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« Il faut mobiliser et éduquer les gens afin qu?ils n?endommagent pas l?environnement »
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« Il faut mobiliser et éduquer les gens afin qu?ils n?endommagent pas l?environnement »
Vous avez quitté Maurice lorsque vous aviez 4 ans, qu?est-ce qui, cette fois, vous a fait revenir ?
Même si je suis un citoyen australien depuis plus de 30 ans maintenant, je suis très attaché à Maurice. J?y ai encore de la famille et je lui rends visite dès que je le peux. C?est pour moi l?occasion de renouer avec la culture mauricienne dont je me sens proche et d?apprécier les dholl purris que j?adore ! Plus sérieusement, je suis venu ici en vacances. Ma cousine, Anielle Marion, qui connaît mes convictions sur l?environnement, a trouvé bon que j?en fasse part à la communauté mauricienne et j?ai trouvé que c?était une excellente idée. Je veux juste m?assurer que Maurice adopte la bonne politique environnementale, car j?aime ce pays qui m?a vu naître.
Nous avons eu le soutien d?Otayo pour organiser cette conférence qui a eu lieu le 9 août dernier, et les médias se sont joints au projet. Je pensais avoir une audience de dix personnes, mais on s?est retrouvé à plus d?une centaine à l?auditorium de l?université de Maurice. Ce qui prouve bien que le changement climatique et l?environnement sont des sujets qui touchent beaucoup de personnes. J?étais vraiment content de constater que les Mauriciens se sentent concernés.
« L?île devient peu à peu vulnérable et si on n?agit pas à temps, le pire arrivera. »
Vous avez été choisi par Al Gore pour être un « climate leader ». Comment avez-vous été amené à le rencontrer, et pourquoi vous a-t-il choisi vous, plutôt qu?un autre ?
Al Gore est un homme très préoccupé par les questions environnementales, il a fait de nombreux plaidoyers sur les problèmes écologiques mondiaux et il a d?ailleurs eu de nombreux prix, dont un oscar pour son documentaire Une vérité qui dérange. Il s?est rendu en Australie récemment pour proposer des formations afin de recruter des climate leaders.
Il sélectionne des gens dans le monde entier et il voulait en avoir 80. J?ai été choisi parmi plus de 3 000 postulants. C?était en novembre 2006.
Je pense que j?ai été pris parce que j?ai manifesté un intérêt grandissant pour ce domaine. J?ai également des contacts avec les entreprises, ce qui me permet de frapper à beaucoup de portes. Ainsi, j?ai pu travailler avec plus de 100 communes et plus de 3 000 entreprises ces vingt dernières années.
Quel est votre point de vue sur l?état du changement climatique en général ?
Pour moi c?est simple : le constat est alarmant. La planète a connu les climats les plus extrêmes ces dernières années. Depuis 1880, ils sont enregistrés par l?Organisation météorologique mondiale et le bilan est malheureusement inquiétant. Le cas du Kilimandjaro est le plus manifeste. C?est le point culminant de l?Afrique dont le sommet est connu pour avoir des neiges éternelles. Les scientifiques estiment qu?il pourrait perdre ce qui lui reste de calotte glaciaire et de neiges éternelles d?ici 2020. En un siècle, le sommet a perdu plus de 82 % de sa glace.
De plus, on voit aussi l?augmentation de la fréquence des sécheresses et des inondations qui ont des répercussions sur la production locale des pays. La Chine a été touchée récemment par des pluies torrentielles sur l?ensemble du territoire et des centaines de personnes sont mortes.
En Europe, la Grande-Bretagne connaît une vague de chaleur inédite, provoquant des pannes d?électricité?
L?impact du changement climatique sur les forêts et sur les populations tributaires de ces dernières est déjà manifeste avec la multiplication des feux de forêt.
En gros, nous devons nous discipliner pour préserver ce que nous avons.
Et l?état de Maurice ?
Maurice est une île-pays connue pour ses plages magnifiques, uniques au monde. Mais lorsque je me suis promené du côté de Trou-aux-Biches, j?ai pu remarquer que les coraux avaient perdu de leur attrait. Leur couleur a terni et ce que j?ai surtout pu voir, c?est que la plage s?est considérablement dégradée. L?érosion des plages, des coraux, des détritus un peu partout dans les rues? l?île devient peu à peu vulnérable et si on n?agit pas à temps, le pire arrivera.
Maurice joue un rôle stratégique sur la scène touristique mondiale et elle est connue dans le monde entier, pour être un lieu où il fait bon vivre. Je pense que les Mauriciens ont un rôle à jouer pour conserver cette qualité de vie.
Toutefois, la situation de Maurice n?est heureusement pas dramatique comparée à d?autres nations. Mais il faut commencer à prendre de bonnes habitudes, comme recycler les déchets, économiser l?eau et l?électricité. Des gestes simples, mais qui apportent beaucoup. Le gouvernement doit être sensibilisé et obtenir le support des entreprises.
Prétendez-vous pouvoir répondre aux besoins environnementaux de Maurice à travers votre organisation Village Well ?
Je ne suis pas tout-puissant, loin de là. Mais je pense seulement qu?il y a une plate-forme qui doit se mettre en place à Maurice pour les années à venir. Il faut commencer par mobiliser et éduquer les gens dans leur conduite quotidienne afin de ne pas endommager l?environnement. Maurice doit prévenir les changements à venir et utiliser des énergies renouvelables.
Je crois profondément que l?île peut montrer l?exemple et être le « pur bijou vert de l?océan Indien ». Pour cela, il faut placer l?environnement à tous les niveaux : dans les structures scolaires, dans les entreprises et les secteurs gouvernementaux, se servir des panneaux solaires pour avoir de l?eau chaude, utiliser de l?essence biodégradable, préserver l?état des plages, et pénaliser ceux qui laissent leurs détritus, et bien évidemment, recycler des ordures ménagères en tous genres. Mon projet pour Maurice est justement d?aider à établir un Mauritian Climate Action Group qui, je l?espère, aura un impact fort sur l?environnement mauricien.
Par ailleurs, j?aimerais bien revenir afin de partager de nouveau mes idées avec la communauté mauricienne. Soutenir l?implantation de programmes gouvernementaux positifs, telle est mon ambition.
Propos recueillis par M. K.
VILLAGE WELL, POUR UN DEVELOPPEMENT ECOLO
Village Well est une organisation culturelle pour le développement. Elle a vu le jour à Melbourne, en Australie, en 1992. L?organisation a pour ambition d?offrir une vision nouvelle et la mise en place d?outils pratiques afin de fortifier les besoins économiques des communautés par la construction de structures sociales, culturelles et environnementales. Village Well travaille avec des clients qui ont une grande ouverture d?esprit et qui reconnaissent la valeur d?intégrer, dans leur entreprise, toutes les parties prenantes de celle-ci. L?organisation s?assure que les grosses compagnies adoptent, dans leur développement propre, de bons comportements écologiques. Village Well a donc joué un rôle important dans la ville de Melbourne, en faisant d?elle un endroit à la qualité de vie irréprochable. L?organisation est aussi à l?origine du Gaslight Night Market de Melbourne qui est très célèbre en Australie.
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