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De l?imbroglio? au licenciement

9 septembre 2007, 00:00

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Solomon a le vague à l?âme. Il sera l?un des onze ouvriers malgaches de l?usine Consolidated Fabrics Ltd (CFL) à être rapatriés dans la Grande île ce week-end. Motif : rupture du contrat de travail.

Solomon n?en démord pas. Il a cru qu?il devait se battre contre ce qu?il croyait être une injustice. Voilà quelque temps déjà que ses collègues et lui, recrutés comme opérateurs, se plaignaient de leurs conditions de travail.

« Nous avons décidé de ne pas aller travailler pendant trois jours en guise de protestation », soutiennent-ils. Une action loin d?être au goût de l?employeur, qui n?a pas cédé d?un iota. Mais ce dernier a quand même tenu à les rappeler à l?ordre, en brandissant une clause du Labour Act stipulant qu?après trois jours d?absence consécutifs il y a rupture de contrat. Résultat : Solomon et ses compagnons devront plier bagages et faire une croix sur les projets qu?ils espéraient entreprendre à Madagascar grâce à l?argent gagné ici.

C?est donc le c?ur lourd qu?il partira. Mais il est toujours convaincu d?avoir été floué. « Par rapport aux autres ouvriers nous étions moins payés », explique-t-il. De combien, lui demande-t-on. « Nous ne savons pas, mais nous estimons que le salaire n?était pas à la hauteur de notre travail. » Autre point de litige : le transport de leurs domiciles, situés à Solitude, Terre-Rouge, Fond-du-Sac et Pointe-aux-Pi-ments, jusqu?à leur lieu de travail. Les employés allèguent qu?ils étaient souvent laissés sur le pavé lorsque l?autobus était déjà rempli. « Nous étions transportés en dernier jusqu?à l?usine? » De plus, ils estiment que l?allocation mensuelle de Rs 1 000 pour le repas est insuffisante.

Selon un porte-parole de l?ambassade malgache, cette affaire est partie « d?un malentendu et d?une mauvaise interprétation du contrat de travail ». Les ouvriers n?a-vaient-ils pas été informés du montant de leur salaire et des autres conditions de travail ? « Nous menons une enquête pour savoir ce qui s?est passé au moment du recrutement », poursuit ce porte-parole.

Faire remonter les problèmes

Mais déjà, au niveau de l?ambassade, on ne souhaite plus avoir à gérer un autre casse-tête chinois de ce genre. « Des mesures correctives seront prises dorénavant en ce qui concerne le recrutement des ouvriers malgaches. Pour qu?il n?y ait pas de malentendu, nous passerons tous les termes du contrat de recrutement au crible. Ces termes devront être conformes au droit mauricien et ne pas comporter des clauses qui pourraient être au détriment des ressortissants malgaches. »

Toutefois, la version de CFL est autre. « Je pense que les travailleurs malgaches qui ont été licenciés ont eu un problème d?adaptation », explique le directeur des ressources humaines de l?usine, Pradeep Shiwmaharaj, tout en réfutant les allégations de discrimination au niveau du transport. Selon lui, tout a commencé fin septembre, lors du premier comité du Workers?Council.

Ce comité a été mis en place pour faire remonter à la direction de l?entreprise les problèmes éventuels que rencontreraient les ouvriers étrangers au travail, et y remédier dans les plus brefs délais. La semaine dernière, c?était au tour des deux représentants des ressortissants malgaches de participer à la réunion. Mais le jour venu, une trentaine d?ouvriers ont manifesté bruyamment, empêchant le comité de siéger. Ils exigeaient que la direction révise leur salaire à la hausse, réclamant Rs 10 000 au lieu de Rs 7 000, et que plusieurs autres conditions de travail soient revues.

« Les travailleurs voulaient revenir sur le contrat de travail de quatre pages qu?ils avaient signé, et que nous avions largement expliqué au moment du recrutement à Madagascar. Mais nous les avons quand même écoutés et nous avons accepté de modifier certains points du contrat », souligne encore Pradeep Shiwmaharaj.

Salaire et allocation inchangés

Le bonus de performance, qui peut atteindre jusqu?à Rs 2 000, leur sera offert après quatre mois de travail et non six, comme stipulé dans le contrat. Toute-fois, le salaire et l?allocation pour la nourriture restent inchangés. « Il est vrai que les travailleurs chinois, qui sont des ouvriers qualifiés, touchent Rs 1 000 de plus que les Mal-gaches qui sont, eux, toujours en formation. Nous ne pouvions accéder à leur demande d?augmentation de salaire ni de la somme dédiée à la nourriture. Certes, Rs 1 000 c?est peu, mais s?ils agissaient de concert, ils auraient pu s?en sortir comme les ouvriers indiens et chinois qui participent ensemble à l?achat de la nourriture. »

Finalement, la majorité des 49 em-ployés malgaches a accepté les nouvelles conditions de travail. Sauf les 11 qui disent leur désapprobation en s?absentant trois jours du travail. À ceux-là, la direction a payé le salaire dû et les billets d?avion. Pour eux, le rêve mauricien n?aura duré que quelques mois.

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