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Le manque de pâturage freine l?élevage de cerfs

21 août 2007, 00:00

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L?accroissement de la superficie des terres de pâturage sera le cheval de bataille des éleveurs de cerfs pour les années à venir. La question sera évoquée aujourd?hui lors de l?atelier de travail organisé par le ministère de l?Agriculture. Placé sous le thème Strategic options in crop diversification and livestock sector 2007-2015, cet atelier est orienté sur le secteur non-sucre.

Ainsi, selon la Mauritius Meat Producers Association (MMPA), des opportunités existent pour augmenter la production de viande de cerf par au moins 40 % dans le futur. Qui plus est, le développement de l?agro-industrie et du tourisme devrait faire pression sur la demande en viande de cerf. Mais pour répondre aux besoins du marché, quelque 2 000 hectares additionnels seront requis. La superficie totale occupée par l?élevage de cerfs est de 25 000 hectares actuellement. De cela, 15 000 hectares sont des terrains privés et le reste appartient à l?Etat.

Plusieurs contraintes devront donc être éliminées, dont le manque de terres pour l?élevage. L?association qui regroupe des éleveurs de cerfs et de bétail, souhaite, dans ce contexte, qu?un mode opératoire soit dégagé. ?Les terres pour les pâturages sont très limitées. D?où la difficulté d?augmenter le cheptel, actuellement d?environ 70 000 têtes?, explique la secrétaire de la MMPA, Michèle Lionnet.

60 000 têtes sont élevées sur des terres privées, en l?occurrence des chasses. De ce nombre, 10 000 têtes sont en élevage intensif (feedlots), soit élevées en captivité sur une superficie de 1 000 hectares. Les 10 000 têtes restantes sont élevées sur les terres de l?Etat, notamment les forêts.

Selon les producteurs privés, il serait souhaitable que des terres sous culture de cannes dans des régions difficiles et des terres anciennement sous culture de thé soient libérées pour l?élevage intensif et le développement des pâturages. Ils estiment également que les goyaviers qui poussent en certains endroits soient remplacés par d?autres types d?arbres pour permettre le développement des pâturages. L?élevage intensif demeurant, selon eux, le seul moyen d?augmenter la production de la viande de cerf. D?autant plus, selon Michèle Lionnet, que les producteurs ont fait, ces dernières années, de gros investissements pour augmenter leur cheptel et la qualité des cervidés.

?La production de la viande s?est stabilisée autour de 500 tonnes annuellement ces cinq dernières années. Mais les producteurs ont besoin d?un certain nombre de motivations du gouvernement pour encourager et promouvoir l?élevage de cerfs?, dit Michèle Lionnet.

A son avis, il serait souhaitable qu?il y ait des équipements plus sophistiqués pour le laboratoire du service vétérinaire et que l?abattoir central soit modernisé pour répondre aux normes phytosanitaires internationales, notamment celles de l?Union européenne.

?Il y a certainement des marchés niches qui peuvent être exploités, mais pour cela il faut que toutes ces contraintes soient éliminées.? Le développement des secteurs tels que l?agro-industrie et le tourisme, devrait ainsi mettre plus de pression sur l?élevage de cerfs. Une production additionnelle de 200 tonnes annuellement pourrait facilement être absorbée par le marché local. Mais cette production supplémentaire viendrait plutôt du développement de nouveaux élevages.

Mais le prix de la viande de cerf ne serait-il pas un obstacle à son développement ? A cela Michèle Lionnet répond : ?Non, pas du tout. Le filet de cerf se vend actuellement à Rs 100 le demi-kilo, contre Rs 150 le demi kilo pour la viande de b?uf. C?est Rs 50 moins cher?, affirme-t-elle.

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