Publicité
Crise à l?université : l?impasse
La situation sur le campus de Réduit semble sans issue, du moins pour le moment. Malgré une rencontre avec le ministère de l?Education, Dharam Gokhool, hier soir, les étudiants de l?université de Maurice (UoM), maintiennent la ligne dure. Le sit-in programmé pour lundi prochain aura bel et bien lieu, sauf si les choses évoluent concrètement sur le campus.
La direction de l?université, elle, indique avoir besoin d?une rallonge de Rs 45 m pour garder la tête hors de l?eau. Une somme que les étudiants multiplient par deux : que l?Etat accorde Rs 100 millions à l?université pour ?maintenir la qualité?, disent-ils.
Pourtant, de multiples efforts ont été faits hier pour décanter la situation. Le ministre Gokhool a accepté de faire plusieurs concessions : pas de cours magistraux dans le Raised Plaza, espace de détente qui avait été aménagé durant le week-end pour accueillir des classes de plusieurs centaines d?étudiants, un comité pour examiner la question de dissertation/projet à trois pour les étudiants de fin de cycle et une rallonge budgétaire (dont la somme n?a pas encore été définie) pour installer des équipements techniques dans les amphithéâtres et acheter des ordinateurs.
?Nous avons pris note des doléances et nous allons trouver des solutions?, dit Dharam Gokhool. S?il se dit prêt à solliciter la Tertiary Education Commission (Tec) pour accorder des fonds supplémentaires, il reste vague sur la rallonge de Rs 45 millions demandée. ?L?université a demandé un budget et la Tec a accordé ce qu?elle a alloué. S?il y a un manque, c?est à l?université de s?ajuster et selon les cas, la Tec décidera s?il faut débloquer davantage?, note Dharam Gokhool.
<B>Budget insuffisant de Rs 425 millions</B>
L?institution de Réduit souhaitait recevoir Rs 325 m du ministère des Finances pour 2006-2007, mais n?a obtenu que Rs 275 m. En ajoutant ses fonds propres, l?UoM a un budget de Rs 425 m, insuffisant pour bien terminer l?année financière. Mais elle fait son possible pour s?accommoder aux contraintes, disent ses dirigeants, réduisant les gaspillages. La décision d?augmenter le nombre d?élèves par classe et de créer des cours magistraux de 500 étudiants ou plus tout en éliminant les cours n?ayant pas la masse critique pour être rentables, entrent dans cette perspective d?économie. Tout comme la possible délocalisation de certains cours vers des collèges environnants et la fusion de plusieurs cours ayant un tronc commun.
Mais, cela ne plaît pas aux étudiants et à leurs chargés de cours. ?C?est la vraie pagaille. Nous allons voir comment ils vont arranger ça?, dit Dinesh Hurreeram, président de l?University of Mauritius Academic Staff Union (UMASU).
Les problèmes semblent donc perdurer à l?UoM. Alors que la Students? Union avait annulé in extremis un sit-in auquel allaient participer plusieurs centaines d?étudiants hier matin, ce n?était que partie remise. A la mi-journée, lors d?une rencontre entre étudiants mécontents et la direction de l?université, cette dernière a été sommée de faire marche arrière. Pas possible, principalement pour des questions de sous, a laissé comprendre le vice-chancelier, Indur Fagoonee.
<B>?L?administration fait son possible?</B>
Celui-ci s?est toutefois montré à l?écoute des étudiants et devait indiquer à plusieurs reprises que leurs doléances sont enregistrées. ?L?administration fait son possible?, dit-il, demandant aux étudiants de faire leur part d?efforts également.
C?est dans un auditorium Octave Wiehé bondé que l?état-major de l?université a tenté de raisonner les étudiants et d?expliquer ses décisions. Mais rien n?y a fait. Les étudiants ont brandit une nouvelle menace de sit-in. ?Cette fois-ci, rien ne pourra nous empêcher de le faire. Si nous n?obtenons pas satisfaction, nous irons de l?avant. Nous voulons du concret. Pas question de se faire avoir comme ce matin?, indiquait Kenny Dhunoo, président du Students? Council hier après-midi. ?La rencontre avec le ministre Gokhool était positive, mais nous attendons qu?il vienne rencontrer les étudiants sur le campus comme promis. Quant au sit-in, il faudra que nous voyions que des actions concrètes soient prises pour le lever.? Ils se disent prêts à collaborer, mais sans que quiconque vienne empiéter sur leurs droits.
La décision d?arrêter le sit-in hier matin avait été motivée par des propos de la direction disant que la Tec avait avancé de l?argent à l?université. Or, l?institution n?a reçu que Rs 1 million pour permettre que la décision de faire une dissertation à trois pour les étudiants de fin de cycle ne soit pas appliquée cette année, alors qu?elle a besoin de beaucoup plus.
Même avec les fonds débloqués pour l?assistance technique, l?on est encore très loin du compte.
Publicité
Publicité
Les plus récents