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Le trio désaccordé de l?opposition

19 août 2007, 00:00

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«La réunification de l?opposition est une tâche difficile. » Doux euphémisme dans la bouche du leader de l?Union nationale (UN), Ashock Jugnauth. Même si les chefs de file de l?opposition affirment publiquement que la seule voie est celle de l?unité, la réalité est tout autre. En effet, chaque parti joue sa partition, à sa manière. Et l?absence d?un chef d?orchestre dans l?opposition se fait cruellement sentir. Les difficultés à rallier toutes les composantes de l?opposition sont manifestes.

À l?intérieur même des formations, il y a des signes de dissonance. Le récent départ d?Abdullah Hossen du Mouvement militant mauricien (MMM) l?a montré. La démisssion temporaire de Sam Lauthan, le président du MMM, après des frictions avec son collègue Jean-Claude Barbier, est un autre indicateur des difficultés, même dans un parti aussi discipliné et rodé que celui des mauves.

Le MMM n?a pas le monopole des couacs. La scission au sein du Mouvement socialiste militant (MSM) et la création de l?UN illustrent également le mal-être des uns et des autres dans leur propre camp. « Ces démissions, en elles-mêmes ne me choquent pas », déclare un ancien ministre du gouvernement MMM-MSM. « De tout temps en politique, des gens en désaccord ont claqué la porte de leur parti, poursuit-il. Ce qui est préoccupant, c?est qu?au moment où l?opposition doit s?unir, tout vole en éclats. Les leaders ne peuvent-ils pas s?asseoir autour d?une table et se mettre d?accord sur une stratégie et un programme commun ? »

À l?évidence, non. En effet, les trois partis de l?opposition partent à l?assaut du gouvernement en solo. « Chacun fait son travail de son côté », concède Ashock Jugnauth, qui relève au passage que cette attitude est « mal perçue » par la population. Cette dernière souhaite une opposition unie, mais le sentier est semé d?embûches.

De son côté, le MMM fait cavalier seul. L?objectif : ratisser le plus large possible au cas où aucune alliance ne se concrétiserait. Les futurs candidats mauves préparent ce terrain, circonscription par circonscription.

« On lit très bien la stratégie du MMM, nous ne sommes pas dupes », fait ressortir, agacé, un dirigeant du MSM.

Le parti du soleil entend bien, lui aussi, s?affirmer. Sa campagne de mobilisation se veut une démonstration de force. Les meetings et autres congrès nocturnes sont tenus dans tout le pays, avec un ciblage très précis. Sont notamment visés les petits planteurs. Autrement dit, un électorat non négligeable dans les régions rurales.

Le MSM veut négocier en position de force. Il ne se contentera pas d?être un wagon, mais ambitionne d?être la locomotive de toute nouvelle alliance de l?opposition. De plus, les réunions à Plaine-Verte et dans certaines circonscriptions rurales confortent la direction du MSM , persuadée que les « déçus »du gouvernement ne vont pas nécessairement rejoindre le MMM.

« Nous connaissons la stratégie du MSM. Toutefois, il faut dire les choses comme elles sont : le MMM est le parti le plus fort dans le pays. Tous ceux qui veulent faire une alliance avec nous doivent se rendre à l?évidence. S?il n?y a pas de changement du système électoral, avec l?introduction de la proportionnelle, le MSM sera décapité », déclare Jayen Cuttaree, leader adjoint du MMM.

<B>Une guerre larvée</B>

Outre l?absence d?un chef qui fait l?unanimité au sein des forces de l?opposition, la guerre larvée entre le leader du MMM et la direction du MSM, est un autre boulet que traîne l?opposition. En effet, l?opposition parlementaire est menée par le MSM, alors qu?au MMM on crie à la trahison de l?accord de 2005. Le MMM estimant que l?accord de 2005 trouvait son prolongement tant au gouvernement que dans l?opposition.

La nomination de Nando Bodha comme leader de l?opposition est une autre épine dans le pied de l?opposition, cette fois, au niveau parlementaire. L?insistance de la direction du MSM de présenter un des leurs comme le futur Premier ministre irrite au plus haut point les apparatchiks mauves qui voient là, une stratégie délibérée de saborder l?opposition.

Et le MMM n?a pas tardé à riposter avec la possibilité de présenter Alan Ganoo comme le futur premierministrable, au cas où le leader du MMM, Paul Bérenger, ne se présenterait pas à ce poste. Alors que l?UN entend, elle, se consolider en vue d?une alliance avec le MMM, avec qui, précise Ashock Jugnauth, «une ligne de communication existe ».

<B>L?espoir fait vivre</B>

Même si au sein de l?UN, on prêche l?unité, l?on exprime tout de même des réserves sur la stratégie du MSM.

« À l?UN, nous souhaitons une alliance de l?opposition, mais l?attitude et le comportement de la direction du MSM mèneront ce parti à une mort certaine. Si d?aventure le MSM se rallie à Navin Ramgoolam, celui-ci n?en fera qu?une bouchée », déclare Ashock Jugnauth.

Mais au MMM, on espère que le MSM fera la démarche nécessaire en vue de créer cette synergie qui manque aux partis d?opposition. Toutefois, selon Jayen Cuttaree, cette situation ne pourra s?éterniser, car la population attend des actes. Il est cependant convaincu qu?une alliance de l?opposition se fera tôt ou tard.

Les plus pressés estiment que cela devrait se faire avant le 1er mai 2008. En effet, la situation pourrait se décanter si l?appel d?Ashock Jugnauth auprès du Privy Council était rejeté. Il pourrait, dès lors, y avoir une élection partielle.

Tout dépendra donc du procès du député du n°8 Moka-Quartier-Militaire. Si le jugment lui était défavorable, la voie serait libre pour la direction du MSM pour présenter un candidat. Et s?il se trouve que le candidat de la direction du MSM est élu, il pourrait occuper le poste de l?opposition et se présenter comme le challenger de Navin Ramgoolam. Nous n?en sommes pas encore là?

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