artistes ? Alors qu?il est bien simple de saccager le champ d?un fermier par des moyens sans souci esthétique. Car la plupart de ces figures surprennent par la beauté régulière de leur facture.
En somme, on revient aux fausses explications, du type de celles qui tentèrent d?expliquer les soucoupes volantes : bizarrerie sans intérêt, blague de rigolos, etc.
Ces figures ont été recensées, pour l?Europe, surtout en Angleterre, en Allemagne, quelques-unes en France, parfois en d?autres pays. Le phénomène se répétant, on en vint à enquêter. On a mesuré, observé les sections de terrain touchées, prélevé des échantillons de végétaux et de terre? Parfois, cela donne des indications d?ordre chimique et thermo-électrique intéressantes, mais qui ne se reproduisent pas à l?identique. Comme pour les OVNI?s, les effets de leur passage au sol peuvent être différents. Aux États-Unis, la discrétion de rigueur pour ce genre de phénomène étant un impératif d?État, on n?a pas appris grand-chose sur les résultats de ces analyses. Souvent, des traces de brûlures importantes demeurent. Et une stérilité temporaire du sol.
Tout ceci aurait pu figurer dans le « Livre des damnés », dans lequel Charles Fort, patiemment au fil des années, avait recensé des dizaines de « faits maudits », c?est-à-dire déraisonnables à la loupe de notre logique, et qui hérissent le poil des savants : les pluies de pierres ou de crapauds, les délocalisations soudaines de bateaux, les îles qui surgissent puis disparaissent, les spécimens d?animaux inconnus, etc. Mais comme dit J. Allen Hynek, spécialiste de l?ufologie américaine, dans le « Project Blue Book », à propos des OVNI?s, « cela ne peut pas exister, donc cela n?existe pas ».
Devant l?évidence des agroglyphes, les réactions paraissent plus nuancées. Les observateurs proposent des explications rationnelles : réactions telluriques du sous-sol, traces enfouies de longue date révélant de très anciennes fondations ? (l?examen aérien des sols a, en effet, fait apparaître des différences de coloration et de fertilité à des endroits où l?homme, au cours des siècles, a travaillé le sol, y a édifié. Nombre de ruines enterrées ont ainsi été découvertes et fouillées). Pourtant, ces énormes dessins tracés dans les champs ne présentent rien de comparable.
Alors ? L?intéressant, dans ce genre d?affaires, c?est de constater que, dans ce domaine du Bizarre, les mentalités n?évoluent guère, se réfugient dans un scepticisme de bon ton. Durant plus de trente ans, on refusa à Boucher de Perthes (en I828) l?examen honnête des silex qu?il trouvait dans des carrières d?Abbeville, en France. Il n?était qu?un amateur, et « la pierre taillée ne pouvait pas exister, puisque l?homme n?y était pas ». Lorsque sa découverte fut reconnue juste, il était à la veille de sa mort?
À ce jour, on ne sait pas exactement ce que sont ces figures champêtres, ni ce qu?elles veulent dire. Espérons qu?on ne réglera pas le problème en créant un « comité » ad hoc chargé, non pas d?éclaircir l?énigme, mais de la classer aux oubliettes? Dormez, bonnes gens, il n?y a rien à voir.
Publicité
Publicité
Les plus récents