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Les squatters font de la résistance... en vain
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Les squatters font de la résistance... en vain
Les 84 familles de squatters de Belle-Mare se remettent à peine de leur première nuit à la belle étoile. Après la destruction de leurs habitations vendredi, certains se lancent déjà à la recherche d?un autre terrain à squatter. Tous ont encore en tête cette journée où l?État n?a eu d?autre choix que de les évacuer d?un terrain qu?ils occupaient illégalement.
Plusieurs unités de la force policière avaient été mandées sur place pour éviter que la situation ne dégénère. Objectif : procéder à la destruction de 84 maisons de fortune dans lesquelles vivaient plusieurs centaines de personnes. Mais à l?arrivée des policiers, une trentaine de squatters, hostiles, ont tenté de s?interposer pour empêcher la destruction de leurs habitations.
Dans la confusion qui règne sur le site, les cris d?un homme attirent l?attention de tous ceux présents. Torse nu, il tient à la main une bouteille contenant un produit inflammable. À bout de nerfs, il menace de s?immoler si la destruction des maisons se poursuit. La tension monte encore d?un cran. Un proche de l?individu parvient à le ramener à la raison et à le persuader de renoncer à s?immoler.
Mais la tension est toujours palpable. Sous les regards haineux des squatters, les employés de la société à qui le contrat de la destruction a été alloué, démolissent une à une les habitations en bois et en tôle. Des insultes fusent. Des menaces aussi. Encadrés par les membres de la Special Supporting Unit (SSU), les squatters assistent, impuissants, à la scène.
Résolus à empêcher leur éviction, certains parents n?ont pas hésité à demander aux enfants présents de se réunir dans certaines des maisons pour empêcher le bon déroulement des opérations. Les policiers ont eu beaucoup de peine pour faire sortir les enfants, tout en s?efforçant de maintenir à distance les parents en colère.
Quelques heures plus tard, soit peu avant la tombée de la nuit, quelques squatters ont rassemblé des feuilles de tôle pour fabriquer un abri pour les enfants. Mais les policiers sont aussitôt intervenus pour empêcher cela.
<B>« Une expulsion qui aggrave la situation »</B>
Le ministre du Logement et des Terres, Asraf Dulull, a de son côté réitéré la détermination de ne pas laisser les squatters envahir les terrains de l?État. « Nous ne sommes pas insensibles aux problèmes auxquels font face ces familles, mais ce n?est pas une raison pour qu?elles agissent dans l?illégalité. Des officiers du ministère se sont rendus sur le site quelques jours avant l?éviction pour bien faire comprendre que le terrain allait être évacué. Ils n?ont rien voulu entendre et ils ont cru qu?on allait céder. Ils ont eu tort », nous a déclaré hier, Asraf Dulull.
Et de faire ressortir que l?occupation illégale sur le site de Belle-Mare a débuté le 2 septembre dernier quand quelque 21 familles s?y sont installées. « Trois semaines plus tard, 84 familles avaient élu domicile sur ce terrain appartenant à l?État.
Il faut que les squatters comprennent que nous n?avons pas l?intention de céder sur ce dossier.
Il y a des règles à respecter », poursuit le ministre du Logement et des Terres.
Par ailleurs, Rada Kistnassamy du Mouvement Lacaz, a, de son côté, condamné avec force la façon d?agir du gouvernement. « Si l?État avait préalablement initié une enquête approfondie, il aurait découvert que la plupart de ces personnes n?ont pas d?autre alternative pour exiger leur droit à un logement. C?est à l?Etat de leur assurer ce droit. Cette expulsion n?a fait qu?aggraver davantage leur situation », soutient-il.
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